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#51 Julie Lambert-Carabin: Les auteur.rices de violences conjugales



TW ūüíõ : cet √©pisode aborde le sujet des violences du c√īt√© des auteurs et autrices.

Mon invit√©e est Julie Lambert-Carabin. Julie est intervenante psycho-sociale au sein de l’Asbl Praxis, une association francophone en Belgique qui lutte contre les violences conjugales et intrafamiliales en accompagnant les auteurs et autrices dans des groupes de responsabilisation.

Dans cet épisode, vous allez nous entendre parler de :

  • La mission de Praxis : qu’est-ce qu’un parcours de responsabilisation ?
  • Les pr√©valences chez les auteurs / autrices.
  • L’importance de penser aux victimes et de de prendre en charge les auteur.rice.s de violence.
  • Justice restauratrice et justice transformatrice
  • Les b√©n√©fices √† r√©aliser un parcours de responsabilisation
  • Comment peut-on continuer √† lutter contre les violences? 

Pour retrouver mon invité.e :

Ressources pour aller plus loin :

Transcription :

00:00:00
Vous écoutez Camille Parle Sex, votre podcast bien être sexuel inspirant.

00:00:10
Je suis Camille Bataillon, sexologue clinicienne.

00:00:13
Dans ce podcast, vous l’aurez compris, je parle de sexe, de la sexualit√© au sens large.

00:00:18
Ce podcast, c’est un peu comme dans ma vie.

00:00:21
Je fais les choses au plus simple, sans prise de tête et selon mes propres règles.

00:00:25
Je vous parle en suivant mon humeur du moment, ma motivation, mais surtout mon instinct.

00:00:29
Pour vous donner votre dose d’inspiration.

00:00:31
Avec mes invit√©s ou en solo, je souhaite vous donner la cr√®me de la cr√®me en sexologiepour r√©fl√©chir ensemble √† la sexualit√© et vous offrir le meilleur de l’√©ducation sexuelle.

00:00:42
J’esp√®re ainsi vous inspirer dans votre intimit√©, que ce soit seul, √† deux ou √† plusieurs,et faire vibrer votre sexualit√©.

00:00:49
Alors, bienvenue !

00:00:53
Je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode.

00:00:56
C’est un √©pisode que j’ai travaill√© √©norm√©ment en amont avec mon invit√©, Julie Lambert-Carambin.

00:01:02
C’est un sujet important, c’est un sujet sensible, c’est un sujet qui est peut-√™tre encore trop peu abord√©et pourtant on voit de plus en plus de podcasts, de films, de documentaires l√†-dessus.

00:01:16
C’est la prise en charge des auteurs et autrices de violences, de violences conjugales.

00:01:21
D√©j√†, avec Julie, √ßa nous semblait important de dire qu’ici on va avoir une conversationautour des violences conjugales et notamment du point de vue des auteurs et des autriceset surtout que √ßa peut √™tre difficile des fois d’avoir un discours juste,on va bien s√Ľr essayer de nuancer le plus possible,mais d’un discours juste lorsqu’on s’adresse √† un large public,une population g√©n√©rale, aux professionnels, aux victimes et aux auteurs et aux autrices.

00:01:41
On englobe tellement de monde qu’effectivement √ßa va √™tre difficile d’inclure tout le monde.

00:01:46
On va faire du mieux que possible et surtout ce n’est pas parce qu’on parle de la prise en chargedes auteurs et autrices que cela vient nier le v√©cu des victimes ou que cela implique que ce n’estpas important de soutenir les victimes. Au contraire, mon intention pour ce podcast,c’est que je vais essayer de poser les mots les plus justes possibles dans toute cette intervention.

00:02:04
Peut-√™tre qu’il y aura des maladresses et si c’est le cas, je m’excuse d’avance.

00:02:07
Et surtout, soyez libre d’arr√™ter d’√©couter cet √©pisode √† tout moment, surtout si vous commencez√† ne pas vous sentir bien en l’√©coutant. Je vous invite √† en parler √† un ou une professionnelle de sant√©.

00:02:16
Il y a déjà quelques épisodes sur les agressions sexuelles.

00:02:20
C’√©tait l’√©pisode sur la sexualit√© post-traumatique et surtout l√† c’√©tait abord√© du c√īt√© des victimes.

00:02:24
Et pour moi, √ßa me semble impensable d’aborder les agressions, les violences en se focalisantseulement sur un aspect, que ce soit les agresseurs ou que ce soit les victimes,pour pouvoir penser, avoir une r√©flexion l√†-dessus, √©viter les r√©cidives, parce que c’est quand m√™meaussi l’objectif et la pr√©vention √©videmment pour √©viter qu’il y ait des agressions en premier lieuet en deuxi√®me lieu pour √©viter les r√©cidives un maximum, c’est aussi de comprendre ce qui sepasse pour les auteurs et les autrices et comment on peut avoir une meilleure prise en charge pour√©viter justement les r√©cidives. Mon invit√© du jour pour parler des auteurs et autrices de violencesconjugales c’est Julie Lambert-Carabin. Julie elle est intervenante psychosociale au sein de la SBLPraxis en Belgique. C’est une association francophone qui lutte contre les violencesconjugales et intrafamiliennes en accompagnant les auteurs et autrices dans des groupes deresponsabilisation. Dans cet √©pisode on va voir quelle est la mission de cette association, dequoi parle-t-on vraiment quand on parle de violences conjugales, est-ce que √ßa regroupe d’autres typesde violences, quelles sont les pr√©valences entre les auteurs et les autrices de violences, pourquoic’est important de prendre en charge finalement ces auteurs et autrices de violences, pourquoi aussi√ßa peut √™tre un sujet sensible et pourquoi certaines victimes ont le sentiment d’√™tre moins bien priseen charge que les auteurs. Et puis Julie nous partagera aussi son travail, comment elle accompagne

00:03:47
les auteurs et les autrices, les √©changes qu’il peut y avoir dans ces groupes-l√†, les choses qui√©mergent et les limites aussi de ce travail-l√†. Et puis on terminera l’√©pisode en se demandant commenton peut continuer √† lutter contre les violences. Je vous souhaite une bonne √©coute et comme d’habitudeallez voir dans les notes de l’√©pisode parce qu’on va vous mettre plein de ressources dont on va parlertout du long de cet √©pisode. Il y aura un acc√®s plus particuli√®rement √† la Belgique parce que c’estle lieu de travail de Julie. Je vous mettrai aussi des ressources pour la France. Bonne √©coute !

00:04:16
Bonjour Julie, bienvenue sur Camille parle sexe. Salut Camille, merci de m’inviter sur ton podcast.

00:04:23
√áa fait plaisir, on se conna√ģt, on a fait le master en sciences de la famille et sexualit√© ensembleen Belgique et l√† on enregistre ensemble dans la m√™me pi√®ce, c’est la premi√®re fois que je le faisdonc j’esp√®re que √ßa ira niveau technique. Bon bah aujourd’hui comme on l’a dit en intro,c’est un sujet assez profond, particulier et √ī combien important et Julie quand on a pr√©par√©cet √©pisode, d’ailleurs c’est un des √©pisodes que j’ai le plus pr√©par√© en amont avec toi,avec l’invit√©, il y a quelque chose qui te semblait important de mentionner avant qu’on aille plus loindans l’√©pisode. Oui merci beaucoup Camille, en fait il y avait deux points qui sont importants pour moi,c’est d√©j√† avant de commencer cet √©change, de pouvoir mettre en garde les auditeurises sur lefait que nous allons aborder des sujets d√©licats autour des violences conjugales et donc que l’oninvite les personnes √† √©couter cette conversation dans des conditions confortables et l’autre d√©tailimportant que je voulais pr√©ciser, c’est de rappeler que mon intervention elle te pointe d’un point devue situ√©, que je prends la parole en tant qu’intervenante psychosociale qui accompagne desauteurs et auteuristes de violences conjugales et intrafamiliales dans des parcours de responsabilisationet que je ne fournis pas un travail de recherche ou de compilation de la litt√©rature et que mesobservations elles s’encrevent avant tout dans des connaissances mais aussi dans des valeurs personnelles,dans des valeurs militantes √† un moment donn√© et donc je me dis c’est possible que peut-√™tre

