00:00:00Vous écoutez Camille Parle Sex, votre podcast bien être sexuel inspirant.
00:00:10Je suis Camille Bataillon, sexologue clinicienne.
00:00:13Dans ce podcast, vous l'aurez compris, je parle de sexe, de la sexualité au sens large.
00:00:18Ce podcast, c'est un peu comme dans ma vie.
00:00:21Je fais les choses au plus simple, sans prise de tête et selon mes propres règles.
00:00:25Je vous parle en suivant mon humeur du moment, ma motivation, mais surtout mon instinct.
00:00:29Pour vous donner votre dose d'inspiration.
00:00:31Avec mes invités ou en solo, je souhaite vous donner la crème de la crème en sexologiepour réfléchir ensemble à la sexualité et vous offrir le meilleur de l'éducation sexuelle.
00:00:42J'espère ainsi vous inspirer dans votre intimité, que ce soit seul, à deux ou à plusieurset faire vibrer votre sexualité.
00:00:49Alors, bienvenue!
00:00:51Aujourd'hui dans cet épisode, nous allons parler de sexologie post-traumatique.
00:00:58Et pour ça, je reçois une de mes consoeurs, Caroline Fearens, avec qui nous avons étudiéensemble la sexologie en certificat en Belgique.
00:01:07Elle est située du coup en Belgique.
00:01:09C'est un épisode qui va parler de traumas et de traumatismes liés à des expériencessexuelles.
00:01:14C'est un épisode qui peut être difficile à entendre pour certaines personnes, à partageret pourtant tant essentiel.
00:01:20Tous les sexologues, psychologues et autres professionnels de la relation d'aide vousdiront qu'une grande partie de leurs patientels a subi de près ou de loin des expériencessexuelles traumatisantes.
00:01:29Ce sujet et cet épisode peuvent réveiller des émotions, des souvenirs traumatisants.
00:01:34Je vous invite du coup à l'écouter que si vous vous sentez prête, prêt à le faireet à être accompagné par des professionnels si le besoin se fait ressentir.
00:01:43Aujourd'hui, nous allons nous concentrer sur des traumatismes liés à des expériencessexuelles.
00:01:49Nous allons nous intéresser aux symptômes post-traumatiques.
00:01:50Comment peut-on travailler sur la mémoire émotionnelle si on a été victime? Quelsoutils sont à disposition des professionnels pour mieux accompagner les personnes souffrantdans leur corps, leur sexualité?
00:02:00Pour aborder ce sujet ô combien délicat, je reçois ma consoeur Caroline Fearens.
00:02:06Caroline est criminologue, victimologue et sexologue spécialisée dans l'accompagnementdu deuil et du trauma.
00:02:12Elle travaille en sexo post-traumatique suite à des agressions sexuelles, des relationsnon consenties, des douleurs enregistrées, etc.
00:02:18Notamment en hypnose, conversationnelle et en thérapie, sensorie, motrice.
00:02:23Caroline, bienvenue sur le podcast.
00:02:25Bonjour Camille!
00:02:26Ça fait plaisir de se voir pour expliquer un petit peu à nos auditeurs et auditrices.
00:02:32On a fait nos études de sexo ensemble, le certificat en sexologie en Belgique ensemble.
00:02:37Donc ça fait plaisir de partager ce moment, toutes les deux ensemble sur ce podcast.
00:02:41Oui, très plaisir de te retrouver.
00:02:44Donc Top Profile, il est super intéressant et cette thématique des violences sexuelles,des abus, des agressions, c'est vraiment important d'en parler et j'avais vraiment envie de…
00:02:55quelqu'un de pointu pour le faire pour que tu nous expliques tout ça.
00:02:59Alors déjà, comment les patients et patientes arrivent à ton cabinet et quelles sont leursdemandes?
00:03:05Alors moi je travaille dans deux cadres bien spécifiques.
00:03:08Donc d'abord dans un cadre de toute première ligne, dans un service d'assistance aux victimespolicières, donc dans un commissariat de police.
00:03:17Et je travaille d'autre part dans un cabinet privé, dans mon cabinet en fait.
00:03:23Donc ça dépend un peu de mon cadre de travail.
00:03:27Donc dans le cadre de l'assistance policière aux victimes, les victimes me sont orientéesgénéralement très très rapidement après les faits victimisants et par la police.
00:03:39Voilà, le service est connu aussi au niveau de la commune.
00:03:44Donc c'est une commune située à Bruxelles, à Jet pour être précise.
00:03:47Et donc il y a parfois aussi des psychologues de maisons médicales, de centres de planningfamiliaux qui m'orientent des victimes.
00:03:57Alors ce sont des victimes d'infraction pénale de sinistres ou de catastrophes.
00:04:02Donc je ne travaille pas que en sexo post-traumatique.
00:04:07Même si parfois quand je travaille sur d'autres types de traumas, la thématique de la sexualitéremonte et alors là on peut la travailler.
00:04:17Alors là parfois ce n'est pas de la toute première ligne évidemment, mais donc voilà.
00:04:23Donc là c'est généralement la police ou les services locaux qui m'orientent les patients.
00:04:28Dans le cadre de mon activité privée, ce sont plus souvent les autres services d'assistanceaux victimes qui m'orientent des patients.
00:04:37Ou des médecins, beaucoup de médecins qui en fait au cours de leur consultation constatentque les symptômes qui surgissent proviennent d'un événement traumatique.
00:04:49Donc on commençait à un moment bien précis et qu'à ce moment-là il s'est passé ça.
00:04:55Donc voilà.
00:04:56Je travaille aussi avec des psy par exemple qui dans le courant de leur thérapie bloquenten fait, n'ont pas les outils nécessaires pour aborder le trauma.
00:05:09Et donc là on décoince quelque chose et puis les patients continuent une psychothérapieclassique avec leur psychologue.
00:05:15Super intéressant.
00:05:16Et oui c'est vrai avec le trauma il y a des outils spécifiques et tu nous en parlerasaprès et donc il faut être formé pour ça.
00:05:22Et même moi en tant que sexologue, et puis il y a plein de sexologues qui diront qu'unetrès grande majorité de leurs patientels a eu des traumatismes de près ou de loinpar rapport à la sexualité et des événements traumatisants liés à la sexualité et àl'intime.
00:05:38Et il faut se sentir en capacité de recevoir ça avec les outils appropriés.
00:05:42Donc bien sûr de toujours recommander, référencer à une personne comme toi par exemple oud'autres personnes qui ont ces outils là quand on traite du trauma parce que ce n'estpas à prendre à la légère.
00:05:52Et tu disais du coup c'est vraiment différent, enfin différent dans le sens où quand c'estvia la police c'est vraiment la première ligne, l'agression vient d'arriver.
00:06:01Donc peut-être qu'il n'y a même pas encore des symptômes post-traumatiques comme c'esttout récent.
00:06:07Et en cabinet là ça peut être effectivement plutôt des expériences qui ont pu avoirlieu peut-être même dans l'enfance ou des années auparavant c'est ça?
00:06:16Oui, oui vraiment.
