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#51 Julie Lambert-Carabin: Les auteur.rices de violences conjugales



TW 💛 : cet épisode aborde le sujet des violences du côté des auteurs et autrices.

Mon invitée est Julie Lambert-Carabin. Julie est intervenante psycho-sociale au sein de l’Asbl Praxis, une association francophone en Belgique qui lutte contre les violences conjugales et intrafamiliales en accompagnant les auteurs et autrices dans des groupes de responsabilisation.

Dans cet épisode, vous allez nous entendre parler de :

  • La mission de Praxis : qu’est-ce qu’un parcours de responsabilisation ?
  • Les prévalences chez les auteurs / autrices.
  • L’importance de penser aux victimes et de de prendre en charge les auteur.rice.s de violence.
  • Justice restauratrice et justice transformatrice
  • Les bénéfices à réaliser un parcours de responsabilisation
  • Comment peut-on continuer à lutter contre les violences? 

Pour retrouver mon invité.e :

Ressources pour aller plus loin :

Transcription :

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Vous écoutez Camille Parle Sex, votre podcast bien être sexuel inspirant.

00:00:10
Je suis Camille Bataillon, sexologue clinicienne.

00:00:13
Dans ce podcast, vous l’aurez compris, je parle de sexe, de la sexualité au sens large.

00:00:18
Ce podcast, c’est un peu comme dans ma vie.

00:00:21
Je fais les choses au plus simple, sans prise de tête et selon mes propres règles.

00:00:25
Je vous parle en suivant mon humeur du moment, ma motivation, mais surtout mon instinct.

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Pour vous donner votre dose d’inspiration.

00:00:31
Avec mes invités ou en solo, je souhaite vous donner la crème de la crème en sexologiepour réfléchir ensemble à la sexualité et vous offrir le meilleur de l’éducation sexuelle.

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J’espère ainsi vous inspirer dans votre intimité, que ce soit seul, à deux ou à plusieurs,et faire vibrer votre sexualité.

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Alors, bienvenue !

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Je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode.

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C’est un épisode que j’ai travaillé énormément en amont avec mon invité, Julie Lambert-Carambin.

00:01:02
C’est un sujet important, c’est un sujet sensible, c’est un sujet qui est peut-être encore trop peu abordéet pourtant on voit de plus en plus de podcasts, de films, de documentaires là-dessus.

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C’est la prise en charge des auteurs et autrices de violences, de violences conjugales.

00:01:21
Déjà, avec Julie, ça nous semblait important de dire qu’ici on va avoir une conversationautour des violences conjugales et notamment du point de vue des auteurs et des autriceset surtout que ça peut être difficile des fois d’avoir un discours juste,on va bien sûr essayer de nuancer le plus possible,mais d’un discours juste lorsqu’on s’adresse à un large public,une population générale, aux professionnels, aux victimes et aux auteurs et aux autrices.

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On englobe tellement de monde qu’effectivement ça va être difficile d’inclure tout le monde.

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On va faire du mieux que possible et surtout ce n’est pas parce qu’on parle de la prise en chargedes auteurs et autrices que cela vient nier le vécu des victimes ou que cela implique que ce n’estpas important de soutenir les victimes. Au contraire, mon intention pour ce podcast,c’est que je vais essayer de poser les mots les plus justes possibles dans toute cette intervention.

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Peut-être qu’il y aura des maladresses et si c’est le cas, je m’excuse d’avance.

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Et surtout, soyez libre d’arrêter d’écouter cet épisode à tout moment, surtout si vous commencezà ne pas vous sentir bien en l’écoutant. Je vous invite à en parler à un ou une professionnelle de santé.

00:02:16
Il y a déjà quelques épisodes sur les agressions sexuelles.

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C’était l’épisode sur la sexualité post-traumatique et surtout là c’était abordé du côté des victimes.

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Et pour moi, ça me semble impensable d’aborder les agressions, les violences en se focalisantseulement sur un aspect, que ce soit les agresseurs ou que ce soit les victimes,pour pouvoir penser, avoir une réflexion là-dessus, éviter les récidives, parce que c’est quand mêmeaussi l’objectif et la prévention évidemment pour éviter qu’il y ait des agressions en premier lieuet en deuxième lieu pour éviter les récidives un maximum, c’est aussi de comprendre ce qui sepasse pour les auteurs et les autrices et comment on peut avoir une meilleure prise en charge pouréviter justement les récidives. Mon invité du jour pour parler des auteurs et autrices de violencesconjugales c’est Julie Lambert-Carabin. Julie elle est intervenante psychosociale au sein de la SBLPraxis en Belgique. C’est une association francophone qui lutte contre les violencesconjugales et intrafamiliennes en accompagnant les auteurs et autrices dans des groupes deresponsabilisation. Dans cet épisode on va voir quelle est la mission de cette association, dequoi parle-t-on vraiment quand on parle de violences conjugales, est-ce que ça regroupe d’autres typesde violences, quelles sont les prévalences entre les auteurs et les autrices de violences, pourquoic’est important de prendre en charge finalement ces auteurs et autrices de violences, pourquoi aussiça peut être un sujet sensible et pourquoi certaines victimes ont le sentiment d’être moins bien priseen charge que les auteurs. Et puis Julie nous partagera aussi son travail, comment elle accompagne