00:05:56
dans un mois en fonction de la recherche mais mon point de vue soit caduc mais aussi qu’ils nerepr√©sentent pas l’ensemble des positions qui sont partag√©es par les membres de l’ASBL o√Ļ jetravaille ou l’ensemble des travailleurs et travailleuses qui interviennent aupr√®s desviolences conjugales. Merci pour cette pr√©cision c’est important et alors tu dis que tu travaillespour une ASBL c’est Praxis, que fait Praxis et quelle est sa mission ? C’est en Belgique doncquelle est la mission de Praxis ? C’est √ßa donc on est bas√© en Wallonie et en r√©gionBruxelles-Capitale. En fait nos activit√©s sont encadr√©es par un arr√™t√© royal celui de 1994 parrapport √† l’accompagnement des mesures alternatives et la pr√©vention de la criminalit√© donc √ßa veutdire que nos actions elles sont dans le cadre de la justice p√©nale et dans les peines alternatives.

00:06:48
L’ASBL a √©t√© cr√©√© un peu plus t√īt avant cet arr√™t√© en 1992 et notre but c’est l’animation degroupes de responsabilisation pour auteurs et autrices de violences conjugales mais aussil’organisation d’actions d’information et de formation √† l’√©gard des professionnelsnotamment via ce que l’on appelle les p√īles de ressources et la participation et l’√©laborationd’un travail de r√©seau avec les services d’accueil de victimes, les services de police,les services judiciaires et les services m√©dicaux sociaux en g√©n√©ral. Nous notre but c’est de mettrele b√©n√©ficiaire au coeur de notre dispositif, de l’accompagner dans le respect, dans la dignit√© etl’inviter √† avoir une place d’acteur et de contribuer √† la pr√©vention de la r√©cidive en mati√®re deviolences conjugales et intrafamiliales tout en se pr√©occupant de l’ensemble des parties dansces situations. Donc l√† pour r√©sumer les b√©n√©ficiaires c’est vraiment les auteurs et autricesparce que vous accompagnez et des hommes et des femmes qui ont commis des violences. On parlepas forc√©ment de violences en tout genre ou vraiment la sp√©cifique aux violences conjugales.

00:08:01
Ici c’est violences conjugales ou violences intrafamiliales et en fait la porte d’entr√©eprincipale c’est la justice. Je pense qu’environ pour 70% 75% c’est des personnes qui ont vu soitle procureur du roi qui sont en reconnaissance des faits, soit qui sont pass√©s devant le tribunalcorrectionnel et donc pour lequel il y a eu un jugement. Et alors forc√©ment vu que l’apportd’entr√©e c’est l’apport d’entr√©e de la justice, c’est souvent des personnes pour lesquelles il fautce qu’on appelle la mat√©rialit√© des faits et donc c’est des gens qui viennent pour de la violenceprincipalement violences physiques, les coups et blessures ayant entra√ģn√© des incapacit√©s,mais aussi tout ce qui est harc√®lement et violence sexuelle. Mais au del√† de √ßa on accompagne d√©j√†des personnes qu’on dit volontaires, en tout cas sans contrainte judiciaire, peut-√™tre avec d’autrescontraintes mais qui n’est pas judiciaire et pour un ensemble de comportements. Souvent en fait onva faire ce qu’on appelle des phases pr√©alables donc on va rencontrer ces personnes avant deles int√©grer concr√®tement dans notre dispositif de prise en charge. C’est d√©j√† un travail enamont et c’est un travail de mise en lien mais aussi d’information et de pouvoir savoir quelssont les comportements de violence que l’on va travailler et on va mettre l’accent sur laviolence physique, la violence verbale, la violence psychologique, la violence √©conomique, sociale,la violence sexuelle, la violence envers objet et la violence aussi qui pourrait toucher les animaux

00:09:29
ou et de toute fa√ßon en fonction de toutes les victimes que ce soit le ou la partenaire,les enfants qu’on va vraiment situer dans ce processus en tant que victime et t√©moin de cesfaits l√† et puis comme on travaille aussi avec des violences intrafamiliales √ßa peut √™tre les parents,les fr√®res et sŇďurs, les oncles et tantes, toute personne. En fait c’est le travail autour desviolences lorsqu’il y a un lien et du coup un lien souvent affectif avec la personne qui est d√©sign√©ecomme victime. Donc ces violences avec un grand V et les b√©n√©ficiaires enfin √ßa englobe en faittoutes les personnes impact√©es par ces violences que ce soit les auteurs, autrices et victimes.

00:10:10
Donc nos b√©n√©ficiaires nous c’est uniquement les personnes reconnues comme auteurs mais on va avoirun certain soin d’incarner on va dire les victimes. Tu parlais tout √† l’heure √† Tr√®s Juste Ciste enintroduction du film que tu as vu hier soir donc je verrai toujours vos visages qu’il y a un film o√Ļil peut y avoir des victimes qui sont convoqu√©es ou des auteurs qui sont convoqu√©es. Nous on n’a pasce genre de dispositif l√†. Lorsque l’on va on va dire convoquer une victime c’est plut√īt de mani√®reimaginaire c’est li√© √† l’empathie √ßa peut √™tre soit dans des jeux de r√īle et imaginer ce qu’a puvivre cette personne au moment des faits de violence ou avant ou apr√®s mais c’est aussi pouvoirutiliser √† certains moments des documentaires ou du mat√©riel audio de mani√®re je veux diretierce faire incarner les autres personnes qui √©taient pr√©sentes. Et les b√©n√©ficiairesc’est eux et elles qui viennent √† vous et si c’est le cas est ce que c’est de mani√®re volontaireou c’est parce que la justice les oblige √† faire cette d√©marche ce processus. Donc on a plusieursparcours il y a le parcours judiciaire habituel et en fait apr√®s avoir vu le procureur du roi ouapr√®s avoir √©t√© au tribunal correctionnel ces personnes sont redirig√©es vers les maisons dejustice o√Ļ ils vont avoir un ou une assistante de justice qui va v√©rifier et √©tablir uneguidance et ce sont les assistants de justice qui vont nous envoyer des fiches d’inscription etcertaines fois les jugements sur ces fiches d’inscription on a les coordonn√©es et c’est √†

00:11:48
nous de contacter la personne pour avoir pour proposer des entretiens en face pr√©alable et puisquand la personne est volontaire alors souvent c’est elle qui se pr√©sente √† nous par t√©l√©phonedonc elle nous appelle pour √©voquer une situation qu’elle a v√©cu et alors √† ce moment l√† on vaouvrir un dossier et proposer la m√™me chose une face pr√©alable. En soit le parcours est assezsimilaire il y a quelques diff√©rences mais l’offre de service est la m√™me que l’on soit judiciairis√©ou dit volontaire. Et j’ai deux questions qui me viennent c’est la premi√®re c’est les pr√©valencesentre les auteurs et autrices et puis la deuxi√®me par rapport √† ce que tu disais je pourrais r√©p√©terma question apr√®s c’est pourquoi une personne donc auteure ou autrice de violence qu’est-cesont leurs motivations quand elles viennent pourquoi pourquoi elles disent oui √† entrer dans ce dispositifAlors pour la pr√©valence en tout cas au niveau de praxis je vais prendre le plus petit chiffre l√†notre rapport annuel d’activit√© a montr√© qu’en 2022 on a accompagn√© 4,7% de femmes donc parmitoute la population qu’on a accompagn√© il n’y en avait que 4,7% qui √©taient des femmes donc nouson accompagne principalement des hommes ces donn√©es l√† elles sont diff√©rentes que celles qu’on peuttrouver dans la litt√©rature soit dans les recherches sur les exp√©riences de victimologie et o√Ļ lespersonnes vont s’auto d√©clarer victime et on est plut√īt en fait on a une grande recherche enBelgique en 2015 sur la population belge et c’√©tait parmi les personnes qui se reconnaissaient