00:06:18Donc c'est vrai qu'au niveau de la police c'est super intéressant de travailler rapidementmême si effectivement comme tu le disais les symptômes ne sont pas encore apparus.
00:06:27Mais on peut déjà dans un premier entretien d'Adam Nez déterminer si la personne a plusun profil à faire de l'événement difficile un trauma ou pas.
00:06:38Donc et plus vite on agit en fait sur ce qui s'est passé, plus les, enfin moins les risquesde développer un trauma sont présents.
00:06:49En cabinet privé c'est vrai que je rencontre parfois des personnes qui ont 65 ans qui medisent « ben voilà je viens vous voir parce que je vis en dehors de ma vie depuis plusieursannées, j'ai du mal à prendre des décisions, j'ai du mal… » alors quand on creuse unpeu parfois « et votre sexualité comment ça se passe? » « ah j'ai du mal à lâcherprise, j'ai du mal à vivre les choses en pleine conscience.
00:07:14» Et là parfois je dis « mais et c'est depuis quand ça? » « ben je sais pas moi,ça fait 40 ans.
00:07:20Ah? Ça a passé il y a 40 ans.
00:07:23» Et puis elle cherche un peu « ah ben il y a 40 ans j'ai été abusé.
00:07:26» Et donc en seconde ligne je rencontre parfois des gens qui ont vécu des agressions sexuellesil y a des années et comme tu disais parfois dans l'enfance.
00:07:37Donc alors soit il y a un symptôme qui est un peu latent comme ça et avec lequel cespersonnes vivent pas confortablement mais fonctionnent tout à fait normalement et parfoiselles viennent me voir parce que ce trauma ressurgit à l'occasion d'un autre événementdifficile qui parfois n'a rien à voir avec la sexualité.
00:08:03Et donc voilà c'est vraiment intéressant de creuser en fait, de dire ok qu'est-cequi s'est passé à ce moment là? Qu'est-ce que vous avez vécu? Et voilà.
00:08:12Et tu parlais du profil justement en prévention, un profil de personne qui pourrait êtresujet à justement un symptôme post-traumatique, c'est quoi dans le profil qui pourrait fairedire ça? Une fragilité, des dépressions passées, c'est quoi exactement?
00:08:28Ouais alors on peut jamais dire exactement si la personne va développer un trauma oupas parce que c'est vraiment quelque chose de très très subjectif.
00:08:36Donc parfois quelqu'un a vécu quelque chose d'extrêmement grave et ne développejamais de trauma sur cet événement là et parfois la personne a vécu quelque chosequi peut paraître un peu une chose anodine au regard de l'extérieur et elle va développerun trauma.
00:08:52Alors ce qui peut nous alerter au départ c'est déjà est-ce que la personne est bienintégrée socialement? Est-ce qu'elle a beaucoup de ressources au niveau de ses émotions?
00:09:05Est-ce qu'elle est créative? Voilà.
00:09:08Il y a toutes ces choses là qui sont assez générales et puis quand on parle du trauma,une autre chose qui est super intéressant c'est de demander comment la personne a réagiau moment du trauma.
00:09:21Alors est-ce qu'elle a eu l'occasion d'agir ou est-ce qu'elle n'a pas eu l'occasiond'agir? Alors est-ce qu'elle a eu l'occasion d'agir simplement au niveau concret en faithein? C'est-à-dire se défendre, attaquer? Voilà c'est ça.
00:09:37Parfois la personne n'a pas eu l'occasion d'agir parce que quelqu'un d'autre l'aempêché d'agir mais parfois aussi elle n'a pas pu agir parce qu'elle a été sidérée,elle a été complètement figée parce que la situation était tellement incompréhensiblequ'elle n'a pas pu l'intégrer.
00:09:56Et donc ces émotions en fait énorme énorme énorme n'ont pas pu être gérées et quandces émotions ne peuvent pas être gérées qu'est-ce qu'on fait? On se fiche quoi.
00:10:06Et donc ce qui est super intéressant c'est de poser la question et qu'est-ce que vousavez fait à ce moment là? J'ai rien fait, ok, est-ce que c'était un ne rien fairestratégique on va dire parce que là il s'agit de faire quelque chose donc finalement quelqu'unqui fait le mort il fait rien mais en fait il fait quelque chose.
00:10:30Où est-ce que vous n'avez pas pu agir? Parce que vous étiez figé.
00:10:35Alors là évidemment quand on parle d'agression sexuelle la sidération elle est très trèssouvent présente et c'est un gros problème aussi.
00:10:43Là on peut en reparler par rapport à la plainte, par rapport à la culpabilité derien avoir fait.
00:10:50Oui avant d'aller plus loin parce qu'on parle de trauma, est-ce que tu peux rappelerdéjà qu'est-ce qu'est un trauma? Quels sont les symptômes post-traumatiques aussi?
00:10:59Pour moi un trauma c'est un événement difficile qui reste difficile.
00:11:05Donc ça veut dire que les émotions qui ont été vécues au moment du trauma restentactives.
00:11:12Donc le trauma au lieu de passer dans la mémoire autobiographique on va pouvoir parler de cequi s'est passé en disant ah là ça a été horrible, épouvantable, j'ai vécu ci etça mais sans émotions, enfin peut-être avec des émotions mais qui ne posent pas problème.
00:11:30L'événement difficile devient un trauma quand les émotions rattachées à l'événementrestent actives.
00:11:36Ça veut dire que par la suite les émotions qui vont être vécues ne seront pas en lienavec l'ici et maintenant mais seront en lien avec un événement du passé.
00:11:47Et comme le travail des émotions c'est de nous transmettre de l'information surce qui se passe et de nous permettre de nous adapter, si les émotions ne sont pas en lienavec l'instant présent elles ne vont pas nous permettre de nous adapter.
00:12:02Et donc on va avoir des comportements qui sont complètement décalés par rapport àla réalité.
00:12:09Par exemple en sexualité j'ai vécu quelque chose de difficile.
00:12:16L'émotion reste active, je me retrouve après dans une situation, une relation quiest tout à fait en équilibre, qui est respectueuse, qui est chaleureuse, enfin tout ce qu'on veut,paf c'est l'émotion de danger qui se remet en place.
00:12:32Et cette émotion là va dire ferme-toi, déconnecte-toi et ça peut provoquer un manque de désirde manière générale, parce que quand toutes les relations sexuelles se passent mal iln'y a plus de désir, ça peut provoquer des douleurs comme une disparuignie du vaginisme,ça peut provoquer une anorgasmie, une impossibilité de lâcher prise et donc typiquement là onest dans une situation où l'émotion n'est pas adaptée à l'instant présent mais esten lien avec un événement du passé.