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les auteurs et les autrices, les échanges qu’il peut y avoir dans ces groupes-là, les choses quiémergent et les limites aussi de ce travail-là. Et puis on terminera l’épisode en se demandant commenton peut continuer à lutter contre les violences. Je vous souhaite une bonne écoute et comme d’habitudeallez voir dans les notes de l’épisode parce qu’on va vous mettre plein de ressources dont on va parlertout du long de cet épisode. Il y aura un accès plus particulièrement à la Belgique parce que c’estle lieu de travail de Julie. Je vous mettrai aussi des ressources pour la France. Bonne écoute !

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Bonjour Julie, bienvenue sur Camille parle sexe. Salut Camille, merci de m’inviter sur ton podcast.

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Ça fait plaisir, on se connaît, on a fait le master en sciences de la famille et sexualité ensembleen Belgique et là on enregistre ensemble dans la même pièce, c’est la première fois que je le faisdonc j’espère que ça ira niveau technique. Bon bah aujourd’hui comme on l’a dit en intro,c’est un sujet assez profond, particulier et ô combien important et Julie quand on a préparécet épisode, d’ailleurs c’est un des épisodes que j’ai le plus préparé en amont avec toi,avec l’invité, il y a quelque chose qui te semblait important de mentionner avant qu’on aille plus loindans l’épisode. Oui merci beaucoup Camille, en fait il y avait deux points qui sont importants pour moi,c’est déjà avant de commencer cet échange, de pouvoir mettre en garde les auditeurises sur lefait que nous allons aborder des sujets délicats autour des violences conjugales et donc que l’oninvite les personnes à écouter cette conversation dans des conditions confortables et l’autre détailimportant que je voulais préciser, c’est de rappeler que mon intervention elle te pointe d’un point devue situé, que je prends la parole en tant qu’intervenante psychosociale qui accompagne desauteurs et auteuristes de violences conjugales et intrafamiliales dans des parcours de responsabilisationet que je ne fournis pas un travail de recherche ou de compilation de la littérature et que mesobservations elles s’encrevent avant tout dans des connaissances mais aussi dans des valeurs personnelles,dans des valeurs militantes à un moment donné et donc je me dis c’est possible que peut-être

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dans un mois en fonction de la recherche mais mon point de vue soit caduc mais aussi qu’ils nereprésentent pas l’ensemble des positions qui sont partagées par les membres de l’ASBL où jetravaille ou l’ensemble des travailleurs et travailleuses qui interviennent auprès desviolences conjugales. Merci pour cette précision c’est important et alors tu dis que tu travaillespour une ASBL c’est Praxis, que fait Praxis et quelle est sa mission ? C’est en Belgique doncquelle est la mission de Praxis ? C’est ça donc on est basé en Wallonie et en régionBruxelles-Capitale. En fait nos activités sont encadrées par un arrêté royal celui de 1994 parrapport à l’accompagnement des mesures alternatives et la prévention de la criminalité donc ça veutdire que nos actions elles sont dans le cadre de la justice pénale et dans les peines alternatives.

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L’ASBL a été créé un peu plus tôt avant cet arrêté en 1992 et notre but c’est l’animation degroupes de responsabilisation pour auteurs et autrices de violences conjugales mais aussil’organisation d’actions d’information et de formation à l’égard des professionnelsnotamment via ce que l’on appelle les pôles de ressources et la participation et l’élaborationd’un travail de réseau avec les services d’accueil de victimes, les services de police,les services judiciaires et les services médicaux sociaux en général. Nous notre but c’est de mettrele bénéficiaire au coeur de notre dispositif, de l’accompagner dans le respect, dans la dignité etl’inviter à avoir une place d’acteur et de contribuer à la prévention de la récidive en matière deviolences conjugales et intrafamiliales tout en se préoccupant de l’ensemble des parties dansces situations. Donc là pour résumer les bénéficiaires c’est vraiment les auteurs et autricesparce que vous accompagnez et des hommes et des femmes qui ont commis des violences. On parlepas forcément de violences en tout genre ou vraiment la spécifique aux violences conjugales.