00:13:24
√™tre victimes de violences conjugales il y avait 29,6% d’hommes et 7,4% de femmes et dans lesenqu√™tes au niveau du parquet belge c’est 24% de femmes et 7 qui sont donc 24% de femmes quisont signal√©es au parquet pour au moins un fait de violences entre partenaires et 76% d’hommes enfait c’est assez particulier parce que √ßa traduit des m√©thodologies diff√©rentes √ßa traduit peut-√™tredes genres qui sont tr√®s binaires mais qui sont pas repr√©sentatifs des relations ou des dynamiquesdans ces relations nous c’est important de dire auteur et autrice parce que on veut pouvoiraccompagner n’importe qui et qu’importe le genre que ce soit une persinensis, une personne trans,une personne non binaire mais aussi qu’importe la relation on accompagne pas que des personnes quisont dans des relations h√©t√©ro ou h√©t√©ra m√™me si c’est la norme dans notre activit√© mais c’esth√©t√©ra, alors √©coute j’ai √ßa sous les yeux c’est n√©ologisme militant exp√©rimentant laf√©minisation du terme familier h√©t√©ro pour h√©t√©ro sexuel en gros donc c’est des couples h√©t√©rosmais sous le prisme f√©minisme oui c’est √ßa ok ok donc par rapport √† la pr√©valence donc voil√†vous disiez vous vraiment dans ce que vous faites c’est vraiment de mani√®re inclusive peu importele genre l’orientation sexuelle vous accueillez les personnes auteurs et autrices c’est √ßa et lesdispositifs seront quand m√™me diff√©rents parce que comme je viens de le dire on n’a que 4,7%de notre population qui est des femmes d√©j√† c’est des groupes qui sont non mixit√© ce qui est assez

00:15:11
important pour nous pour d√©j√† assurer une s√©curit√© pour chacun pour que le travail degroupe soit pas on va dire sabot√© par des r√©criminations de personnes qui repr√©senteraientl’autre genre ou les victimes etc ou les auteurs et donc c’est plut√īt de choisir en fonction dugenre les personnes mais aussi comme on a peu de femmes on peut pas faire ce qu’on appelle lesgroupes ouverts nous c’est notre offre de service donc en fait peut-√™tre pour parler du parcoursg√©n√©ral √ßa commence la r√©ception de l’affiche d’inscription ou la r√©ception d’une demande ily a ensuite une phase qu’on va appeler la phase pr√©alable avec deux trois entretiens le butc’est de cr√©er un lien avec cette personne de sinc√®rement vouloir apprendre √† la conna√ģtre etensuite de pouvoir aborder l’effet de violence puis le travail au sein du groupe et ensuite il y a und√©lai d’attente et ces personnes int√®grent ce qu’on appelle des groupes ouverts ces groupesils n’ont ni d√©but ni fin c’est √† dire qu’il y a un certain nombre de participants quand unparticipant a termin√© sa mesure il laisse sa place √† un nouveau participant ou quand un participantabandonne sa mesure il laisse sa place √† quelqu’un d’autre et c’est comme √ßa que c’est des groupesqui n’ont pas de fin et ces groupes l√† on les fait chaque semaine donc on rencontre ces personnespendant 21 s√©ances √ßa dure six mois et c’est deux heures chaque semaine moi par exemple j’anime desgroupes le mercredi soir et le jeudi soir de 18 √† 20 heures on a des groupes tous les jours on a

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le lundi en journ√©e on a le vendredi aux journ√©es et donc √ßa c’est notre offre de service et dansle film justement je verrai toujours vos visages √ßa se passe en prison est ce que l√† toi tu vasdans les prisons ou c’est dans un autre lieu non nous on travaille plut√īt dans les cadres de sursiset donc on est on n’est jamais dans des lieux ferm√©s dans l’historique de praxis il ya eu cetravail en d√©tention maintenant c’est li√© en fait √† des d√©cisions politiques par rapport √† un certainbon je vais pas m’attarder l√† dessus parce que de toute fa√ßon je ma√ģtrise pas non plus mais onsait plut√īt d’autres asbl comme le slash par exemple le service d’action la√Įque d’aide aujusticiable qui va faire ce travail d’accompagnement en d√©tention qui est d’ailleurs un travailn√©cessaire que ce soit en d√©tention ou pour pr√©parer la sortie tu me posais cette questionde ce dont on aurait besoin pour la suite mais √ßa peut √™tre un des points √† r√©fl√©chir et du couppar rapport aux motivations qu’est ce qui motive les personnes √† entrer dans ce dispositif o√Ļ c’est21 s√©ances deux heures chaque semaine pendant six mois je souris parce que c’est la contrainte lamotivation c’est √† dire que assez rarement les personnes que je rencontre en fait d’ailleurs c’estdit en phase pr√©alable vous me rencontrez alors que vous n’avez pas envie personne ne prend unrendez-vous avec moi c’est √† dire que c’est √ßa qui est vraiment tr√®s particulier on re√ßoit unefiche d’inscription ils ne choisissent pas non plus l’intervenant qu’ils vont rencontrer au sein

00:18:19
de la sbl c’est pour √ßa l’importance de pouvoir apprendre √† minima √† se conna√ģtre en phasepr√©alable la motivation premi√®re mais c’est la contrainte honorer des conditions judiciairespeut-√™tre faire en sorte que l’action publique soit √©teinte et donc il n’y ait pas de traces dansle cas et judiciaire c’est pouvoir finir sans sursis et donc retourner √† un autre type de vie quisoit pas une vie sous guidance et puis ensuite dans le groupe on peut cr√©er des motivations qui sontinternes et m√™me certaines personnes ont des motivations internes en face r√©el √† la mais enfinil pour moi c’est important de pas oublier que c’est un travail sous contrainte et qu’on est li√© √† lajustice ensuite les motivations elles sont aussi pr√©sentes en face pr√©alable c’est juste que cedispositif va prendre toute la place mais il peut y avoir plein de choses il peut y avoir ben jej’ai caus√© un tort ou un pr√©judice √† la personne que j’ai aim√© et donc j’ai souhait√© r√©parer √ßa jesuis une personne qui a d√©j√† agi des comportements de violence dans mon couple ou en dehors de moncouple et donc √ßa m’interroge j’ai envie de faire le lien entre ma consommation d’alcool de drogueet ce que j’ai pu agir ce que j’ai fait va √† l’encontre de mes valeurs et j’ai extr√™mement honte jesouhaite continuer √† avoir la garde de mon enfant mais puisque j’ai agi de la violence sur la mer dela violence grave ou si mon enfant √©tait t√©moin le tribunal de la famille ne me permet pas d’√™trep√®re √ßa peut √™tre ce genre de probl√©matiques l√† les motivations souvent elles √©mergent davantage