00:13:04Super intéressant parce qu'effectivement comme tu dis c'est vraiment les situationsqu'on voit le plus quand il y a eu justement des agressions, des traumas et puis finalementaujourd'hui elle et là je parle plus, c'est souvent quand même des femmes en séancequi ont ce vécu là et qui disent mais aujourd'hui j'ai du vaginisme ou j'ai des douleurs ouj'ai plus le libido et pourtant avec mon compagnon, ma compagne, tout se passe bien, alors souventc'est avec le compagnon parce que ça peut aussi être souvent ils ont été victimesde par un homme et ça peut renvoyer aussi pas mal de choses aussi d'être avec un partenairemême s'il est bienveillant comme tu disais des émotions rattachées à ce trauma quisont toujours actives aujourd'hui au moment présent alors que même dans ce moment présentfinalement elle est en sécurité.
00:13:52Exactement.
00:13:53Et d'ailleurs j'ai des patientes aussi par rapport à ça qui après une agression ettu parlais d'anorgasmi qui ont du mal à en fait sentir des sensations, elles disentje ne ressens rien, on a beau faire je ne ressens rien, qu'est ce qui se passe dansle corps et tu parlais aussi de se figer des émotions, on n'arrive pas à les intégrerdonc on se fige mais là au niveau du corps quand on ne ressent plus ces sensations est-ceque tu peux donner des pistes d'explication?
00:14:18Oui alors ce qui se passe souvent c'est que quand on a trop d'émotions et qu'oncomprend pas ce qui se passe on se dissaussit donc ça veut dire que je donne toujours l'exempled'une boîte électrique, quand il y a trop de machines sur la boîte électrique qu'estce qui se passe?
00:14:37La boîte disjoncte en fait donc les plombs sautent et ça évite en fait à la maisonde prendre feu.
00:14:45Quand on vit un événement qu'on n'arrive pas à intégrer, qu'on ne comprend pas,qu'il ne rentre pas dans nos repères et tout ça, les émotions en fait sont tellementénormes que le cerveau, donc notre boîte électrique en fait, que notre cerveau pouréviter qu'on ne s'effondre complètement, qu'on prenne feu disjoncte en fait.
00:15:08Et donc il y a ce qu'on appelle un phénomène de dissociation qui est un phénomène oùla victime sort de son corps pour ne plus vraiment vivre les émotions et la douleurque vit le corps.
00:15:25Et donc on entend très souvent d'ailleurs des témoignages de victimes qui disent « moij'ai vécu la scène de haut, en fait j'étais à l'extérieur et je me voyais me fairevioler par d'autres personnes ». Et donc là je dis me faire violer parce que c'estce qui revient souvent mais il faut peut-être qu'on revienne sur ce terme là.
00:15:47Tu peux revenir sur ce terme.
00:15:49On reviendra dessus.
00:15:50Et donc en fait ce phénomène dissociatif il est super utile au moment de l'agression.
00:15:58Par contre certaines personnes restent dissociées pendant des heures, des jours, des mois, desannées.
00:16:06Et quand je parlais tout à l'heure des personnes qui viennent en me disant « benvoilà moi je vis à côté de ma vie, je ne sais pas prendre une décision, je ne saispas faire un choix, j'ai l'impression d'être spectateur de ce qui se passe mais pas acteur». Souvent l'origine de cette situation là c'est un phénomène dissociatif.
00:16:22Et pour les personnes qui nous écoutent et qui peut-être se disent « ben en faitfinalement je me retrouve là-dedans » et qui commencent peut-être à paniquer aussiet à dire « mince qu'est-ce qu'elles peuvent faire aussi ». Alors je sais qu'onanticipe un petit peu aussi sur les outils mais là juste en écoutant ça, si ellespaniquent ou elles se disent « je me retrouve dans cette situation », qu'est-ce qu'ellespeuvent faire?
00:16:44Alors je pense que le mieux c'est de consulter quelqu'un qui est spécialisé là-dedans.
00:16:49Moi la manière dont j'accueille ça c'est d'abord en fait de permettre à la personnede raconter ce qui s'est passé.
00:16:57De raconter, raconter, raconter.
00:17:00Et en racontant en fait on va remettre de la chronologie, on va faire des liens entredes faits et en fait ça va diminuer cette sensation d'être dissocié, on va mettredes mots en fait sur ce qui s'est passé pour rendre les choses objectives et pas seulementsubjectives, pas seulement être quelque chose qui est flou, qui est… enfin voilà parceque c'est souvent le bazar total.
00:17:25Il y a souvent des périodes d'anesthésie et d'amnésie complète.
00:17:29Donc des personnes qui ont oublié certains passages de leur agression.
00:17:35Donc en fait ce qu'on fait pour commencer c'est qu'on remet du lien, c'est qu'onremet des mots sur les choses.
00:17:41Après, il y a des outils comme l'hypnose, comme le MDR que je ne pratique pas mais jesais que ça fonctionne super bien aussi.
00:17:50Tu peux expliquer si tu ne le pratiques pas mais est-ce que tu sais l'expliquer?
00:17:53Donc le MDR c'est une thérapie qui fonctionne sur le mouvement des yeux ou des sons dansles oreilles ou des tapotements et des choses comme ça qui vont en fait faire passer desévénements d'une partie du cerveau à l'autre et qui donc vont remettre chaquechose à sa place.
00:18:12Alors je ne peux pas en dire beaucoup plus parce que je ne la pratique pas en fait.
00:18:16Par contre en hypnose ce qu'on va faire c'est aller revisiter en fait la scène etla transformer.
00:18:25Alors on sait très bien que c'est de l'imaginaire, les gens ne deviennent pas fous, ils ne disentpas qu'ils ont transformé leur agresseur en un jardin, ils savent bien que ça ce n'estpas possible.
00:18:33Mais par contre on peut aller modifier le scénario pour modifier les émotions quisont rattachées.
00:18:40Et quand je dis modifier le scénario on peut par exemple mettre de l'action là où iln'y a pas pu en avoir au moment de l'agression.
00:18:49Et donc on peut par exemple faire ce qu'on appelle dans notre jargon des actes de triomphe,c'est à dire voilà j'ai été agressé, j'ai été complètement sidéré, paralysé,je n'ai pas su réagir.
00:19:05Ok maintenant on est dans un cadre sécurisé, vous êtes accompagné, qu'est ce qu'on vafaire? Ah ben là je vais le repousser, je vais le frapper, je vais lui cracher dessus,ou il y a quelqu'un qui va venir m'aider, et voilà on va pouvoir en fait faire ces actesde triomphe.
00:19:23Alors il y a les thérapies cognitivo-comportementales comme l'hypnose et comme le MDR qui en faitjouent sur les pensées pour changer en fait les comportements.
00:19:38Et alors il y a les thérapies comme par exemple la thérapie sensorimotrice que j'utiliseaussi où on utilise les comportements pour jouer sur les émotions.
00:19:48Et donc là on va pouvoir par exemple dire ok là j'observe dans votre corps qu'ily a quelque chose qui se passe dans votre main, qu'est ce qui se passe dans votre main,dans ma main il y a de la peur, il y a de la colère, ok qu'est ce qu'on va faire deça? Et on utilise alors le mouvement pour faire ces actes de triomphe en fait.
00:20:07Donc c'est comme ça, en tout cas c'est comme ça que moi je travaille sur les traumas.
