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THÈME · INCLUSION

Sexualité LGBTQ : accompagnement

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La sexualité LGBTQ accompagnée avec une sexothérapie inclusive et affirmative : orientation, sexualités queer et saphiques, bisexualité, par une sexologue.

Points clés
  • La sexualité LGBTQ est une manière pleine et entière de vivre le désir : rien à corriger ni à justifier.
  • Le questionnement d'orientation n'a pas à être tranché en urgence : on avance à son rythme, sans étiquette imposée.
  • La bisexualité est une orientation stable et entière, pas une étape ni une indécision.
  • Le minority stress est le poids supplémentaire de vivre LGBTQ dans une société hétéronormée.
  • Le coming out n'est ni une obligation ni un examen : votre sécurité prime toujours.

Une sexothérapie inclusive et affirmative

La sexualité LGBTQ n’est pas une variante à corriger, ni une question à résoudre : c’est une manière pleine et entière de vivre le désir, l’amour et l’intimité. Trop souvent, les personnes lesbiennes, gays, bi, trans, queer ou en questionnement arrivent en consultation après avoir été, ailleurs, regardées comme un cas particulier. Mon parti pris est inverse : une sexothérapie inclusive part du principe que toutes les orientations et toutes les identités sont légitimes, et qu’il n’y a rien à « expliquer » de plus qu’une personne hétérosexuelle n’aurait à le faire.

Affirmative, cela veut dire concrètement plusieurs choses. Je n’attends pas que vous justifiiez qui vous êtes ou qui vous désirez. Je n’emploie pas votre identité comme la cause supposée de ce qui vous amène. Et je m’appuie sur vos mots : votre prénom, vos pronoms, votre vocabulaire de l’intimité. L’accompagnement porte alors sur ce qui vous concerne vraiment — le plaisir, la communication dans le couple, une baisse de désir, une douleur, une exploration — sans que votre orientation devienne le sujet par défaut. C’est cette posture que défend Tristan Jeangène Vilmer dans l’épisode #144, lorsqu’il invite à réinventer la sexualité des hommes dans toute leur diversité : cis, trans, bi, gays, non binaires.

Le questionnement d’orientation, à son rythme

Beaucoup de personnes traversent un questionnement d’orientation ou d’identité sans savoir où le poser. Suis-je bi ? Lesbienne ? Est-ce « une phase » ? Faut-il choisir ? Je tiens à le dire d’emblée : le doute n’est pas un problème à régler en urgence, et l’on n’a pas besoin d’une étiquette définitive pour avoir le droit d’exister. Une orientation peut se découvrir tard, évoluer, se nuancer ; rien de cela n’invalide ce que vous ressentez aujourd’hui.

Pas d’étiquette imposée

En séance, je ne pousse personne à se nommer. Certaines personnes ont besoin d’un mot pour se sentir exister ; d’autres se sentent à l’étroit dans toute catégorie, et c’est tout aussi valable. Le travail consiste à faire de la place à votre vérité du moment, à explorer vos attirances sans verdict, et à distinguer ce qui relève d’un désir réel de ce qui n’est qu’une peur héritée du regard des autres. La sexualité LGBTQ se vit aussi dans cette liberté : avancer à votre rythme, sans calendrier ni preuve à fournir.

Sexualités queer et saphiques

Sortir du modèle hétéro, c’est aussi sortir de ses scripts. Quand le rapport pénétratif n’est plus la référence implicite, une question revient : qu’est-ce qui « compte » comme sexe ? La réponse libère, parce qu’elle ouvre. Les sexualités queer réinventent l’intimité hors des normes : elles inventent leurs propres définitions du plaisir, du préliminaire qui n’en est plus un, du rythme et des rôles. C’est tout le sujet de la série « Sexo Queer » avec Gwen Ecalle et Morgane Beauvais (épisodes #163 et #164), qui déplie cette richesse en deux parties.

Du côté des sexualités saphiques, les amours et l’érotisme entre femmes se construisent souvent loin des images formatées — et parfois contre elles. Lou et Léo, dans l’épisode #18 autour de leur projet Sapphosutra, racontent justement comment se réapproprier un désir et des gestes pour qui aucun scénario tout fait n’existe. Cette page blanche peut intimider, mais elle est une invitation : celle d’aller vers une exploration des pratiques qui vous ressemble vraiment, où le désir mène la danse plutôt qu’un modèle imposé.

Bisexualité : déconstruire les clichés

La bisexualité reste cernée d’idées reçues, y compris au sein des communautés LGBTQ. On l’entend décrite comme « une étape » avant un choix, comme une « indécision », ou réduite à une question de fidélité — comme si aimer plusieurs genres impliquait d’aimer plusieurs personnes à la fois. Aucun de ces clichés ne tient. La bisexualité est une orientation stable et entière ; elle ne dépend ni d’un historique de relations, ni d’un quota d’expériences à valider.

Ces stéréotypes ont un coût réel : l’invisibilité, le sentiment de n’être « assez » ni d’un côté ni de l’autre, parfois l’effacement dans une relation perçue de l’extérieur comme hétéro ou comme gay. C’est précisément ce dont parle Geneviève Lejeune dans l’épisode #49 consacré à la bisexualité chez les femmes. Mettre des mots sur cette expérience, c’est déjà desserrer l’étau, et retrouver le droit d’habiter pleinement sa sexualité LGBTQ sans avoir à se ranger dans une case pour rassurer les autres.