00:19:53
dans le groupe qu’en face pr√©alable mais peuvent √™tre pr√©sentes c’est ce que j’allais dire c’estqu’en fait c’est √©videmment la premi√®re porte d’entr√©e c’est un peu la contrainte et l’int√©r√™tvis-√†-vis de la justice exactement et que dans un deuxi√®me temps √† l’int√©rieur du groupe quandon creuse quand on laisse effectivement des r√©flexions √©merger de l’espace aussi pourdiscuter peut-√™tre m√™me pour la premi√®re fois pas l√† il ya d’autres motivations et desquestionnements des r√©flexions et peut-√™tre des remises en question oui c’est pour √ßa que legroupe c’est notre outil principal et d’ailleurs on ne propose pas nous de suivi individuel c’estvraiment ou alors c’est poste groupe mais nous c’est uniquement le groupe pour cr√©er cetteconfiance pour cr√©er une sorte de syst√®me certaines fois de paire et danse donc chacunont une expertise par rapport √† un v√©cu de violence et donc chacun aussi a d√©j√† mis enplace des strat√©gies souvent c’est les personnes que l’on accompagne peuvent t√©moigner de nombreusestensions qu’ils ont r√©ussi √† r√©soudre de mani√®re positive ou en tout cas sans agir de comportementde violence et puis √† un moment donn√© ou √† plusieurs moments il ya eu des comportements deviolence et donc c’est de voir ensemble qu’est ce qu’ils ont d√©j√† mis en place comment est ceque √ßa peut √™tre am√©lior√© quelles sont les id√©es quels sont les regards c’est aussi diff√©rent dupositionnement des intervenants nous on a un positionnement d√©j√† on est pay√© pour faire ce

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travail l√† souvent on est aussi des personnes qui sont favoris√©es dans mes duos on est despersonnes qui sont non racis√©es et donc peut-√™tre que aussi on a un pouvoir par rapport aux personnesqu’on accompagne qui est diminu√© si les interventions sont faites par les autresb√©n√©ficiaires je sais plus pourquoi je disais tout √ßa ouais mais c’est vraiment en fait c’estl’intelligence collective en fait vous vous √™tes m√™me presque en retrait pour laisser l’intelligencecollective du groupe m√™me faire son travail c’est √† dire que en fait que les uns les unespuissent s’interagir alors √ßa en ont m√©xit√© mais que chacun chacune puisse s’interagir et m√™meproposer des pistes de solutions par du v√©cu et pas simplement vous du haut de votre position dujeu sachant etc. venir transmettre des connaissances vous √™tes l√† pour apporter des r√©flexions et legroupe va r√©fl√©chir √† leur propre solution c’est √ßa donc nous on est garants d’une structure on estgarants d’une s√©curit√© d’une confiance et d’un cadre qui est assez strict dans ce groupe l√† pourpermettre le travail et on doit aussi √™tre garants des exercices que l’on propose pour viser √† cequ’on appelle la responsabilisation et donc la diminution de la r√©cidive √ßa c’est nos objectifs√† nous et donc √ßa nous de cr√©er des s√©quences d’animation qui vont avoir des objectifs alors soiten lien avec ce qu’ils ont pu dire leur motivation soit en lien avec ce que nous on envisage pour euxet ensuite c’est forc√©ment ce travail il est effectu√© par le groupe c’est en fonction de leur

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r√©flexion de leurs interpellations que l’on peut avancer pourquoi c’est important de prendre encharge les auteurs et autrices de violences √ßa me fait sourire parce que je trouve √ßa √©tonnantqu’il faille poser cette question je fais et l√† c’est plut√īt par rapport √† mes valeurs mais jevois pas comment si on estime qu’il y a un probl√®me qui est un probl√®me de soci√©t√© si on prend pasen charge les personnes que l’on d√©signe √™tre ce probl√®me ou en tout cas qui manifestent ceprobl√®me l√† comment est ce qu’on peut esp√©rer un changement il ya une tr√®s tr√®s grosse enqu√™teen belgique qui est l’enqu√™te ipv de belspo et qui montre par exemple que le taux d’incidence desviolences conjugales malgr√© le fait qu’en belgique on est un syst√®me qui s’appelle un syst√®me detol√©rance z√©ro est similaire donc l’action r√©pressive n’est pas efficace par ailleursl’action r√©pressive et m√™me la hauteur de la sanction p√©nale am√®ne √† une augmentation de lar√©cidive voil√† je devance un petit peu les questions par rapport √† la r√©cidive maisj’avais j’avais r√©cup√©r√© quelques chiffres alors parce que justement l’id√©e dans tout ce parcoursc’est de venir responsabiliser c’est un parcours de responsabilisation pour √©viter un le taux der√©cidive mais l√† de ce que tu disais c’est sinon dans un autre parcours qui est en dehors depraxis etc l√† quand c’est des actions r√©pressives le taux de r√©cidive est plus √©lev√© donc praxisfait quand m√™me partie donc du syst√®me p√©nal et fait quand m√™me partie d’une action r√©pressive

00:24:33
puisque c’est une peine alors c’est une peine alternative mais s’il ya des manquements ils sontsignal√©s et il ya un passage √† la commission de probation et il ya une peine qui plus lourde quiprononcer et par exemple s’il ya une condamnation avec emprisonnement ou s’il ya une amende on estenviron √† 52% 54% de r√©cidive sur les deux ans et r√©cidive signal√© ici dans cette enqu√™te doncc’est l’enqu√™te de charlotte van est ces nouveaux signalements sur les deux ans donc c’est c’estabsolument √©norme alors que dans des donc m√©diation p√©nale c’est quand on rencontre le procureur duroi c’est la m√©diation et mesure c’est en gros le plus petit niveau √ßa fait infraction police procureurdu roi m√©diation et mesure on a des taux de r√©cidive qui sont de 36% et quand il ya un suivi√† praxis donc le taux moyen de r√©cidive c’est 21% alors quand le parcours est compl√©t√© c’est de18% et quand par contre il est abandonn√© c’est de 24% c’est un peu pareil pour les m√©diationsquand elles sont finies c’est 25% mais quand elles sont refus√©es est cette 49% donc on faittoute peine ou toute alternative qui n’est pas respect√©e ou pour lequel il ya un abandon vaaugmenter le taux de r√©cidive notamment parce que la peine qui sera prononc√©e sera encore plusj’ai envie de dire c’est peut-√™tre pas le bon mot mais oppressif c’est √† dire qu’elle va priver lapersonne de ses ressources et donc il n’y aura pas forc√©ment d’accompagnement par rapport √† √ßa parau retour en libert√© et donc qui va augmenter notamment le taux de r√©cidive et pour toi qu’est

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ce qui fait que ce taux de r√©cidive est un peu plus bas de par l’accompagnement et l√† c’est peut-√™treplus peut-√™tre m√™me personnel mais selon toi qu’est ce qui aide justement dans ce parcours deresponsabilisation √† diminuer ce taux de r√©cidive je pense qu’il ya plusieurs choses c’est pasdiscut√© dans l’article et donc c’est juste mon interpr√©tation mais d√©j√† le fait d’avoir unepeine alternative c’est passer √† c√īt√© des cons√©quences de la prison donc √ßa veut direque c’est ne pas vivre une situation d’incarc√©ration dans lequel on peut subir des victimisations dela part des autres d√©tenus de la part du syst√®me p√©nal mais c’est aussi pouvoir continuer d’√™treins√©r√© de mani√®re socio-√©conomique de pouvoir continuer √† avoir un lien avec ses proches alorsque √™tre en d√©tention √ßa demande aussi et √ßa va pr√©cariser l’ensemble de la famille par exempleles allocations sont diff√©rentes elles sont donn√©es par la justice et sont moindres et donc vontp√©naliser l’ensemble de la famille et pas seulement la personne incarc√©r√©e √ßa demande √† ce qu’il y aitdes proches qui puissent se √™tre soutenants et donc apporter du linge faire des lessives donnerde l’argent pour avoir c’est pas des conditions de vie minimale c’est vraiment pas du confortdonc d√©j√† la mani√®re dont on prononce les peines alternatives √ßa permet d’√©viter ces exp√©riencesl√† et ensuite on peut estimer que praxis peut apporter en tout cas notre travail peut apporterquelque chose on a des √©tudes quantitatives on a fait une √©tude quantitative sur par exemple l’impact