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Ici c’est violences conjugales ou violences intrafamiliales et en fait la porte d’entréeprincipale c’est la justice. Je pense qu’environ pour 70% 75% c’est des personnes qui ont vu soitle procureur du roi qui sont en reconnaissance des faits, soit qui sont passés devant le tribunalcorrectionnel et donc pour lequel il y a eu un jugement. Et alors forcément vu que l’apportd’entrée c’est l’apport d’entrée de la justice, c’est souvent des personnes pour lesquelles il fautce qu’on appelle la matérialité des faits et donc c’est des gens qui viennent pour de la violenceprincipalement violences physiques, les coups et blessures ayant entraîné des incapacités,mais aussi tout ce qui est harcèlement et violence sexuelle. Mais au delà de ça on accompagne déjàdes personnes qu’on dit volontaires, en tout cas sans contrainte judiciaire, peut-être avec d’autrescontraintes mais qui n’est pas judiciaire et pour un ensemble de comportements. Souvent en fait onva faire ce qu’on appelle des phases préalables donc on va rencontrer ces personnes avant deles intégrer concrètement dans notre dispositif de prise en charge. C’est déjà un travail enamont et c’est un travail de mise en lien mais aussi d’information et de pouvoir savoir quelssont les comportements de violence que l’on va travailler et on va mettre l’accent sur laviolence physique, la violence verbale, la violence psychologique, la violence économique, sociale,la violence sexuelle, la violence envers objet et la violence aussi qui pourrait toucher les animaux

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ou et de toute façon en fonction de toutes les victimes que ce soit le ou la partenaire,les enfants qu’on va vraiment situer dans ce processus en tant que victime et témoin de cesfaits là et puis comme on travaille aussi avec des violences intrafamiliales ça peut être les parents,les frères et sœurs, les oncles et tantes, toute personne. En fait c’est le travail autour desviolences lorsqu’il y a un lien et du coup un lien souvent affectif avec la personne qui est désignéecomme victime. Donc ces violences avec un grand V et les bénéficiaires enfin ça englobe en faittoutes les personnes impactées par ces violences que ce soit les auteurs, autrices et victimes.

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Donc nos bénéficiaires nous c’est uniquement les personnes reconnues comme auteurs mais on va avoirun certain soin d’incarner on va dire les victimes. Tu parlais tout à l’heure à Très Juste Ciste enintroduction du film que tu as vu hier soir donc je verrai toujours vos visages qu’il y a un film oùil peut y avoir des victimes qui sont convoquées ou des auteurs qui sont convoquées. Nous on n’a pasce genre de dispositif là. Lorsque l’on va on va dire convoquer une victime c’est plutôt de manièreimaginaire c’est lié à l’empathie ça peut être soit dans des jeux de rôle et imaginer ce qu’a puvivre cette personne au moment des faits de violence ou avant ou après mais c’est aussi pouvoirutiliser à certains moments des documentaires ou du matériel audio de manière je veux diretierce faire incarner les autres personnes qui étaient présentes. Et les bénéficiairesc’est eux et elles qui viennent à vous et si c’est le cas est ce que c’est de manière volontaireou c’est parce que la justice les oblige à faire cette démarche ce processus. Donc on a plusieursparcours il y a le parcours judiciaire habituel et en fait après avoir vu le procureur du roi ouaprès avoir été au tribunal correctionnel ces personnes sont redirigées vers les maisons dejustice où ils vont avoir un ou une assistante de justice qui va vérifier et établir uneguidance et ce sont les assistants de justice qui vont nous envoyer des fiches d’inscription etcertaines fois les jugements sur ces fiches d’inscription on a les coordonnées et c’est à

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nous de contacter la personne pour avoir pour proposer des entretiens en face préalable et puisquand la personne est volontaire alors souvent c’est elle qui se présente à nous par téléphonedonc elle nous appelle pour évoquer une situation qu’elle a vécu et alors à ce moment là on vaouvrir un dossier et proposer la même chose une face préalable. En soit le parcours est assezsimilaire il y a quelques différences mais l’offre de service est la même que l’on soit judiciairiséou dit volontaire. Et j’ai deux questions qui me viennent c’est la première c’est les prévalencesentre les auteurs et autrices et puis la deuxième par rapport à ce que tu disais je pourrais répéterma question après c’est pourquoi une personne donc auteure ou autrice de violence qu’est-cesont leurs motivations quand elles viennent pourquoi pourquoi elles disent oui à entrer dans ce dispositifAlors pour la prévalence en tout cas au niveau de praxis je vais prendre le plus petit chiffre lànotre rapport annuel d’activité a montré qu’en 2022 on a accompagné 4,7% de femmes donc parmitoute la population qu’on a accompagné il n’y en avait que 4,7% qui étaient des femmes donc nouson accompagne principalement des hommes ces données là elles sont différentes que celles qu’on peuttrouver dans la littérature soit dans les recherches sur les expériences de victimologie et où lespersonnes vont s’auto déclarer victime et on est plutôt en fait on a une grande recherche enBelgique en 2015 sur la population belge et c’était parmi les personnes qui se reconnaissaient

