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PRÉOCCUPATION · DOULEURS

Vaginisme & douleurs

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Le vaginisme se soigne très bien. Causes, différence avec la dyspareunie et accompagnement pluridisciplinaire expliqués par une sexologue clinicienne.

Points clés
  • Le vaginisme se soigne très bien : c'est l'un des troubles sexuels qui répondent le mieux.
  • C'est une contraction involontaire des muscles du périnée, jamais un manque de volonté.
  • Il s'entretient par le cercle douleur-peur-tension, que l'accompagnement vient dénouer.
  • La prise en charge est pluridisciplinaire : sexologue, gynécologue et kiné du périnée.
  • Différent de la dyspareunie : celle-ci est la douleur, le vaginisme la fermeture réflexe.

Le vaginisme, qu’est-ce que c’est ?

Le vaginisme est une contraction involontaire et réflexe des muscles du plancher pelvien situés autour de l’entrée du vagin, qui rend la pénétration difficile, douloureuse, voire impossible — qu’il s’agisse d’un rapport sexuel, de la pose d’un tampon ou d’un examen gynécologique. Le point essentiel, que je tiens à poser dès maintenant : cette contraction n’est jamais volontaire. Le corps se protège tout seul, sans que vous l’ayez décidé. Vous n’êtes ni « coincée », ni « frigide », ni responsable de ce qui se passe. Et surtout, le vaginisme se soigne très bien.

On distingue habituellement deux formes. Le vaginisme primaire est présent depuis les toutes premières tentatives de pénétration : aucune pénétration n’a jamais été possible. Le vaginisme secondaire apparaît après une période où la pénétration se passait sans difficulté : il survient par exemple après un accouchement, une infection, une intervention, la ménopause ou un épisode douloureux. Dans les deux cas, le mécanisme est le même : les muscles du plancher pelvien se verrouillent par anticipation, et plus on insiste, plus ils se contractent.

Un trouble bien plus fréquent qu’on ne le croit

En consultation, beaucoup de personnes arrivent persuadées d’être « un cas à part ». C’est l’une des grandes injustices de ce trouble : le silence et la honte qui l’entourent donnent l’impression d’être seule, alors que le vaginisme est l’une des difficultés sexuelles les plus courantes que je rencontre. Beaucoup de femmes le vivent à un moment de leur vie, souvent sans jamais oser en parler, parfois pendant des années.

Ce silence a un coût réel : certaines personnes renoncent à consulter, évitent le suivi gynécologique, ou s’imposent des rapports douloureux par peur de décevoir. Rien de tout cela n’est une fatalité. Mettre des mots sur ce que l’on vit — simplement savoir que ça porte un nom et que ça se traite — est déjà, en soi, un soulagement immense et un premier pas thérapeutique.

Les causes : le cercle douleur-peur-tension

Il n’y a presque jamais une cause unique au vaginisme. C’est le plus souvent une rencontre entre plusieurs facteurs, physiques et psychologiques, qui s’auto-entretiennent. C’est ce que l’on appelle le cercle douleur-peur-tension : une première expérience inconfortable ou douloureuse inscrit dans le corps l’idée que la pénétration fait mal ; le cerveau, pour protéger, anticipe la douleur et déclenche la contraction involontaire des muscles ; cette contraction rend effectivement la pénétration douloureuse ; ce qui renforce la peur, et ainsi de suite.

Facteurs physiques

Une sécheresse vaginale, une infection, une mycose à répétition, une endométriose, des cicatrices après un accouchement, des modifications hormonales (allaitement, ménopause) peuvent déclencher une douleur initiale. Le vaginisme s’installe alors comme une réponse protectrice à cette douleur. C’est pourquoi un examen médical fait partie de l’accompagnement : il permet d’écarter ou de traiter une cause organique.

Facteurs psychologiques et émotionnels

L’anxiété, la peur de la douleur, une éducation où la sexualité était taboue ou culpabilisée, des messages négatifs sur le corps, parfois des expériences passées difficiles ou un vécu traumatique, alimentent eux aussi cette tension. Les représentations que l’on a de son propre sexe jouent un rôle : beaucoup de personnes connaissent mal leur anatomie intime, et cette méconnaissance nourrit l’appréhension — un sujet passionnant que j’ai exploré avec Tristan Jeangène Vilmer dans l’épisode #17 sur les représentations des organes sexuels externes.

Vaginisme et dyspareunie : quelle différence ?

On confond souvent les deux, et ils sont effectivement liés, mais ce ne sont pas la même chose. La dyspareunie désigne la douleur elle-même, ressentie avant, pendant ou après un rapport : la pénétration reste possible, mais elle fait mal. Le vaginisme désigne quant à lui la réaction de fermeture : la contraction réflexe des muscles qui rend la pénétration difficile ou impossible.

Les deux s’entremêlent fréquemment. Une dyspareunie — ces douleurs à la pénétration — peut, à force de se répéter, déclencher un vaginisme secondaire : le corps, ayant mémorisé la douleur, se met à se verrouiller pour l’éviter. C’est exactement ce dont je discute avec Astrid Bruno dans l’épisode #29, « Dyspareunies, quand la pénétration fait mal ». Comprendre lequel des deux mécanismes domine, ou comment ils s’alimentent, oriente toute la prise en charge — d’où l’intérêt d’un bilan posé, sans précipitation.

Comment on accompagne et on soigne le vaginisme

Voici la bonne nouvelle, et je la répète volontiers : le vaginisme fait partie des troubles sexuels qui répondent le mieux à l’accompagnement. La prise en charge la plus efficace est pluridisciplinaire : on agit à la fois sur le corps, sur l’émotion et sur la relation. Il ne s’agit jamais de « forcer », mais au contraire d’apprendre au corps, en douceur et à son rythme, qu’il peut se détendre en sécurité.