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des parcours de responsabilisation sur l’alexittimie donc l’alexittimie c’est le fait d’avoir desdifficult√©s √† identifier ces √©motions et de pouvoir du coup les utiliser ne serait-ce quepour prendre des d√©cisions c’est en lien notamment avec l’impulsivit√© qui peut √©galement √™tre enlien avec les affects d√©pressifs les consommations et le fait d’agir des comportements de violencemais on sait qu’un parcours va permettre de diminuer les difficult√©s √† identifier les √©motionsmais il y a aussi une autre √©tude alors qui est pas sur praxis mais qui est sur un dispositif quiest similaire qui s’appelle arp√®ge pr√©lude qui est ici pour d’autres types d’infractions c’estaussi des suivis de groupes mais propos√©s de mani√®re diff√©rente et ce qui me ce que je trouvaisvraiment int√©ressant c’√©tait l’id√©e que ces groupes de parole pouvaient permettre d’avoir desespaces pour soi et donc c’est un endroit o√Ļ on peut apprendre √† s’exprimer ce qui n’est pasforc√©ment une √©vidence c’est un endroit o√Ļ ce que l’on dit √† une certaine valeur c’est permettred’√©changer ces id√©es et de se sentir √©cout√© valoris√© c’est un endroit o√Ļ on peut apprendreparce que m√™me si on est beaucoup dans des r√©flexions dans des discussions √† un certainmoment va utiliser des mod√®les particuliers o√Ļ je pense notamment hier on a fait une s√©ance surle parcours judiciaire le parcours p√©nal pour certains c’√©tait compl√®tement flou c’est √† direque le proc√®s il ne savait pas d√©j√† qui √©taient les diff√©rents magistrats en face d’eux qui √©tait

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le procureur du roi etc et donc juste d√©j√† d’avoir pu comprendre quel a √©t√© leur parcoursquels √©taient les demandes de la justice √ßa a pu √™tre dedans donc ici on peut dire voil√† ily a des apprentissages qui se font sur le syst√®me judiciaire mais surtout en tout cas pour nous c’estsur les relations c’est sur les valeurs dans les relations c’est des parcours qui permettent der√©fl√©chir sur soi sur son parcours de vie on a des exercices sp√©cifiques qui permettent √† lapersonne de t√©moigner de son parcours de vie et que ce soit de son enfance de son v√©cu de victimisation√† certains moments de ses fiert√©s aussi de pouvoir se pr√©senter diff√©remment c’est r√©fl√©chir surses actes sur trouver des outils dans le quotidien penser √† l’avenir c’est important aussi de pouvoiravoir des parcours qui sont centr√©s sur les besoins des b√©n√©ficiaires et la mani√®re dontils pourraient r√©pondre √† ses besoins en gros pour avoir une bonne vie pour se sentir ins√©r√© et pourse sentir valide dans la soci√©t√© et puis √ßa permet √©galement de se d√©centrer de soil’apprentissage des √©motions c’est aussi l’apprentissage de l’empathie c’est aussi rencontr√©dans ces groupes des personnes qui sont diff√©rentes on a vraiment tout statut socio-√©conomique et doncc’est aussi apprendre √† avoir les difficult√©s les forces de chacun les histoires de chacun plus pourmoi un groupe est d’autant plus riche qu’il est nourri des diff√©rences de chaque individu et puisc’est aussi on esp√®re une √©volution du comportement certains vont pouvoir t√©moigner que je pense que

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c’est dans peut-√™tre pas dans le film le parcours du combattant mais pour notre l’ann√©e derni√®rela sbl a eu 30 ans et donc dans le cadre d’un colloque qu’on a organis√© on a fait des s√©ancesdes capsules de vid√©os avec t√©l√©vision du monde et il y a plusieurs petites capsules et il y avaitjustement des personnes qui ont b√©n√©fici√© des parcours de praxis il y a trois personnes quit√©moignent et c’est vraiment assez riche comme t√©moignage et certains peuvent dire maintenantpar exemple j’ai appris √† r√©fl√©chir avant d’agir √ßa peut para√ģtre assez na√Įf mais √ßa veut direque peut-√™tre pour cette personne c’est un apprentissage par rapport √† son impulsivit√©ou peut-√™tre juste √† sa mani√®re de r√©fl√©chir et d’anticiper l’avenir donc c’est d√©j√† un pasextr√™mement important c’est tellement important ouais et quand j’entends √ßa je me dis bah oui enfinsans √ßa je vois pas comment s’il n’y a pas des pistes de r√©flexion de cet espace de parole dece qui est cet espace de parole √ßa veut dire qu’on peut aussi r√©fl√©chir ce sens aussi ducollectif de d√©velopper l’empathie enfin oui on se dit ah bah oui c’est basique mais il y en acombien m√™me sans avoir √©t√© auteur ou autrice de violence qui ont pas cette facilit√© l√† et que √ßas’apprend et donc √ßa peut s’apprendre aussi via des parcours comme √ßa et puis il y a une autrepens√©e qui est aussi pour les victimes quand elles entendent √ßa elles se disent bah ok ils ont unepeine alternative alors que moi ce que chouette c’est que cette personne aille en prison que je

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ne la revois plus que je ne la croise plus que je me sente prot√©g√©e pour toi qu’est ce que est ceque tu as des retours aussi des fois par rapport aux victimes qui ont peut-√™tre ce sentiment enentendant √ßa que bah elles sont peut-√™tre moins bien prises en charge que des fois peut-√™tre lesauteurs et autrices de violence oui alors je veux vraiment √™tre tr√®s prudente au niveau de cettequestion l√† puisque mon travail c’est un accompagnement des auteurs et donc j’ai peuacc√®s √† des personnes victimes d√©j√† j’ai pas acc√®s aux victimes direct des personnes quej’accompagne et ensuite si on va dire que j’ai acc√®s aux victimes c’est √† travers les permanencesque je les effectue √† la ligne d’√©coute et donc c’est en gros toute personne qui s’interroge surune probl√©matique de violence conjugale qui peut appeler cette ligne qui est une ligne d’√©coutegratuite et anonyme et c’est aussi bien pour des professionnels c’est pour le r√©seau c’est pourles proches pour les victimes et m√™les et pour les auteurs donc voil√† je tiens √† √™tre vraimenttr√®s pr√©cautionneuse et √† pas mettre des mots dans la bouche des victimes je pense qu’elleselles sont beaucoup plus qualifi√©es que moi pour parler de √ßa ou mes coll√®gues du centre depr√©vention de la maire aux ongles vertes sont de pr√©vention des violences sexuelles ce qui mesemble √©vident c’est qu’on va revenir avec cette fin je vais revenir moi avec cette id√©e du syst√®mep√©nal c’est que le syst√®me p√©nal il est l√† normalement pour prot√©ger la soci√©t√© civile c’est

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pas un syst√®me qui est dans la protection des auteurs ou est dans la protection des victimes onparle de procureur du roi et donc pas du procureur de la victime et donc c’est centr√© sur l’aspectpunitif d’une action mais pas sur les besoins des victimes et en effet tous les courants d’abolitionnismep√©nal notamment avec je vais essayer de prononcer correctement mais russ morris qui dit que lesvictimes en fait elles ont avant tout besoin de r√©ponses besoin de reconnaissance du pr√©judicesubi besoin de s√©curit√© besoin de r√©paration besoin de donner du sens et puis on peut on peutcontinuer avec des besoins de contribution financi√®re besoin de garde-enfants besoin desoutien psychosocial besoin d’information finalement la mani√®re dont dont sont trait√©sles violences conjugales ne r√©pond pas aux besoins des victimes et la seule r√©ponse qui estbrandie de mani√®re g√©n√©rale c’est le d√©p√īt de plainte et c’est le passage par la case prisonavec une s√©curit√© qui est temporaire mais ces personnes elles vont sortir √† un moment donn√©de prison et s’il ya aucun une action qui est faite pour elle et bien qu’est ce qui ferait quecette situation sera diff√©rente sachant comme on l’a dit tout √† l’heure que peut-√™tre qu’ilsseront encore moins ins√©r√©s socialement qu’ils n’auront pas les revenus qu’ils avaient avantqu’ils n’ont pas leurs p√®res et leurs proches que c’est difficile m√™me si √ßa existe c’estdifficile de trouver des associations des institutions qui accompagnent le parcours