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être victimes de violences conjugales il y avait 29,6% d’hommes et 7,4% de femmes et dans lesenquêtes au niveau du parquet belge c’est 24% de femmes et 7 qui sont donc 24% de femmes quisont signalées au parquet pour au moins un fait de violences entre partenaires et 76% d’hommes enfait c’est assez particulier parce que ça traduit des méthodologies différentes ça traduit peut-êtredes genres qui sont très binaires mais qui sont pas représentatifs des relations ou des dynamiquesdans ces relations nous c’est important de dire auteur et autrice parce que on veut pouvoiraccompagner n’importe qui et qu’importe le genre que ce soit une persinensis, une personne trans,une personne non binaire mais aussi qu’importe la relation on accompagne pas que des personnes quisont dans des relations hétéro ou hétéra même si c’est la norme dans notre activité mais c’esthétéra, alors écoute j’ai ça sous les yeux c’est néologisme militant expérimentant laféminisation du terme familier hétéro pour hétéro sexuel en gros donc c’est des couples hétérosmais sous le prisme féminisme oui c’est ça ok ok donc par rapport à la prévalence donc voilàvous disiez vous vraiment dans ce que vous faites c’est vraiment de manière inclusive peu importele genre l’orientation sexuelle vous accueillez les personnes auteurs et autrices c’est ça et lesdispositifs seront quand même différents parce que comme je viens de le dire on n’a que 4,7%de notre population qui est des femmes déjà c’est des groupes qui sont non mixité ce qui est assez

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important pour nous pour déjà assurer une sécurité pour chacun pour que le travail degroupe soit pas on va dire saboté par des récriminations de personnes qui représenteraientl’autre genre ou les victimes etc ou les auteurs et donc c’est plutôt de choisir en fonction dugenre les personnes mais aussi comme on a peu de femmes on peut pas faire ce qu’on appelle lesgroupes ouverts nous c’est notre offre de service donc en fait peut-être pour parler du parcoursgénéral ça commence la réception de l’affiche d’inscription ou la réception d’une demande ily a ensuite une phase qu’on va appeler la phase préalable avec deux trois entretiens le butc’est de créer un lien avec cette personne de sincèrement vouloir apprendre à la connaître etensuite de pouvoir aborder l’effet de violence puis le travail au sein du groupe et ensuite il y a undélai d’attente et ces personnes intègrent ce qu’on appelle des groupes ouverts ces groupesils n’ont ni début ni fin c’est à dire qu’il y a un certain nombre de participants quand unparticipant a terminé sa mesure il laisse sa place à un nouveau participant ou quand un participantabandonne sa mesure il laisse sa place à quelqu’un d’autre et c’est comme ça que c’est des groupesqui n’ont pas de fin et ces groupes là on les fait chaque semaine donc on rencontre ces personnespendant 21 séances ça dure six mois et c’est deux heures chaque semaine moi par exemple j’anime desgroupes le mercredi soir et le jeudi soir de 18 à 20 heures on a des groupes tous les jours on a

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le lundi en journée on a le vendredi aux journées et donc ça c’est notre offre de service et dansle film justement je verrai toujours vos visages ça se passe en prison est ce que là toi tu vasdans les prisons ou c’est dans un autre lieu non nous on travaille plutôt dans les cadres de sursiset donc on est on n’est jamais dans des lieux fermés dans l’historique de praxis il ya eu cetravail en détention maintenant c’est lié en fait à des décisions politiques par rapport à un certainbon je vais pas m’attarder là dessus parce que de toute façon je maîtrise pas non plus mais onsait plutôt d’autres asbl comme le slash par exemple le service d’action laïque d’aide aujusticiable qui va faire ce travail d’accompagnement en détention qui est d’ailleurs un travailnécessaire que ce soit en détention ou pour préparer la sortie tu me posais cette questionde ce dont on aurait besoin pour la suite mais ça peut être un des points à réfléchir et du couppar rapport aux motivations qu’est ce qui motive les personnes à entrer dans ce dispositif où c’est21 séances deux heures chaque semaine pendant six mois je souris parce que c’est la contrainte lamotivation c’est à dire que assez rarement les personnes que je rencontre en fait d’ailleurs c’estdit en phase préalable vous me rencontrez alors que vous n’avez pas envie personne ne prend unrendez-vous avec moi c’est à dire que c’est ça qui est vraiment très particulier on reçoit unefiche d’inscription ils ne choisissent pas non plus l’intervenant qu’ils vont rencontrer au sein