00:20:12Thérapie sensorimotrice, donc c'est par le mouvement, c'est ça, par le mouvementque du coup on remet action, on crée, on restructure aussi les événements avec sonpropre discours peut-être, avec les éléments qu'on a envie de mettre qui font qu'on faitacte, comment tu parlais là, acte de triomphe.
00:20:32Pour se sentir en fait dans sa toute puissance dans des moments où on a perdu le contrôlefinalement.
00:20:38Oui, c'est ça.
00:20:39Et alors le mouvement, alors ça ne doit pas être des grands mouvements, ça peut êtredes tout petits mouvements, en fait ça part vraiment de ce que le thérapeute observechez le patient quand il raconte l'événement traumatique.
00:20:49Et quand je parle de mouvement ça peut être aussi par la voix, ça peut être aussi parla respiration, c'est vraiment une thérapie qui se penche aussi sur l'ici et maintenant.
00:21:02Donc quand vous racontez la scène qui s'est passée à ce moment là, qu'est-ce qui sepasse dans votre corps aujourd'hui? Et donc on utilise vraiment la pleine conscience pouraller travailler sur des événements du passé.
00:21:14Donc c'est assez, c'est très sympa.
00:21:17Oui c'est sympa et très, enfin j'ai l'impression quand même holistique dans le sens où onutilise bien sûr les émotions, on parle, on discute, on échange mais on utilise aussile corps, on utilise les outils de pleine conscience, c'est vraiment, j'ai l'impressionque ça englobe en fait finalement plein d'outils qui sont super pertinents et encore plusdans cette thématique là.
00:21:40Et je voulais revenir sur le terme, je me suis fait violer, est-ce que tu peux en direplus?
00:21:46Alors ça c'est ce qu'on entend tout le temps, je me suis fait violer, je me suis fait agresser,je me suis fait… Et je pense que quelque part ça, ça peut provenir, alors bon déjàc'est dans le langage courant, enfin je veux dire même les policiers utilisent ce langagelà et nous on les reprend toujours en disant non, non, elle ne s'est pas fait violer, ellea été violée, elle a été agressée, elle n'a pas de responsabilité là-dedans.
00:22:09Dire je me suis fait violer, c'est quelque part comme s'il y avait quelque chose devolontaire alors qu'il n'y a que du subit dans l'histoire.
00:22:17Moi j'ai l'impression que ces termes là, peut-être qu'historiquement ils viennentdu fait que la société n'avait pas envie de prendre certaines choses en charge et quedonc finalement laisser la victime prendre tout en charge dont la responsabilité, laculpabilité, etc.
00:22:34Ça arrangeait bien tout le monde mais je crois qu'il y a quand même quelque choseaussi de l'ordre de la sidération, c'est que quand on n'a pas pu agir, il y a unegrande culpabilité en fait et de cette culpabilité peut venir une émotion de responsabilitéen fait.
00:22:51Mais finalement, j'ai quand même pas vraiment dit non quoi.
00:22:55J'aurais pu crier, peut-être que quelqu'un m'aurait entendu, j'aurais pu faire ça,je ne l'ai pas fait donc peut-être que quelque part j'ai un petit peu participé à ce quis'est passé.
00:23:04Alors qu'en fait, une fois que le phénomène de la sidération est compris et intégrépar la victime, elle comprend qu'elle ne pouvait rien faire en fait à part se dissocierpour éviter de prendre feu, pour éviter de disjonter, pour éviter de s'effondrer totalement.
00:23:27Tout est intéressant.
00:23:30Déjà les mots ont une importance comme tu dis et je pense que c'est bien de penserles mots qu'on utilise parce qu'effectivement, on se dit « je me suis fait violer », « jeme suis fait agresser », on le subit et presque c'est une responsabilité sur les épaulesdes victimes et alors qu'il faut remettre à sa place en fait qui est la victime et quiest la personne qui agresse.
00:23:51Donc les mots ont une importance et aussi dans ce sentiment de vécu aussi, comme tudisais pour beaucoup de victimes, ce qu'on retrouve c'est la culpabilité, la honte,« j'ai pas dit non » ou même aussi dire « en fait je crois que j'ai eu un orgasmedu… », enfin « j'ai une sorte d'excitation même pendant un viol », ça voulait peut-êtredire que j'en avais envie et qui viennent avec ces questions-là aussi en cabinet desexologie et c'est important en fait de rappeler aussi du coup la fonction aussi du corps etqui le corps réagit à un stimuli sexuel, c'est peut-être pas excitant, on peut l'interpréterde manière subjective, c'est pas excitant, par contre le corps il est stimulé d'unecertaine façon et va réagir de manière physiologique pour se protéger aussi finalements'il y a pénétration ou agression pour que ça soit peut-être le moins violent possiblepour le corps mais ça veut pas dire que c'est forcément quelque chose de voulu, on appelleça la non-concordance de l'excitation finalement où il se passe quelque chose dans notre corps,par exemple on lubrifie, par exemple on peut ressentir des spasmes du plancher pèlvienqu'on va traduire par un orgasme mais finalement dans le vécu, dans le subjectif, ça n'arien à voir. Exactement et c'est super intéressant quetu abordes ce sujet là parce que c'est quelque chose qui vient souvent ou parfois les femmes
00:25:17prennent des séances et des séances avant de nous dire mais vous savez quoi en faitj'ai eu un orgasme et là c'est super intéressant de pouvoir leur expliquer mais vous savezl'orgasme c'est quelque chose de mécanique, c'est quelque chose qui ne se contrôle pasen fait c'est votre corps qui réagit à quelque chose de mécanique et c'est pasparce que vous avez un orgasme que vous avez été consentante et c'est vraiment superintéressant de faire la part des choses en fait et c'est exactement la même chose commepar exemple un corps qui est en grand danger peut se mettre en état de mort feinte enfait et c'est pas quelqu'un qui fait semblant d'être mort c'est quelqu'un dont le corpsen fait toutes les caractéristiques du corps se sont mises en état de mort et puis quandle danger disparaît la personne tout d'un coup pouf pouf elle ressuscite quoi et enfait l'orgasme c'est exactement la même chose ou la lubrification c'est exactementla même chose c'est le corps qui réagit ça peut être un mécanisme de défense aussiok j'ai un orgasme ça veut dire que c'est fini quelque part et donc c'est très trèsintéressant de pouvoir expliquer ça à la victime pour la déculpabiliser en fait.
00:26:33Très intéressant puisqu'en plus souvent ça va être mon corps m'a trahi, mon corpsm'a trahi pourquoi il a eu du plaisir ou pourquoi il a réagi comme ça et d'expliquer là cequ'on vient d'expliquer finalement c'est dire non en fait votre corps est votre amiil a été là pour vous aider dans cette situation là même si au premier abord çane semble pas mais quand on comprend la mécanique quand on comprend en fait les stratégiesde résilience même du corps il a été là pour vous et ça je pense que c'est uneétape importante aussi pour qu'ensuite les personnes se reconnectent à ce corps finalementréapprennent à l'aimer parce que bah souvent suite à des agressions ou des traumas ilpeut y avoir ce désamour vis à vis du corps qui les a trahis qui les a lâchés qui aété figé dans un moment ou alors elle voulait simplement courir et s'enfuir et je trouveça important peut-être dans l'étape d'acceptation et de reconnection.