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d’incarc√©ration c’est l√©gitime de se sentir l√©s√© par rapport au syst√®me p√©nal parce qu’il ner√©pond pas aux besoins parce que c’est un syst√®me aussi qui est bas√© sur la mat√©rialit√© des faitset qu’on peut vivre des violences et qu’on peut subir des pr√©judices qui ne rentrent pas dans cecadre et dans cette d√©finition l√† c’est pour moi pour √ßa qu’il faut d’autres types de justicecomme la justice restauratrice comme la justice transformatrice en fait c’est une action totalede la soci√©t√© civile qu’il faut et pas uniquement du syst√®me p√©nal super int√©ressant est ce quetu peux tu nous a donn√© deux d√©finitions l√† de la justice restauratrice et de la justicetransformative donc je veux bien les d√©finitions oui alors du coup la justice r√©paratrice donc sije me r√©f√®re aux travaux de de gu√©nola ricordo donc elle a sorti un livre en 2019 c’est pour elletoute contre la prison il me semble et donc en gros la justice r√©paratrice elle estime que ilest n√©cessaire de d√©dommager et de compenser un tort qui a √©t√© v√©cu et donc √ßa passe par lareconnaissance de la responsabilit√© de l’auteur et la restauration des liens sociaux et la r√©solutiondu conflit et du probl√®me √ßa pose la question de est ce que est il possible de r√©parer derestaurer et surtout √ßa part dans l’id√©e que c’est juste quelque chose de diadique c’est un autreune victime et √ßa ignore l’implication de la soci√©t√© avec les crit√®res que j’ai donn√©praxis r√©pond pas √† la justice r√©paratrice par exemple parce que nous on restaure pas les liens

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sociaux et on r√©sout pas le conflit d√©j√† parce que ce conflit il a √©t√© utilis√© ou en tout cas iln’est plus dans les mains des personnes puisqu’il est au niveau de la justice p√©nale ensuite lajustice transformatrice c’est imaginer que le d√©lit ou le crime est une opportunit√© pourl’ensemble de la communaut√© et du coup √ßa r√©pond √† quatre caract√©ristiques c’est qu’il faut quele processus soit collectif donc il y est la victime la communaut√© et les auteurs et autricescommunaut√© √ßa veut dire que ce sont des gens de la soci√©t√© civile mais pas des professionnelsdonc imaginez que moi en tant qu’intervenante psychosociale j’ai pas de l√©gitimit√© plus quequelqu’un d’autre pour intervenir par rapport √† un pr√©judice subi et du coup normalement ceprocessus collectif il doit r√©soudre une situation qui est dite probl√©matique et on va se centrersur les besoins de s√©curit√© des victimes on va prendre en compte tous les rapports de dominationet leur caract√®re structurel alors que ici c’est une action et une r√©ponse simple c’estune application litt√©raire et donc on va regarder par exemple si la personne est racis√©e en situationde handicap si c’est une personne lgbtqia plus si il ya d’autres rapports de domination et √©galement√ßa demande un engagement sur du long terme pour r√©parer le pr√©judice subi et est ce que c’est peut-√™treune question b√™te mais ce qu’en france ou en belgique on a ce genre d’exemple de justicerestauratrice et ou de justice transformative o√Ļ on les voit plut√īt dans d’autres pays alors

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beaucoup il me semble au canada mais par exemple la justice transformatrice je m’√©tais pinc√©eparce que je suis vraiment pas une experte pour √™tre honn√™te je suis m√™me autodidacte sur lesujet mais ce processus de justice transformatrice a √©t√© utilis√© notamment dans la guerre au rwandaentre le tout et les tout ici donc on sait que √ßa a d√©j√† √©t√© mis en application je y a beaucoupde travaux sur l’abolitionnisme p√©nal qui √©merge de l’am√©rique du nord ensuite il ya des dispositifsqui sont cr√©√©s en belgique donc mais qui r√©pondent pas √† l’ensemble des points de ces d√©finitionsmais par exemple il ya des collectifs comme les matrices il ya des groupes de parole qui vonttenter de qui √©merge pardon qui √©mane de la collectivit√© et qui vont tenter d’accompagnerles auteurs les victimes qui vont essayer de mettre en place ces dispositifs il me sembleaussi que la touline souhaite mettre en place et ces rencontres entre des auteurs et des victimesc’est encore des projets qui sont en cours plut√īt en projet en tout cas en belgique selon mesconnaissances qui ne sont pas forc√©ment compl√®tes sur le sujet ok donc √† rechercher √† prendre avecdes pincettes et √† faire des recherches l√† dessus mais en tout cas voil√† restauratriceet transformatrice je dirais transformative mais c’est transformatrice et du coup par rapport √† tontravail j’ai une question c’est quels sont les √©changes ou quel est l’√©change qui t’as le plusmarqu√© o√Ļ l√† tu t’es dit ouah ce que je fais √ßa a vraiment une utilit√© par rapport √† ma mission √†

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mes missions il y en a plusieurs mais il y en a un qui me marque tout particuli√®rement c’√©taitl’√©t√© dernier on avait fait une s√©quence sur le consentement et les violences sexuelles notammentpour apprendre tr√®s concr√®tement ce que c’est le consentement dans toutes les situations de la viepas seulement lors de moments qu’on va appeler intimes ou sexuels mais aussi dans n’importe quelleactivit√© que ce soit je sais pas oui manger aller au cin√©ma mais aussi dans je sais pas dans lessoins √† la m√©decine etc et on avait utilis√© un jeu qui s’appelle ok pas ok qui est souvent utilis√©par les plannings familiaux lors de leurs s√©quences d’animation et en gros pour un petit peu d√©crirece jeu il ya une carte situation que un b√©n√©ficiaire lit et puis il ya des cartes r√©ponse avec desindications de comment donner sa r√©ponse quel est le ton et quel est le type de messages v√©hicul√©set je me souviens que alors que c’√©tait un √©change relativement anodin dans √† la fin on a demand√©sur le processus comment est ce qu’ils avaient v√©cu et une personne a pu dire que √ßa avait √©t√© tr√®sdifficile pour elle de vivre le fait qu’un autre b√©n√©ficiaire avait assist√© √† plusieurs reprisesdonc c’√©tait je pense pour aller au restaurant par exemple et l’√©change c’√©tait bah non j’ai pas envied’aller je non √©coute c’est la fin du mois oh mais t’inqui√®te pas je vais payer oui mais en fait jesuis un petit peu fatigu√© oui mais alors on se verra on va prendre une table √† 19h oui alors enfait je suis vraiment et finalement cet √©change la personne se sentait accul√©e √† force de devoir

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dire non et a v√©cu beaucoup de frustration beaucoup de col√®re la mani√®re dont il a r√©ussi √† dire nonen fait je ne veux pas manger avec toi √ßa a √©t√© justement en haussant la voix en √©tant vraiment forten col√®re et lui a pu dire finalement mais je comprends mieux ce que ont pu vivre certaines demes partenaires lorsque je n’ai pas entendu leur consentement lorsque j’ai estim√© qu’il √©taitimportant pour moi d’avoir un rapport sexuel que finalement √ßa n’allait pas tant les contraindreque √ßa √ßa a vraiment √©t√© une r√©v√©lation pour cette personne de pouvoir dire en fait alors queen face pr√©alable alors que j’imaginais que j’√©tais une personne qui n’avait jamais fait vivre de laviolence sexuelle √† une des me partenaire je d√©couvre un moment de ma vie que si j’ai agi dela violence et je d√©couvre aussi les √©motions ou en tout cas certaines √©motions qu’elles ont puvivre lorsque c’est moi qui ai agi de cette mani√®re l√† et vraiment en plus c’√©tait cettemani√®re tr√®s je sais pas c’√©tait dans une mani√®re tr√®s brute de le dire et √ßa m’avait √ßa m’avaitvraiment et encore maintenant c’est souvent l’exemple que j’ai √ßa m’avait vraiment marqu√© et je mesentais je me disais ah oui bah voil√† ce finalement ce travail il est important parce quesous couvert d’un jeu de soci√©t√© que je suis en train de faire avec des adultes dans le casd’une peine et donc on pourrait tr√®s bien r√©torquer que finalement on s’amuse quand m√™mevachement bien en s√©ance on est arriv√© √† des d√©voilements des prises de conscience mais cette