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de la sbl c’est pour ça l’importance de pouvoir apprendre à minima à se connaître en phasepréalable la motivation première mais c’est la contrainte honorer des conditions judiciairespeut-être faire en sorte que l’action publique soit éteinte et donc il n’y ait pas de traces dansle cas et judiciaire c’est pouvoir finir sans sursis et donc retourner à un autre type de vie quisoit pas une vie sous guidance et puis ensuite dans le groupe on peut créer des motivations qui sontinternes et même certaines personnes ont des motivations internes en face réel à la mais enfinil pour moi c’est important de pas oublier que c’est un travail sous contrainte et qu’on est lié à lajustice ensuite les motivations elles sont aussi présentes en face préalable c’est juste que cedispositif va prendre toute la place mais il peut y avoir plein de choses il peut y avoir ben jej’ai causé un tort ou un préjudice à la personne que j’ai aimé et donc j’ai souhaité réparer ça jesuis une personne qui a déjà agi des comportements de violence dans mon couple ou en dehors de moncouple et donc ça m’interroge j’ai envie de faire le lien entre ma consommation d’alcool de drogueet ce que j’ai pu agir ce que j’ai fait va à l’encontre de mes valeurs et j’ai extrêmement honte jesouhaite continuer à avoir la garde de mon enfant mais puisque j’ai agi de la violence sur la mer dela violence grave ou si mon enfant était témoin le tribunal de la famille ne me permet pas d’êtrepère ça peut être ce genre de problématiques là les motivations souvent elles émergent davantage

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dans le groupe qu’en face préalable mais peuvent être présentes c’est ce que j’allais dire c’estqu’en fait c’est évidemment la première porte d’entrée c’est un peu la contrainte et l’intérêtvis-à-vis de la justice exactement et que dans un deuxième temps à l’intérieur du groupe quandon creuse quand on laisse effectivement des réflexions émerger de l’espace aussi pourdiscuter peut-être même pour la première fois pas là il ya d’autres motivations et desquestionnements des réflexions et peut-être des remises en question oui c’est pour ça que legroupe c’est notre outil principal et d’ailleurs on ne propose pas nous de suivi individuel c’estvraiment ou alors c’est poste groupe mais nous c’est uniquement le groupe pour créer cetteconfiance pour créer une sorte de système certaines fois de paire et danse donc chacunont une expertise par rapport à un vécu de violence et donc chacun aussi a déjà mis enplace des stratégies souvent c’est les personnes que l’on accompagne peuvent témoigner de nombreusestensions qu’ils ont réussi à résoudre de manière positive ou en tout cas sans agir de comportementde violence et puis à un moment donné ou à plusieurs moments il ya eu des comportements deviolence et donc c’est de voir ensemble qu’est ce qu’ils ont déjà mis en place comment est ceque ça peut être amélioré quelles sont les idées quels sont les regards c’est aussi différent dupositionnement des intervenants nous on a un positionnement déjà on est payé pour faire ce

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travail là souvent on est aussi des personnes qui sont favorisées dans mes duos on est despersonnes qui sont non racisées et donc peut-être que aussi on a un pouvoir par rapport aux personnesqu’on accompagne qui est diminué si les interventions sont faites par les autresbénéficiaires je sais plus pourquoi je disais tout ça ouais mais c’est vraiment en fait c’estl’intelligence collective en fait vous vous êtes même presque en retrait pour laisser l’intelligencecollective du groupe même faire son travail c’est à dire que en fait que les uns les unespuissent s’interagir alors ça en ont méxité mais que chacun chacune puisse s’interagir et mêmeproposer des pistes de solutions par du vécu et pas simplement vous du haut de votre position dujeu sachant etc. venir transmettre des connaissances vous êtes là pour apporter des réflexions et legroupe va réfléchir à leur propre solution c’est ça donc nous on est garants d’une structure on estgarants d’une sécurité d’une confiance et d’un cadre qui est assez strict dans ce groupe là pourpermettre le travail et on doit aussi être garants des exercices que l’on propose pour viser à cequ’on appelle la responsabilisation et donc la diminution de la récidive ça c’est nos objectifsà nous et donc ça nous de créer des séquences d’animation qui vont avoir des objectifs alors soiten lien avec ce qu’ils ont pu dire leur motivation soit en lien avec ce que nous on envisage pour euxet ensuite c’est forcément ce travail il est effectué par le groupe c’est en fonction de leur

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réflexion de leurs interpellations que l’on peut avancer pourquoi c’est important de prendre encharge les auteurs et autrices de violences ça me fait sourire parce que je trouve ça étonnantqu’il faille poser cette question je fais et là c’est plutôt par rapport à mes valeurs mais jevois pas comment si on estime qu’il y a un problème qui est un problème de société si on prend pasen charge les personnes que l’on désigne être ce problème ou en tout cas qui manifestent ceproblème là comment est ce qu’on peut espérer un changement il ya une très très grosse enquêteen belgique qui est l’enquête ipv de belspo et qui montre par exemple que le taux d’incidence desviolences conjugales malgré le fait qu’en belgique on est un système qui s’appelle un système detolérance zéro est similaire donc l’action répressive n’est pas efficace par ailleursl’action répressive et même la hauteur de la sanction pénale amène à une augmentation de larécidive voilà je devance un petit peu les questions par rapport à la récidive maisj’avais j’avais récupéré quelques chiffres alors parce que justement l’idée dans tout ce parcoursc’est de venir responsabiliser c’est un parcours de responsabilisation pour éviter un le taux derécidive mais là de ce que tu disais c’est sinon dans un autre parcours qui est en dehors depraxis etc là quand c’est des actions répressives le taux de récidive est plus élevé donc praxisfait quand même partie donc du système pénal et fait quand même partie d’une action répressive