00:27:24Votre corps ne vous a pas trahi il vous a sauvé la vie en fait et c'est vraiment intéressantmaintenant ce qui est très intéressant aussi c'est de se dire qu'une femme par exemplequi a eu un orgasme pendant un viol peut avoir besoin de violence par la suite pour retrouverl'orgasme parce qu'elle enregistre aussi orgasme égale violence et donc là aussic'est super intéressant en fait de pouvoir aller travailler sur le viol pour dire nonen fait votre corps vous a sauvé la vie mais c'est pas dans des circonstances pareillesque vous allez avoir du plaisir ou peut-être oui enfin après chacun sait de rester ouvertpar rapport à ça mais si la patiente est dérongée par le fait de devoir être quelquepart un peu violentée pour arriver à un orgasme c'est important d'aller chercher d'où çavient.
00:28:21Oui oui oui oui oui parce que ça peut être ça aussi j'ai besoin d'être avec des partenairesqui me violentent un petit peu pour justement ressentir des sensations donc comme tu disc'est intéressant et aussi dans l'autre cas où par contre ça va être j'ai besoin moide prendre pouvoir et d'être maîtresse de ce qui se passe pour prendre du plaisir parceque si je me retrouve dans la même position dans la même situation dans laquelle j'aiété violentée je peux pas lâcher prise.
00:28:50Exactement oui ça arrive aussi qui est un échange de rôle en fait si je suis pas dansla prise de pouvoir ça veut dire que je suis abusée quelque part et donc là c'est rétablirl'équilibre en fait dans tout ça mais c'est ça qui est passionnant en fait c'est d'observerles choses alors d'observer les comportements sans se dire qu'ils sont dysfonctionnelsen fait ils ont une fonction à ce moment là quelque part sans les sortir de la normalitédire ok vous avez ce comportement là mais il ne vous convient pas ça veut pas direque c'est un comportement dysfonctionnel mais on peut peut-être travailler sur le faitqu'il y a des comportements qui ont été enregistrés mais que vous ne devez pas êtreenfermés dans ce comportement là on peut ouvrir les choses maintenant je pense queet ça c'est quelque chose qu'on voit aussi beaucoup quand on travaille sur le trauma c'estque des symptômes post-traumatiques sont vus comme des dysfonctions et sont vus commedes problèmes en fait ce qui fait que beaucoup de personnes qui ont vécu un trauma sontpsychiatrisées par exemple je pense aux personnalités borderline ou bipolaire ou paranoïaque ouparfois on dit enfin on les étiquette psychiatrique alors qu'en fait elles sont simplement traumatiséesdonc là tu soulignes l'importance aussi d'être formé finalement aussi justement à formerdu coup au trauma pour aussi pouvoir identifier sans forcément étiqueter mais du coup de
00:30:33se dire qu'est ce qu'il y a derrière et pouvoir accompagner ces personnes là puisquesi on pouvait les accompagner sur leurs symptômes post-traumatiques peut-être que ça les aideraitjustement dans leur psychisme en fait exactement exactement et je trouve ça très rassurantque dans les formations trauma en tout cas dans les formations que je suis il y a quandmême pas mal de psychiatres et que la psychiatrie s'ouvre un peu à tout ça aussi notammenttout ce qui est en lien avec des addictions à l'alcool aux drogues etc mais parfoisles addictions aux substances c'est aussi une forme de dissociation quelque part etdonc ça peut-être que ça entretient une dissociation qu'on pourrait éliminer entravaillant sur le trauma et donc que la personne n'aurait plus besoin de se dissocier à l'aidede substances parce qu'en fait le trauma est réglé et c'est le docteur Gabor Matéqui parle beaucoup aussi des traumas qui conduisent justement à l'addiction et que finalementen fait penser l'addiction sous forme de peut-être il y a eu des expériences traumatisanteset de pouvoir les accompagner et donc comme tu disais que toutes les personnes qui travaillentaussi en addictologie puissent être formées justement aussi au trauma et se pencher là-dessusoui je pense que ça serait vraiment intéressant et là alors on a quand même parlé principalementaussi des femmes qui ont subi des traumas est-ce que tu vois une différence quand c'est
00:32:01des hommes qui vivent des traumatismes et là de l'ordre bien sûr sexuel alors làdéjà je vois une différence c'est que les hommes consultent beaucoup moins que les femmespourquoi donc je ne sais pas c'est je crois que c'est plus difficile socialement de sedire je vais consulter en tant qu'homme je vais être cru aussi peut-être il ya decet ordre là enfin dans mon hypothèse aussi c'est déjà de manière générale les hommesont plus de difficultés à aller voir le médecin des psy et cetera des sexologues mais encoreplus dans ce sujet si tabou où on se dit finalement en tant comme je ne peux pas êtreagressé parce que c'est moi normalement la personne dominante et là j'ai subi uneagression et est déjà c'est peut-être honteux aussi pour eux de se sentir honteux mais est-ceque je vais être cru aussi oui et je pense que la honte aussi est importante que c'estenfin les hommes que j'ai accompagné donc déjà il n'y en a pas eu beaucoup mais j'essayede me souvenir comme ça mais ceux que j'ai accompagné c'était des abus pendant l'enfanceen fait mais alors c'est aussi est-ce que ça remet quelque chose en question par rapportà ma virilité par rapport oui je crois que c'est encore beaucoup plus tabou en fait chezles hommes et que qui parle beaucoup moins de ça et c'est dommage parce qu'en fait beaucoupd'hommes je pense ont vécu des traumas d'ordre sexuel alors parfois on en rencontre aussi
00:33:41il y a aussi des traumas de l'ordre de quand il y a quelque chose qu'eux interprètes commeune petite dysfonction comme une éjaculation prématurée ou un trouble de l'érectionou voilà il y a aussi certains qui ressentent une honte parce que la femme leur reprochedonc ça j'en ai déjà eu pas mal aussi même quand le trouble de l'érection par exempleest dû à une prise de médicaments après opération du coeur par exemple chose commeça c'est super dur pour eux d'entendre une femme qui dit ben voilà on t'a castré ont'a et oui il y a vraiment quelque chose de l'ordre de la puissance de la luttefinalement qui doit être en forme et effectivement un jugement finalement de la part de la partenairefait beaucoup de mal et joue encore plus sur l'estime de soi et l'estime de soi si ona une faible estime de soi en tant qu'homme on peut perdre confiance et confiance danssa capacité érectile aussi et donc on entre dans ce cercle aussi vicieux du trouble érectileet de la difficulté à s'en sortir je voulais revenir aussi tu parlais on parlait un peude consentement et c'est vrai que ces dernières années on en parle de plus en plus et il ya des fois des personnes qui se disent mais en fait en y réfléchissant maintenant quej'ai conscience de ce qu'est le consentement de sa définition il y a plein de situationsoù finalement j'ai vécu des relations non consenties ou j'ai vécu du viol conjugal