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personne a nomm√© √ßa aussi dans un groupe de p√®res alors que il faut savoir quand m√™me quedans nos groupes il y a assez peu de personnes qui d√©voile des violences sexuelles je pense que c’estque 6% qui reconnaissent d√©j√† en face pr√©alable avoir agi des violences sexuelles et que √ßa resteune des difficult√©s c’est une violence qui est davantage marginalis√©e que les autres donc c’√©taitassez impressionnant ce moment dans ce groupe ouais vraiment impactant comme tu dis comme unjeu de soci√©t√© et des jeux de r√īle de ce que je comprends lui a jou√© ce r√īle et s’est senti unpeu envahir a essay√© de trouver des moyens de contourner pour dire non puis finalement a d√Ľdire non quand c’√©tait trop et donc avec de la col√®re et a pris une prise de conscience de cesactes et donc une responsabilisation de l’√©motion comme tu dis avec une certaine empathie de peut-√™trece que leurs partenaires ce que ces partenaires ont pu peut-√™tre ressentir de reconna√ģtre de direah oui en fait j’ai fait √ßa et comme tu dis dans ces groupes l√† il ya peu de personnes quireconnaissent vraiment leurs actes donc une responsabilisation une reconnaissance des acteset en plus de le mentionner de le reconna√ģtre devant le groupe de p√®res aussi ultra impactantje trouve que les moments les plus riches pour moi c’est finalement quand j’ai pas besoin desoutenir le groupe quand eux-m√™mes peuvent amener des points de vue diff√©rents des pointsde vue nuanc√©s peuvent eux-m√™mes apporter des outils c’est √ßa les meilleurs moments pour moi

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de groupe ici on a apport√© quelque chose et c’est vrai que cette r√©v√©lation elle m’a marqu√© parceque voil√† comme tu l’as dit c’est au niveau des violences sexuelles et compagnie et c’est ced√©voilement et cette prise en question √† un certain √Ęge de ces comportements mais de mani√®reg√©n√©rale en fait je chaque soir je suis impact√© chaque soir je vis des √©motions positives n√©gativesje peux √† certains moments vivre une certaine fiert√© pour les personnes avec qui je travaille jepeux vivre de la col√®re je peux vivre de la frustration de la tristesse du d√©go√Ľt je peuxvivre √©norm√©ment de choses et ce travail est un travail humain et un travail marquant et ouije crois que je je me profond√©ment j’aime profond√©ment ce que je fais je le trouvesinc√®rement utile c’est aussi pour √ßa que je viens aujourd’hui et n’importe lequel de ces√©changes me semble int√©ressant me semble pertinent il faut des gens comme toi donc merci pour tontravail aussi qui n’est pas toujours √©vident effectivement comment on peut continuer √† luttercontre les violences oui donc on a donn√© une premi√®re piste mais je disais tout √† l’heurequ’il y avait eu cette tr√®s grande enqu√™te en belgique et le rapport de cette enqu√™te a √©t√©publi√© en 2022 fin 2022 aux √©ditions polyth√©as et fabienne glovax et je pense qu’athrine fallonfallon ont plusieurs propositions je vais te les lire l√† parce que comme √ßa je les ai sous lesyeux et un petit peu d’√©crire et peut-√™tre parler de moi celle qui me parle peut-√™tre le plus donc

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ce qui est propos√© en premier lieu c’est une prise en charge plus de plus pluridisciplinaire donc avecaussi bien le soin le social et les judiciaires c’est l’extension du concept et de la couvertureen fait des ipv donc des violences entre partenaires donc c’est √† la fois la diversification etl’actualisation des cadres th√©oriques on n’a pas parl√© des d√©finitions maintenant mais bon voil√†c’est ce qu’ils disent l’extension de l’approche pluridisciplinaire donc c’est la mise en r√©seaudes partenaires c’est renforcer les interventions de premi√®re ligne donc l’accueil de toute personnequi a des questions au niveau de les violences entre partenaires intimes c’est faire de lapr√©vention primaire une priorit√© politique c’est d√©velopper et renforcer le suivi des auteurs c’estd√©velopper et renforcer la protection des victimes sur moyen et long terme et puis c’est √©galementmettre les enfants au coeur de cette probl√©matique des violences conjugales ou intrafamiliales en toutcas des violences entre partenaires intimes forc√©ment celle qui me parle le plus avecmon activit√© c’est renforcer et d√©velopper le suivi des auteurs on manque d’offre de service eton manque de visibilit√© il y a assez peu de campagne en fait qui peuvent dire mais tiensquand je suis auteur de violence o√Ļ est ce que je pourrais me rediriger donc il y a eu certainesen pardon certaines campagnes avec la ligne d’√©coute il peut y avoir de temps en temps au ruban blanccertaines campagnes mais a priori c’est pas suffisant ou en tout cas c’est pas assez

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d√©velopp√© pour moi il est absolument n√©cessaire qu’il y ait des solutions d’h√©bergement par exempleon a des dispositifs qui permettent de retirer la personne violente du domicile mais il n’y a pasd’accompagnement dans des structures or le samus social est d√©j√† d√©bord√© et donc c’est despersonnes qui vont finalement par exemple aller chez des amis dormir dans leur voiture √™tre √†la rue ou dormir au travail mais c’est pas des solutions p√©rennes √ßa veut dire que √ßa √ßa peutdurer je sais pas deux jours une semaine max mais forc√©ment c’est des personnes parce qu’on leurdonne pas les conditions n√©cessaires qui vont revenir dans le domicile et qui vont revenir avec√©norm√©ment de frustration qui vont revenir avec je sais pas une situation physique qui est empir√©eet donc qui pourrait amener √† augmenter le risque de violence mais mani√®re g√©n√©rale en fait ilfaudrait qu’il y ait des services d’h√©bergement avec un encadrement sp√©cifique qui est unaccompagnement comme je le disais √† la r√©habilitation des suivis en prison lamultiplication des possibilit√©s des suivis lors des peines alternatives par exemple nous onpropose que des peines enfin on propose pardon que des dispositifs de groupe √ßa devrait pouvoir√™tre int√©ressant de pouvoir aussi avoir des dispositifs de suivi individuel parce qu’il y ades personnes que l’on prend part en charge par exemple des personnes qui n’auraient pas enviede se d√©voiler dans le groupe ou qui auraient de la phobie ou qui auraient beaucoup d’anxi√©t√© c’est