La sexothérapie

Un travail avec un·e sexologue permet de désamorcer le cercle douleur-peur-tension : réduire l’anxiété anticipatoire, réapprivoiser son corps et ses sensations, déconstruire les croyances qui pèsent, et remettre le plaisir et la lenteur au centre plutôt que la seule pénétration. C’est tout l’esprit de la slow sex, qui invite à explorer l’intimité sans objectif de performance ni pression de résultat.

La kinésithérapie du périnée

Un·e kinésithérapeute spécialisé·e en périnée aide à prendre conscience de ces muscles, à apprendre à les relâcher, par le biais d’exercices de respiration, de relâchement et parfois de biofeedback. Cette rééducation du plancher pelvien est souvent un pilier de l’accompagnement : elle redonne le sentiment de maîtrise sur une zone qui semblait jusque-là « hors contrôle ».

Les dilatateurs et le travail sur l’anxiété

L’usage progressif de dilatateurs (des sondes de tailles croissantes), à son propre rythme et toujours sans douleur, permet une désensibilisation en douceur. Couplé à un travail sur l’anxiété — relaxation, thérapie cognitivo-comportementale, parfois pleine conscience — il aide le corps à réassocier la pénétration à la détente plutôt qu’à la menace. L’accompagnement articule ces outils selon ce qui fait sens pour chaque personne : il n’y a pas de protocole unique.

En parler avec son ou sa partenaire

Le vaginisme ne se vit pas qu’à l’intérieur du corps : il se vit aussi dans la relation. Beaucoup de personnes redoutent d’en parler, par peur de décevoir ou d’être incomprises. Pourtant, faire de son ou sa partenaire un·e allié·e plutôt qu’un·e spectateur·rice anxieux·se change tout. Dire « ce n’est pas contre toi, mon corps se protège et nous allons trouver des solutions » soulage les deux côtés. La qualité du dialogue compte énormément : j’en parle longuement dans la communication dans le couple, car pouvoir nommer ce qui se passe désamorce la culpabilité et la pression de performance.

Sortir provisoirement la pénétration de l’équation, redécouvrir la tendresse, le toucher, le plaisir autrement, fait souvent renaître un désir sexuel qui s’était mis en sommeil sous le poids de l’appréhension. Le vaginisme peut aussi être traversé par des dimensions culturelles ou religieuses qu’il est important d’accueillir sans jugement — un terrain que j’ai abordé avec Jamal Lothmani, du Jins Podcast, dans l’épisode #15 sur les sexualités des personnes musulmanes.

Qui consulter, et quand ?

Le bon moment pour consulter, c’est dès que la douleur ou l’appréhension s’installe : nul besoin d’attendre que la situation devienne ingérable. Plusieurs professionnel·les peuvent vous accompagner, souvent de façon complémentaire : un·e sexologue clinicien·ne pour le travail thérapeutique et relationnel, un·e gynécologue pour écarter ou traiter une cause physique, et un·e kinésithérapeute spécialisé·e en périnée pour la rééducation du plancher pelvien.

Si le vaginisme survient après un accouchement, sachez qu’il s’inscrit dans des bouleversements plus larges du corps et de l’intimité, que j’aborde dans la sexualité après bébé. Dans tous les cas, retenez ceci : ce trouble n’est ni une fatalité, ni un défaut. C’est une réaction de protection que l’on peut, pas à pas et sans violence, apprendre à apaiser. Consulter, c’est s’offrir cette possibilité.

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Questions fréquentes

Le vaginisme, est-ce que ça se soigne ?

Oui, et c’est même l’un des troubles sexuels qui répondent le mieux à l’accompagnement. Une prise en charge pluridisciplinaire — sexothérapie, kinésithérapie du périnée, travail progressif sur l’anxiété — permet à une grande majorité de personnes de retrouver une sexualité épanouie et sans douleur.

Quelle est la différence entre vaginisme et dyspareunie ?

La dyspareunie désigne la douleur ressentie lors d’un rapport, alors que la pénétration reste possible. Le vaginisme désigne la contraction involontaire des muscles qui rend la pénétration difficile ou impossible. Les deux sont liés : une dyspareunie répétée peut déclencher un vaginisme.

Qui consulter en cas de vaginisme ?

Un·e sexologue pour le travail thérapeutique et relationnel, un·e gynécologue pour écarter une cause physique, et un·e kinésithérapeute spécialisé·e en périnée pour la rééducation. Ces accompagnements sont souvent complémentaires et se combinent.

Le vaginisme est-il fréquent ?

Oui, c’est l’une des difficultés sexuelles les plus courantes, même si la honte et le silence donnent l’impression d’être seule. Beaucoup de femmes le traversent à un moment de leur vie, souvent sans oser en parler.

Le vaginisme est-il « dans la tête » ?

Non. C’est une réaction réelle et involontaire des muscles du plancher pelvien. Des facteurs psychologiques comme l’anxiété ou la peur de la douleur y participent souvent, mais des causes physiques peuvent aussi être en jeu : ce n’est jamais une question de volonté.

Combien de temps faut-il pour s’en remettre ?

Cela varie selon chaque personne et chaque histoire ; il n’existe pas de délai universel. L’important est d’avancer à son rythme, sans douleur ni pression de résultat. Un accompagnement adapté permet d’observer des progrès réels au fil des séances.

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Camille Bataillon · sexologue clinicienne
Mis à jour le 19 septembre 2026

Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. En cas de douleurs, consultez un·e professionnel·le de santé.

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