00:35:16est ce que là par exemple en parlant de viol conjugal ça peut être traumatisant pourcertaines personnes oui bien sûr bien sûr et là c'est sûr que la notion de consentementelle est en fait elle est assez récente j'ai l'impression et elle est super intéressanteparce que moi ce que je rencontre beaucoup beaucoup comme situation ce sont des relationsqui étaient consenties jusqu'à un certain stade et pas pour d'autres choses donc typiquementc'est ok c'est moi qui l'ai chauffé j'avais envie d'une relation sexuelle la relationsexuelle s'est bien passée et puis tout d'un coup l'homme a voulu me sodomiser etlà j'étais plus consentante mais à partir du moment où j'étais consentante pour lereste on dit oh bah oui tu étais consentante tu étais consentante quoi mais c'est queà chaque instant en fait la femme a la possibilité et doit même pouvoir dire non et l'hommedoit pouvoir l'entendre et donc c'est difficile parce que souvent le fait d'avoir donné unpeu on a l'impression qu'on peut plus faire marche arrière oui et en même temps je trouvec'est pour ça que c'est important si dans le consentement que les personnes aient ladéfinition complète parce que quand on l'a du coup voilà je la reprends le consentementil doit être clair donc ça doit être on parle d'un oui enthousiaste on doit entendreun oui ou en tout cas quelque chose d'enthousiassement libre c'est à dire sans pression ni menace
00:36:48ou ni chantage donc c'est quand même assez des fois gris cette zone là il doit êtreéclairé c'est à dire qu'on ne peut pas le faire pendant le sommeil du ou de la partenaireni sous l'effet de substance et actualiser dans le sens qu'on peut le retirer à toutmoment c'est à dire que vous pouvez être dans les préliminaires dans les caressesdans justement peut-être un comme tu disais dans ton exemple un rapport avec pénétrationvaginale et puis là le partenaire veut sodomie vous avez le droit de dire non parce que votreconsentement doit être actualisé pour chaque nouvelle pratique à chaque moment donc voilàça c'est important aussi de le savoir de savoir que vous avez cette permission là finalementde dire non maintenant je crois que c'est une question qui est difficile alors si sion parle d'une relation sexuelle hétérosexuelle et et ça peut être difficile pour l'hommeaussi de se dire mais comment finalement je suis sûre qu'elle est consentante qu'ellesoit consentante est ce que je dois demander toutes les cinq minutes et ça t'es d'accordou pas d'accord et ça et en fait c'est quand même une notion qui est très très difficilemais pour les deux partenaires je pense sans compter que l'homme n'est pas toujours consentantnon plus pour ce que lui fait la femme peut-être que parfois l'homme n'a pas envie d'unefellation en tout cas à ce moment là parce qu'il a peur que ça mette fin trop vite à
00:38:11la relation ou quoi il doit aussi pouvoir dire non j'ai pas envie là maintenant attentionlà va plus vite là va plus lentement va donc le consentement on parle toujours duconsentement des femmes mais le consentement c'est dans les deux sens et je pense qu'enfait il n'y a qu'une seule chose qui peut aider c'est le dialogue parce que effectivementun partenaire ne va pas tout le temps demander à l'autre toutes les dix minutes et ça t'essûr que tu veux bien que je fasse et ça t'es sûr il faut quelque part du lâcher priseet de la spontanéité aussi donc c'est vraiment une question très très délicate alors évidemmentl'exemple que j'ai donné avec la pénétration vaginale qui pousse tout d'un coup d'érablevers une pénétration annale ça il est assez clair de pouvoir dire non ça c'est sûr maisdans toute la relation il faut du consentement tout le temps et là il n'y a pas de recettemiracle à part dialoguer dialoguer dialoguer mettez peut-être des petits signes quand jefais ce petit truc là c'est ça mais c'est je trouve qu'en tant que sexo et moi je travailletrès très peu avec des couples comme je travaille principalement en post-trauma jetravaille très peu avec des couples mais je pense que c'est super intéressant dans uncouple de dire comment on communique au moment de la relation sexuelle super passionnantet je renvoie justement les auditeurs et auditrices à l'épisode sur le consentement justement
00:39:38où on aborde comment voilà qu'est ce que le consentement dans l'épisode 3 commentle mettre en pratique et bien sûr à la suite de ça il ya des couples qui me disent maisnous des fois où je la réveille où je le réveille pendant la nuit pour qu'on fassel'amour est ce que ça c'est du consentement ou pas ou la question aussi récemment etc'était très intéressant d'une forme de pression de j'ai envie d'un enfant là j'aivraiment envie d'un enfant et je lui parle à chaque fois de mon ovulation et il sentque j'ai envie de faire l'amour parce que je suis en ovulation est ce que du coup c'estdu consentement ou pas est ce que je suis en train de le pressuriser donc ça soulèveplein de questions et on n'a pas toutes les réponses et c'est pas si facile que ça maisencore une fois la clé c'est déjà dans parler dans parler et de trouver ensemblefinalement au sein du couple en fait ce qui est ok ou non mais voilà mais je voulaisrebondir aussi du coup par rapport parce qu'on parlait consentement et aussi par rapportaux personnes là dans le cas où ce ta des patientes qui aurait oublié leur agressionqui ont oublié leur agression soit parce que ça a été des abus dans l'enfance soitparce qu'elles ont été droguées GHB soit parce qu'il y avait trop d'alcool est ceque c'est possible et ou utile de se souvenir de ça et par exemple par l'hypnose comme
00:40:54tu disais c'est une demande que j'ai quand même assez régulièrement en fait le GHBvoilà il y a eu on en entend un petit peu moins maintenant maintenant c'est autrechose mais pendant plusieurs années j'ai eu très régulièrement des victimes qui venaientporter plainte mais elles savaient pas vraiment pourquoi elles venaient porter plainte parcequ'elle s'était réveillée dans un lit complètement massacré et que donc elle avaitbien compris qui s'était passé quelque chose mais impossible de savoir ce qui s'étaitpassé exactement donc déjà là il y a tout un accompagnement à faire par rapport àla plainte par rapport à retracer les faits jusqu'à ce qu'il y ait l'amnésie totaleet le trou noir quoi et alors souvent ces personnes me disent est ce qu'en hypnosevous pouvez retrouver la vérité retrouver ce qui s'est passé est ce qu'on va pouvoiralors ça moi je fais jamais parce que je ou alors enfin je peux le faire mais en leurdisant on est toutes les deux ok sur le fait qu'on va inventer ce qui s'est passé qu'onva on va créer un scénario je me souviens comme ça d'une dame qui me disait voilàenfin violée sous ghb très très blessé et elle me disait ma hantise c'est qu'ily a eu plusieurs agresseurs là normalement si j'y réfléchis par rapport à avec quij'ai bu un verre où je suis allé etc normalement il n'y en avait qu'un mais ma hantise c'est
00:42:29qu'il y en a eu plusieurs est ce qu'on peut en hypnose voir si on avait un ou plusieursmoi je sais pas on sait pas faire ça par contre si ça vous arrange mieux qui en a eu qu'unon va aller revivre ensemble votre agression avec un agresseur et tant qu'on y est onva pouvoir faire des actes de triomphe on va pouvoir le transformer on va pouvoir lefaire mais à ce moment là on est toutes les deux d'accord sur le fait que ce qu'onva faire c'est travailler sur l'imaginaire et pas sur la réalité qu'on va pas faireremonter des souvenirs j'avais par exemple comme ça une dame qui était venue me voirelle avait tous les symptômes d'agression sexuelle dans l'enfance mais elle ne sesouvenait de rien et c'est sa mère qui lui a toujours raconté qu'elle avait été abuséemais sans lui dire par qui ni quand ni comment et donc elle a grandi en fait avec cetteidée qu'elle avait été abusée sans savoir quoi elle est venue me voir en me disant est-cequ'on peut retrouver mon agresseur en hypnose non on va pas retrouver votre agresseur ily a trop de risques de biais en fait donc voilà et peut-être que si vous avez mis çade côté il y a peut-être un côté stratégique là dedans donc moi je vais pas venir balancertoutes vos stratégies non plus.