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des personnes que l’on peut pas suivre on suit pas aussi donc nous dans notre dans nos dispositifs degroupe c’est uniquement des √©changes en langue fran√ßaise donc √ßa veut dire qu’il y a beaucoupde gens que l’on peut pas accompagner il faudrait des suivis absolument sp√©cifiques il faudraitpouvoir s’adapter on est dans un b√Ętiment o√Ļ il n’y a pas de rampes par exemple on peut pasprendre des personnes en situation de handicap donc c’est toutes ces situations excluantes ilfaudrait pouvoir finalement non pas en faire une force mais donner des possibilit√©s et donner despossibilit√©s √©gales et puis pour moi il faut un accompagnement social mais qu’il soit au centrede permettre d√©j√† d’avoir √† des personnes d’avoir des logements qui sont d√©cents de pouvoir avoirdes revenus j’ai l’impression que la responsabilisation √ßa arrive de mani√®retardive alors qu’il ya des √©checs pour moi qui sont collectifs comment on peut demander √† unepersonne de venir s’asseoir deux heures par semaine sur une chaise √† r√©fl√©chir sur euxm√™me si en fait ils savent pas o√Ļ est ce qu’ils vont dormir s’ils ont des probl√®mes de consommationsi en fait ils ont et √ßa arrive si ils ont travaill√© 12 heures la journ√©e ils vont en plus revenirdeux heures c’est presque impossible et donc il ya des n√©cessit√©s sociales en tout cas √† r√©glersuper int√©ressant et tu vois quand tu parlais des centres d’h√©bergement au d√©but je dis l√†pourquoi quoi et en fait je me disais mais oui en fait il y a des centres d’h√©bergement pour les

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victimes et il en faut mais du coup √ßa demande en fait que ce soit les victimes qui sortent du coupde leur logement alors des fois c’est un choix des fois c’est subi et peut-√™tre aussi de se direbah s’il ya des centres d’h√©bergement pour les auteurs et autrices bah en fait c’est √† eux debouger du domicile et pas de revenir bah les victimes voil√† il ya d√©j√† des traumatismeset en plus elles doivent recommencer toute leur vie reprendre des rep√®res qui des fois sont vouluset puis bah des fois sont subis aussi oui on peut se dire aussi que ces centres d’h√©bergement c’estdes centres aussi o√Ļ on peut avoir des points de crise c’est √† dire que la plupart du temps on vaproposer aux gens de faire ce qu’on appelle un time out un temps d’arr√™t donc c’est √† dire depouvoir prendre conscience de leur sensation corporelle de leur √©motion de leur pens√©elorsqu’ils sont dans des situations et de tension pardon et de rep√©rer le point un peu de non-retouret souvent on leur demande de pouvoir pr√©parer leur sortie donc c’est √† dire de prendre un sacmettre des sous v√™tements mettre je sais pas n’importe quoi un billet de 10 euros dedans unt√©l√©phone en fait un sac qui puisse identifier pour pouvoir partir et surtout un lieu dans lequelils peuvent partir mais c’est pas une possibilit√© qui est offert √† tout le monde l√† encore √ßad√©pend beaucoup du r√©seau beaucoup des ressources et donc √ßa pourrait aussi √™tre ces centresd’h√©bergement des lieux lorsqu’il ya des crises et de pouvoir g√©rer la crise avant qu’il y ait un

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passage √† l’acte merci c’est vraiment super int√©ressant et important et je pense que peut-√™treque les personnes qui √©taient au d√©but r√©fractaires en se disant mais pourquoi un √©pisode √† ce sujetpourquoi on ferait √ßa en tout cas √ßa donne des pistes de compr√©hension en tout cas pour moi √ßafait encore plus sens dans tout ce que tu as dit et ma question finale g√©n√©ralement je demandes’il ya une chose que les gens doivent retenir de l’intimit√© qu’est ce que ce serait ici j’aimeraispeut-√™tre mettre l’accent plus et tu disais un petit peu en amont que les personnes hauteursautrices de violences des fois ne savent pas par o√Ļ commencer etc qu’est ce que tu aimerais diresi l√† il ya des personnes qui nous √©coutent et qui se reconnaissent d√©j√† dans peut-√™tre des infractionsdes violences qu’elles ont pu commettre √† une violence avec un grand v et un s qu’est ce quetu aurais envie de leur dire donc je pense que dans un premier lieu c’est important de leur direqu’il existe une ligne d’√©coute qui est le 0 800 30 0 30 qui peut aussi avec des professionnelsqui sont form√©s qui peuvent les √©couter et les orienter que ce soit par rapport pour leurdonner de l’information pour les r√©orienter vers du r√©seau et √©galement que nous en tantque professionnels √† praxis nous sommes disponibles s’ils veulent d√©marrer que ce soit une r√©flexionet donc qu’on se voit en phase pr√©alable ou s’inscrire dans des groupes de responsabilisationet avoir un projet sur du plus long terme en tout cas sur du moyen terme de responsabilisation

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ils peuvent nous appeler donc l’antenne de bruxelles celle o√Ļ je travaille notre num√©roc’est le 02 217 98 70 peut-√™tre quand m√™me √† savoir que c’est un suivi pour les personnesvolontaires qui est un suivi qui est payant mais qui a des possibilit√©s de s’adapter parce que lesconditions financi√®res doivent pas √™tre un frein √† ce travail au niveau de la r√©cidive et donc ceque l’on aimerait amener c’est peut-√™tre d√©passer certaines fois le sentiment de honte le sentimentd’isolement pour pouvoir s’entourer d’un r√©seau ici en premier lieu de professionnels qui peuventaccompagner et assurer la s√©curit√© de chacun super je mettrai tout √ßa dans les notes de l’√©pisodealors allez voir justement les ressources et si vous √™tes en france et si vous √™tes auteur deviolence conjugale il ya la ligne d’√©coute que je viens de voir sur internet qui est le 08 019 01911 et en france il ya des dispositifs qui sont similaires √† praxis alors tous ne fonctionnent passur des groupes de responsabilisation mais ces institutions pardon elles s’appellent les cpcales centres de prise en charge des auteurs de violence conjugale et donc normalement il y en aun par r√©gion ou par d√©partement peut-√™tre par d√©partement je vous mettrai de fa√ßon tout √ßadans les dans les notes encore une fois tu m’as partag√© aussi des ressources que je vais mettreaussi dans les notes podcast on parlait du podcast les couilles sur la table violence conjugalebanalit√© du mal que faire des hommes violents un podcast d’art et que tu m’as partag√© quand

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les p√®res font la loi un podcast √† soi reprendre sa libert√© femmes et violences enqu√™te sur lesviolences et rapport de genre √ßa c’est peut-√™tre celui que tu m’avais partag√© nos absentes pourquoiles f√©minicides de lauraine d√©carde nos p√®res nos fr√®res nos amis qu’on a beaucoup entenduparler de matthieu palin je verrai toujours vos visages qui est actuellement quand on enregistre en avril 2023 est toujours au cin√©ma et donc je vous invite √† aller le voir moi jesuis all√© voir hier et julie va le voir ce soir et puis voil√† de vraiment vraiment aller voir sesressources il ya des outils il ya des personnes pour vous accompagner dans tout ce processuset bien julie je te remercie beaucoup pour tout ce que tu nous as partag√© merci beaucoupet voil√† c’est la fin de cet √©pisode j’esp√®re que cet √©pisode vous a plu qui vous a peut-√™treamen√© des r√©flexions nouvelles sur la vie intime relationnelle affective sexuelle si c’est le caspensez √† laisser des √©toiles sur votre plateforme des coups et la petite nouveaut√© par rapport aupodcast c’est que vous pouvez retrouver les transcriptions de tous les √©pisodes m√™me ceuxen anglais et qui sont traduits en fran√ßais automatiquement vous pouvez les retrouver surmon site internet kamibatayon.com dans l’onglet podcast comme √ßa c’est accessible pour toutesles personnes qui n’ont pas le temps d’√©couter des audios ou souhaite avoir l’√©criture en plusdes audios ou ne comprennent pas l’anglais et veulent suivre les √©pisodes en anglais avec

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la traduction fran√ßaise nous pouvons √©changer sur mon compte instagram kamiparlesex ou ma pagelinding kamibatayon o√Ļ je partage √©galement des informations sexo alors venez me rejoindreet en attendant de revenir dans vos oreilles je vous souhaite de belles exp√©riences intimes √† bient√īt

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