Les enjeux spécifiques : minority stress, sécurité, coming out

Vivre une sexualité LGBTQ dans une société encore largement hétéronormée a un coût psychique que la recherche nomme le minority stress : ce stress chronique lié à la stigmatisation, à la vigilance permanente, à l’intériorisation de messages négatifs reçus dès l’enfance. Il ne dit rien de votre solidité : il dit ce que vous portez en plus. En consultation, le distinguer de ce qui relève de votre histoire propre est souvent un soulagement — car ce qui vous pèse n’est pas toujours « vous », c’est parfois le poids du regard ambiant.

Coming out et sécurité

Le coming out n’est ni une obligation, ni un examen de passage. Se révéler, à qui, quand, dans quel contexte : tout cela vous appartient, et votre sécurité prime toujours. Certain·es vivent ouvertement ; d’autres avancent par cercles, et c’est légitime. Dans l’intimité, ces enjeux touchent aussi au consentement et à la confiance : pouvoir dire ses limites, ses envies, ses zones de vulnérabilité fait partie d’une sexualité épanouie, quelle que soit l’orientation. Mon rôle n’est pas de vous presser, mais de vous offrir un espace où déposer ces questions sans crainte d’être jugé·e.

Trouver un·e thérapeute safe

Trouver un·e professionnel·le auprès de qui se sentir vraiment en sécurité change tout. Un cadre safe ne se résume pas à la bonne volonté : il se reconnaît à des signes concrets. La personne respecte vos pronoms et votre vocabulaire ; elle ne traite pas votre orientation ou votre identité comme un symptôme ; elle ne vous met pas en position de la former ou de la rassurer. Vous devez pouvoir parler de votre vie intime sans censure ni traduction.

N’hésitez jamais à poser des questions avant de vous engager : demander si la pratique est inclusive et affirmative est parfaitement légitime, et une réponse à l’aise est déjà bon signe. Vous avez aussi le droit de partir si quelque chose ne vous convient pas : le bon accompagnement existe, et le chercher n’est pas exigeant, c’est sain. C’est tout l’objet de mon travail : faire de la consultation un lieu où votre sexualité LGBTQ est accueillie comme une évidence, pour parler enfin de ce qui compte vraiment pour vous.

À écouter sur ce thème

  • #164Sexo Queer : réinventer l’intimité hors des normes avec Gwen Ecalle et Morgane Beauvais (Partie 2)
  • #163Sexo Queer : réinventer l’intimité hors des normes avec Gwen Ecalle et Morgane Beauvais (Partie 1)
  • #144Réinventer la sexualité des hommes : cis, trans, bi, non binaires, hétéros, gays avec Tristan Jeangène Vilmer
  • #49Genevieve LeJeune : Bisexuality in women
  • #18Lou & Leo de Sapphosutra : les amours et les sexualités saphiques

Questions fréquentes

Comment trouver un·e sexologue inclusif·ve ?

Cherchez une pratique qui se présente comme inclusive et affirmative, qui respecte vos pronoms et votre vocabulaire et qui ne traite pas votre orientation comme un symptôme. Vous avez le droit de poser ces questions avant un premier rendez-vous : une réponse à l’aise est déjà un bon signe. Et si le courant ne passe pas, vous pouvez chercher ailleurs : c’est sain.

Comment savoir si je suis bi ?

Il n’existe pas de test ni de quota d’expériences à valider. La bisexualité désigne une attirance possible envers plusieurs genres, et elle reste une orientation entière même si vous n’avez eu de relations qu’avec un seul. Le doute n’invalide rien : vous avez le droit d’avancer à votre rythme, sans devoir prouver quoi que ce soit ni vous coller une étiquette définitive.

Le questionnement d’orientation est-il « juste une phase » ?

Pas nécessairement, et de toute façon cela n’a pas à être tranché en urgence. Une orientation peut se découvrir tard, évoluer ou se nuancer au fil de la vie ; rien de cela n’invalide ce que vous ressentez aujourd’hui. Le but d’un accompagnement n’est pas de vous faire choisir un mot, mais de faire de la place à votre vérité du moment.

Qu’est-ce qu’une sexothérapie affirmative ?

C’est une approche qui part du principe que toutes les orientations et identités sont légitimes. Concrètement, on n’attend pas que vous justifiiez qui vous êtes, on n’utilise pas votre identité comme la cause supposée de ce qui vous amène, et le travail porte sur ce qui vous concerne vraiment : désir, plaisir, communication, exploration.

Qu’est-ce que le minority stress ?

C’est le stress chronique lié au fait de vivre une sexualité LGBTQ dans une société hétéronormée : vigilance permanente, stigmatisation, messages négatifs intériorisés. Il ne dit rien de votre solidité, il dit ce que vous portez en plus. En consultation, le distinguer de votre histoire personnelle apporte souvent un vrai soulagement.

Suis-je obligé·e de faire mon coming out ?

Non. Le coming out n’est ni une obligation ni un examen de passage. À qui vous vous révélez, quand et dans quel contexte vous appartient, et votre sécurité prime toujours. Certaines personnes vivent ouvertement, d’autres avancent par cercles : les deux sont parfaitement légitimes.

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Camille Bataillon · sexologue clinicienne
Mis à jour le 19 septembre 2026
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