00:43:44Oui c'est parce que c'est la question si souvent si je me souviens de rien mais quej'ai l'impression que effectivement dans mon entourage on m'a dit que j'ai été abuséemais je me souviens de rien est-ce que c'est utile d'aller creuser ou au contraire on selaisse tranquille?
00:43:57Oui moi je pense qu'on peut se laisser tranquille pour la petite histoire cette dame là ellea complètement pris le contrôle de son hypnose en me disant il y a une porte devant moi etderrière la porte il y a la vérité alors là moi je l'ai accompagné en disant est-ceque vous voulez qu'on aille ouvrir la porte oui je vais ouvrir la porte pour trouver lavérité là elle a ouvert la porte et la pièce était vide et donc elle m'a dit enfait j'ai jamais été violée on m'a raconté des conneries voilà et donc ça c'est parexemple un travail qu'on peut faire en hypnose c'est accompagner la personne mais allerrechercher une vérité ça on ne le fait pas alors est-ce que cette femme a été violéeou pas violée en attendant ses symptômes ont disparu et c'est quand même ça l'objectifen fait.
00:44:48D'aller vers du mieux.
00:44:49Exactement.
00:44:50Et bien oui parce que tu y a eu aussi plein d'histoires où ah oui j'avais fait des séancesd'hypnose et puis en fait finalement le praticien hypnotiseur ou hypnotiseuse m'a dit j'aiété agressée j'ai été violée ça c'est pas toi qui vient mettre des mots parce qu'ily a eu plein d'histoires aussi dans le sens des choses inventées des agressions inventéesou ou réelles on n'en sait rien point d'interrogation mais après des séances d'hypnose.
00:45:16Oui moi j'ai des patients qui viennent consulter suite à un rendez-vous chez alors soit quelqu'unqui fait de l'hypnose soit parfois même un kiné ou un nutritionniste ou qui leur a ditah là là là c'est votre corps qui parle il s'est sûrement passé ceci ceci cela eten fait le trauma c'est pas ce qui se serait passé le trauma c'est la séance avec lethérapeute et donc moi j'ai des patients qui viennent consulter pour ça en disantdepuis que je suis allée là et qu'on m'a dit ça j'ai des symptômes et en fait alorslà c'est compliqué parce que là on doit retravailler la séance ou on doit travaillerl'imaginaire ce que cette séance est venue réveiller ou induire.
00:46:08Oui.
00:46:09Et donc je crois quand même qu'en tant que thérapeute on a une responsabilité qui estimportante et qu'on doit jamais oublier en fait c'est que l'objectif c'est que lapersonne aille mieux après et pas d'aller touiller dans des choses parfois le cerveauet le corps ont très très bien fait leur boulot et on fait en sorte que la personneva bien c'est pas à nous et pour moi un thérapeute doit vraiment être en positionbasse il doit vraiment accompagner son patient il doit marcher à côté de lui il doit pasmarcher devant et le tirer pour aller plus vite ou aller où il veut pas aller donc moic'est vraiment ma vision de l'accompagnement c'est qu'on n'est pas là pour pousser pourtirer pour soulever on est là pour accompagner observer les changements et soutenir ceschangements mais pas pour induire quoi que ce soit.
00:47:07Faisons la transition justement parce que tu as déjà donné des éléments de réponsemais dans ce podcast il y a beaucoup aussi il y a pas mal de sexologues qui nous écoutentou de thérapeutes en relation d'aide et qui peuvent des fois se demander comment justementbien accompagner les personnes victimes de violences sexuelles que faire que dire peuxtu nous dire ce qui est important dans l'accueil des patients et des patientes.
00:47:30Alors déjà l'accueil simplement accueillir dans de bonnes conditions dans un lieu quiest sécurisant quand c'est pas possible par exemple dans le travail de première ligneon n'est pas toujours dans un lieu accueillant ou sécurisant mais alors on doit aménagerun accueil autre que le lieu on doit en tout cas au milieu du commissariat par exempledevant tout le monde.
00:48:00Voilà donc c'est emmener la personne dans un lieu où elle va se sentir en sécuritéen toute confidentialité c'est aussi rappeler le principe de la confidentialité du secretprofessionnel et alors voilà moi je veux mettre beaucoup d'humains dans mon accueilmon cabinet il est super accueillant il y a un petit café ou une tisane où il est déjàvenu.
00:48:27C'est une idée bien tu faudras que tu nous donnes la fin dis nous où il est pour lespersonnes qui sont en Belgique justement.