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puisque c’est une peine alors c’est une peine alternative mais s’il ya des manquements ils sontsignalés et il ya un passage à la commission de probation et il ya une peine qui plus lourde quiprononcer et par exemple s’il ya une condamnation avec emprisonnement ou s’il ya une amende on estenviron à 52% 54% de récidive sur les deux ans et récidive signalé ici dans cette enquête doncc’est l’enquête de charlotte van est ces nouveaux signalements sur les deux ans donc c’est c’estabsolument énorme alors que dans des donc médiation pénale c’est quand on rencontre le procureur duroi c’est la médiation et mesure c’est en gros le plus petit niveau ça fait infraction police procureurdu roi médiation et mesure on a des taux de récidive qui sont de 36% et quand il ya un suivià praxis donc le taux moyen de récidive c’est 21% alors quand le parcours est complété c’est de18% et quand par contre il est abandonné c’est de 24% c’est un peu pareil pour les médiationsquand elles sont finies c’est 25% mais quand elles sont refusées est cette 49% donc on faittoute peine ou toute alternative qui n’est pas respectée ou pour lequel il ya un abandon vaaugmenter le taux de récidive notamment parce que la peine qui sera prononcée sera encore plusj’ai envie de dire c’est peut-être pas le bon mot mais oppressif c’est à dire qu’elle va priver lapersonne de ses ressources et donc il n’y aura pas forcément d’accompagnement par rapport à ça parau retour en liberté et donc qui va augmenter notamment le taux de récidive et pour toi qu’est

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ce qui fait que ce taux de récidive est un peu plus bas de par l’accompagnement et là c’est peut-êtreplus peut-être même personnel mais selon toi qu’est ce qui aide justement dans ce parcours deresponsabilisation à diminuer ce taux de récidive je pense qu’il ya plusieurs choses c’est pasdiscuté dans l’article et donc c’est juste mon interprétation mais déjà le fait d’avoir unepeine alternative c’est passer à côté des conséquences de la prison donc ça veut direque c’est ne pas vivre une situation d’incarcération dans lequel on peut subir des victimisations dela part des autres détenus de la part du système pénal mais c’est aussi pouvoir continuer d’êtreinséré de manière socio-économique de pouvoir continuer à avoir un lien avec ses proches alorsque être en détention ça demande aussi et ça va précariser l’ensemble de la famille par exempleles allocations sont différentes elles sont données par la justice et sont moindres et donc vontpénaliser l’ensemble de la famille et pas seulement la personne incarcérée ça demande à ce qu’il y aitdes proches qui puissent se être soutenants et donc apporter du linge faire des lessives donnerde l’argent pour avoir c’est pas des conditions de vie minimale c’est vraiment pas du confortdonc déjà la manière dont on prononce les peines alternatives ça permet d’éviter ces expérienceslà et ensuite on peut estimer que praxis peut apporter en tout cas notre travail peut apporterquelque chose on a des études quantitatives on a fait une étude quantitative sur par exemple l’impact

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des parcours de responsabilisation sur l’alexittimie donc l’alexittimie c’est le fait d’avoir desdifficultés à identifier ces émotions et de pouvoir du coup les utiliser ne serait-ce quepour prendre des décisions c’est en lien notamment avec l’impulsivité qui peut également être enlien avec les affects dépressifs les consommations et le fait d’agir des comportements de violencemais on sait qu’un parcours va permettre de diminuer les difficultés à identifier les émotionsmais il y a aussi une autre étude alors qui est pas sur praxis mais qui est sur un dispositif quiest similaire qui s’appelle arpège prélude qui est ici pour d’autres types d’infractions c’estaussi des suivis de groupes mais proposés de manière différente et ce qui me ce que je trouvaisvraiment intéressant c’était l’idée que ces groupes de parole pouvaient permettre d’avoir desespaces pour soi et donc c’est un endroit où on peut apprendre à s’exprimer ce qui n’est pasforcément une évidence c’est un endroit où ce que l’on dit à une certaine valeur c’est permettred’échanger ces idées et de se sentir écouté valorisé c’est un endroit où on peut apprendreparce que même si on est beaucoup dans des réflexions dans des discussions à un certainmoment va utiliser des modèles particuliers où je pense notamment hier on a fait une séance surle parcours judiciaire le parcours pénal pour certains c’était complètement flou c’est à direque le procès il ne savait pas déjà qui étaient les différents magistrats en face d’eux qui était