00:48:32Il est à Ytre à l'espace ouvert à Ytre donc c'est un centre pluridisciplinaire etpeut-être qu'après je pourrais parler des différents ponts qu'on fait entre thérapeutesoui pour moi c'est vraiment important d'avoir un beau lieu chaleureux où la personne sesent accueilli où on met ensemble un cadre qui est respectueux et c'est vrai que souventles patients arrivent en disant qu'est ce qu'on sent bien chez vous qu'est ce que c'esthumain et quand on a vécu une expérience comme un viol par exemple mais qui est quelquechose de tout à fait déshumanisé retrouver de l'humain en fait c'est déjà thérapeutiqueen fait donc je pense que l'accueil il est super important ce qui est super importantpour moi aussi c'est de mais on en discutait tout à l'heure c'est d'adopter une postureprofessionnelle basse où on accompagne et pas où on vient scouer en fait les patientset alors cette posture professionnelle elle passe aussi par des attitudes en fait uneforme de synchronisation corporelle verbale on va utiliser le même vocabulaire que lespatients on va pas faire les intéleaux qui viennent avec des termes techniques on sesynchronise en fait avec la personne et pour moi ça ça ça valorise vraiment une bonnequalité d'écoute on est là pour la personne et pour les personnes qui se dirait justementqu'ils sont pas armés pour ça et qu'ils disent mais que dire après que faire donc bien sûr
00:50:12la posture etc mais il ya bien sûr aussi l'importance des mots et la difficulté des fois trouverles bons mots et donc beaucoup de thérapeutes qui disent je sais pas quoi dire j'ai peurd'être maladroit maladroite est-ce que ça t'as des petites pistes des petits outilsalors moi je demande aux gens je leur ai écouté je vais peut-être dire des bêtisesje vais peut-être dire un mot qui vous convient pas parce que je vis pas dans votre têteet dans votre corps et et mais je pose des questions très franches en fait et je leurdis de me dire stop de me de m'aiguiller aussi sur la manière dont eux ils ont envie queje m'adresse à eux et donc mais ça ça démarre déjà tout simplement par dire voilà vousvous présentez vous avez envie que je vous appelle comment que je vous appelle monsieurmadame par votre prénom par votre surnom vous voulez quand on travaille par exemple avecune population transgenre ou en transition mais vous voulez que je vous genre commentet vous voulez que je vous tutoie ou que je vous vois comment vous vous avez envie dem'appeler pour moi ça c'est ok par contre ça ça ne l'est pas et donc ça passe aussipar ça c'est créer du lien en fait c'est entrer en lien avec la personne qui vientnous voir et ce que j'entends c'est aussi créer un cadre ultra sécurisant finalementavec cette posture basse cette posture d'accueil d'écoute et de et de comment on interagit
00:51:42avec l'autre mais en se basant sur ce que l'autre a besoin et envie finalement bienplus que ce que vous dites c'est aussi comment vous êtes avec la personne et presque ily a presque pas grand chose à faire si ce n'est d'être dans l'écoute et en fait ona les clés presque de ce que la personne a besoin oui souvent il suffit d'observeren fait de lui demander mais aussi d'observer quelqu'un qui va parler comme ça tout doucementon va pas se mettre à parler super fort voilà quelqu'un qui a un rythme de parole trèstrès lent on va pas parler très très vite enfin c'est vraiment ouais se synchroniseren fait ce quelqu'est faire miroir finalement aussi faire miroir ça rassure aussi beaucoupalors ma dernière question ma question phare de ce podcast c'est si les gens ne devaientretenir qu'une chose de la sexualité et ou de l'éducation sexuelle qu'est ce quece serait pour toi voilà il ya tellement de choses à retenirqui ne te vient pas forcément la plus le voilà c'est celle qui vient en premier alors cellequi me vient en premier c'est peut-être qu'il n'y a pas de bonne ou de mauvaise sexualitéque la seule bonne sexualité c'est celle qui convient aux deux partenaires ou qui convientà soi tout seul quand quand on n'est pas en couple ou même quand on est en coupleen fait c'est de dire qu'il n'y a pas une recette il n'y a pas il n'y a pas un livre
00:53:09de recette de voilà comme on fait un bon gâteau au chocolat mais voilà comment onfait une bonne relation sexuelle la seule bonne relation sexuelle c'est celle qui convientà celui qui la vit en fait génial j'adore merci beaucoup où est-ce que les personnespeuvent te retrouver justement si tu veux parler un petit peu plus aussi de tout le cabinetde ce que tu proposes à l'espace ouvert donc en me spécialisant très très fort en traumaalors se spécialiser très fort ça a beaucoup d'avantages mais ça a aussi des inconvénientsc'est qu'il ya plein de choses qu'on ne sait pas faire et donc mon souhait ça a étéça a vraiment été de m'entourer de personnes qui ont des pratiques différentes de la mienneet qui vont pouvoir offrir des accompagnements complémentaires en fait et donc à l'espaceouvert je me suis entouré par exemple d'un coach physique qui va donc c'est un coachsportif mais chez nous on appelle ça un coach physique parce que c'est pas toujours du sportqui fait avec ses clients et donc à qui par exemple je vais pouvoir orienter des patientsqui ont été sidérés qui ont été figés que moi je remets en mouvement on va diredans les objectifs et tout ça mais une fois qu'il s'agit de travailler sur la remise enroute du corps en tant que tel c'est un coach physique qui prend le relais je travailleaussi avec une praticienne en shiatsu qui est d'ailleurs spécialisée aussi dans l'accompagnement
00:54:46du trauma et qu'elle va elle va plus travailler sur les énergies moi je suis pas je saispas travailler sur les énergies on a aussi une praticienne en acupuncture qui va aussipouvoir travailler avec les outils de la médecine chinoise sur les traumas et surd'autres choses on a une profileuse alimentaire qui va pouvoir aussi travailler sur les émotionsà travers l'alimentation par exemple on a des coachs qui vont pouvoir une fois quela personne est remise en mouvement celle qui qui était pas du tout actrice de sa vielà ok génial je deviens plus actrice mais maintenant tout je dois tout remettre enmarche hop j'envoie chez une coach qui on a encore on a des masseuses super intéressantson a trois masseuses à l'espace au vert qui travaillent toutes les trois de manière différentesuper intéressants pour reconnecter au corps donc voilà on est une équipe de 13 personnesmaintenant vous pouvez nous retrouver à hittre donc à l'espace au vert on a un siteinternet espace au vert tiré hittre.be et alors on a une page facebook aussi l'espaceau vert à hittre sur facebook avec tout ce qu'on organise comme activitémerci beaucoup caroline je mettrai toutes les informations dans les notes de l'épisodej'étais content d'être au micro avec ma collègue ma consoeur caroline ferrence pourparler de cette thématique de la sexologie post traumatisante c'est un sujet elle a
00:56:16montré à quel point elle le vit elle l'accompagne si bien au quotidien et donc ça m'a faiténormément plaisir qu'elle réponde positivement à cette invitation et j'ai trouvé ce cetépisode tellement enrichissant il ya tellement de choses qu'on a abordé et pour vous quil'écoutez que vous avez vécu ça des expériences traumatisantes de près ou de loin j'espèreque ça a pu donner des pistes j'espère que ça a pu aussi déculpabiliser s'il y a de laculpabilité de pouvoir vous donner confiance si par exemple il ya une paire de confiance une hontevis à vis à des expériences que vous avez pu peut-être vivre subir je vous invite grandementà aller regarder sa page ou alors à contacter des psychologues qui sont spécialisés en traumasi cet épisode vous a plu cet épisode vous a fait du bien cet épisode vous a permis de mettre desmots sur des choses que vous avez vécu alors je suis contente que vous l'ayez écouté même sipeut-être certains passages n'ont peut-être pas été évidents je vous remercie pour votre écouteje vous remercie pour votre fidélité pour faire vivre ce podcast pour le diffuser n'hésitez pasà le partager à votre entourage à des amis à quelqu'un qui peut-être se retrouve là dedansaujourd'hui dans une sexologie dans une sexualité pardon post traumatique n'hésitez pas à le partageraussi à des professionnels de la santé qui accompagnent sûrement aussi des personnes quiont eu des violences sexuelles au cours de leur vie je vous dis à très vite en attendant de revenir
00:57:50dans vos oreilles je vous souhaite de belles expériences intimes à bientôt