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le procureur du roi etc et donc juste déjà d’avoir pu comprendre quel a été leur parcoursquels étaient les demandes de la justice ça a pu être dedans donc ici on peut dire voilà ily a des apprentissages qui se font sur le système judiciaire mais surtout en tout cas pour nous c’estsur les relations c’est sur les valeurs dans les relations c’est des parcours qui permettent deréfléchir sur soi sur son parcours de vie on a des exercices spécifiques qui permettent à lapersonne de témoigner de son parcours de vie et que ce soit de son enfance de son vécu de victimisationà certains moments de ses fiertés aussi de pouvoir se présenter différemment c’est réfléchir surses actes sur trouver des outils dans le quotidien penser à l’avenir c’est important aussi de pouvoiravoir des parcours qui sont centrés sur les besoins des bénéficiaires et la manière dontils pourraient répondre à ses besoins en gros pour avoir une bonne vie pour se sentir inséré et pourse sentir valide dans la société et puis ça permet également de se décentrer de soil’apprentissage des émotions c’est aussi l’apprentissage de l’empathie c’est aussi rencontrédans ces groupes des personnes qui sont différentes on a vraiment tout statut socio-économique et doncc’est aussi apprendre à avoir les difficultés les forces de chacun les histoires de chacun plus pourmoi un groupe est d’autant plus riche qu’il est nourri des différences de chaque individu et puisc’est aussi on espère une évolution du comportement certains vont pouvoir témoigner que je pense que

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c’est dans peut-être pas dans le film le parcours du combattant mais pour notre l’année dernièrela sbl a eu 30 ans et donc dans le cadre d’un colloque qu’on a organisé on a fait des séancesdes capsules de vidéos avec télévision du monde et il y a plusieurs petites capsules et il y avaitjustement des personnes qui ont bénéficié des parcours de praxis il y a trois personnes quitémoignent et c’est vraiment assez riche comme témoignage et certains peuvent dire maintenantpar exemple j’ai appris à réfléchir avant d’agir ça peut paraître assez naïf mais ça veut direque peut-être pour cette personne c’est un apprentissage par rapport à son impulsivitéou peut-être juste à sa manière de réfléchir et d’anticiper l’avenir donc c’est déjà un pasextrêmement important c’est tellement important ouais et quand j’entends ça je me dis bah oui enfinsans ça je vois pas comment s’il n’y a pas des pistes de réflexion de cet espace de parole dece qui est cet espace de parole ça veut dire qu’on peut aussi réfléchir ce sens aussi ducollectif de développer l’empathie enfin oui on se dit ah bah oui c’est basique mais il y en acombien même sans avoir été auteur ou autrice de violence qui ont pas cette facilité là et que ças’apprend et donc ça peut s’apprendre aussi via des parcours comme ça et puis il y a une autrepensée qui est aussi pour les victimes quand elles entendent ça elles se disent bah ok ils ont unepeine alternative alors que moi ce que chouette c’est que cette personne aille en prison que je

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ne la revois plus que je ne la croise plus que je me sente protégée pour toi qu’est ce que est ceque tu as des retours aussi des fois par rapport aux victimes qui ont peut-être ce sentiment enentendant ça que bah elles sont peut-être moins bien prises en charge que des fois peut-être lesauteurs et autrices de violence oui alors je veux vraiment être très prudente au niveau de cettequestion là puisque mon travail c’est un accompagnement des auteurs et donc j’ai peuaccès à des personnes victimes déjà j’ai pas accès aux victimes direct des personnes quej’accompagne et ensuite si on va dire que j’ai accès aux victimes c’est à travers les permanencesque je les effectue à la ligne d’écoute et donc c’est en gros toute personne qui s’interroge surune problématique de violence conjugale qui peut appeler cette ligne qui est une ligne d’écoutegratuite et anonyme et c’est aussi bien pour des professionnels c’est pour le réseau c’est pourles proches pour les victimes et mêles et pour les auteurs donc voilà je tiens à être vraimenttrès précautionneuse et à pas mettre des mots dans la bouche des victimes je pense qu’elleselles sont beaucoup plus qualifiées que moi pour parler de ça ou mes collègues du centre deprévention de la maire aux ongles vertes sont de prévention des violences sexuelles ce qui mesemble évident c’est qu’on va revenir avec cette fin je vais revenir moi avec cette idée du systèmepénal c’est que le système pénal il est là normalement pour protéger la société civile c’est

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pas un système qui est dans la protection des auteurs ou est dans la protection des victimes onparle de procureur du roi et donc pas du procureur de la victime et donc c’est centré sur l’aspectpunitif d’une action mais pas sur les besoins des victimes et en effet tous les courants d’abolitionnismepénal notamment avec je vais essayer de prononcer correctement mais russ morris qui dit que lesvictimes en fait elles ont avant tout besoin de réponses besoin de reconnaissance du préjudicesubi besoin de sécurité besoin de réparation besoin de donner du sens et puis on peut on peutcontinuer avec des besoins de contribution financière besoin de garde-enfants besoin desoutien psychosocial besoin d’information finalement la manière dont dont sont traitésles violences conjugales ne répond pas aux besoins des victimes et la seule réponse qui estbrandie de manière générale c’est le dépôt de plainte et c’est le passage par la case prisonavec une sécurité qui est temporaire mais ces personnes elles vont sortir à un moment donnéde prison et s’il ya aucun une action qui est faite pour elle et bien qu’est ce qui ferait quecette situation sera différente sachant comme on l’a dit tout à l’heure que peut-être qu’ilsseront encore moins insérés socialement qu’ils n’auront pas les revenus qu’ils avaient avantqu’ils n’ont pas leurs pères et leurs proches que c’est difficile même si ça existe c’estdifficile de trouver des associations des institutions qui accompagnent le parcours

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d’incarcération c’est légitime de se sentir lésé par rapport au système pénal parce qu’il nerépond pas aux besoins parce que c’est un système aussi qui est basé sur la matérialité des faitset qu’on peut vivre des violences et qu’on peut subir des préjudices qui ne rentrent pas dans cecadre et dans cette définition là c’est pour moi pour ça qu’il faut d’autres types de justicecomme la justice restauratrice comme la justice transformatrice en fait c’est une action totalede la société civile qu’il faut et pas uniquement du système pénal super intéressant est ce quetu peux tu nous a donné deux définitions là de la justice restauratrice et de la justicetransformative donc je veux bien les définitions oui alors du coup la justice réparatrice donc sije me réfère aux travaux de de guénola ricordo donc elle a sorti un livre en 2019 c’est pour elletoute contre la prison il me semble et donc en gros la justice réparatrice elle estime que ilest nécessaire de dédommager et de compenser un tort qui a été vécu et donc ça passe par lareconnaissance de la responsabilité de l’auteur et la restauration des liens sociaux et la résolutiondu conflit et du problème ça pose la question de est ce que est il possible de réparer derestaurer et surtout ça part dans l’idée que c’est juste quelque chose de diadique c’est un autreune victime et ça ignore l’implication de la société avec les critères que j’ai donnépraxis répond pas à la justice réparatrice par exemple parce que nous on restaure pas les liens

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sociaux et on résout pas le conflit déjà parce que ce conflit il a été utilisé ou en tout cas iln’est plus dans les mains des personnes puisqu’il est au niveau de la justice pénale ensuite lajustice transformatrice c’est imaginer que le délit ou le crime est une opportunité pourl’ensemble de la communauté et du coup ça répond à quatre caractéristiques c’est qu’il faut quele processus soit collectif donc il y est la victime la communauté et les auteurs et autricescommunauté ça veut dire que ce sont des gens de la société civile mais pas des professionnelsdonc imaginez que moi en tant qu’intervenante psychosociale j’ai pas de légitimité plus quequelqu’un d’autre pour intervenir par rapport à un préjudice subi et du coup normalement ceprocessus collectif il doit résoudre une situation qui est dite problématique et on va se centrersur les besoins de sécurité des victimes on va prendre en compte tous les rapports de dominationet leur caractère structurel alors que ici c’est une action et une réponse simple c’estune application littéraire et donc on va regarder par exemple si la personne est racisée en situationde handicap si c’est une personne lgbtqia plus si il ya d’autres rapports de domination et égalementça demande un engagement sur du long terme pour réparer le préjudice subi et est ce que c’est peut-êtreune question bête mais ce qu’en france ou en belgique on a ce genre d’exemple de justicerestauratrice et ou de justice transformative où on les voit plutôt dans d’autres pays alors

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beaucoup il me semble au canada mais par exemple la justice transformatrice je m’étais pincéeparce que je suis vraiment pas une experte pour être honnête je suis même autodidacte sur lesujet mais ce processus de justice transformatrice a été utilisé notamment dans la guerre au rwandaentre le tout et les tout ici donc on sait que ça a déjà été mis en application je y a beaucoupde travaux sur l’abolitionnisme pénal qui émerge de l’amérique du nord ensuite il ya des dispositifsqui sont créés en belgique donc mais qui répondent pas à l’ensemble des points de ces définitionsmais par exemple il ya des collectifs comme les matrices il ya des groupes de parole qui vonttenter de qui émerge pardon qui émane de la collectivité et qui vont tenter d’accompagnerles auteurs les victimes qui vont essayer de mettre en place ces dispositifs il me sembleaussi que la touline souhaite mettre en place et ces rencontres entre des auteurs et des victimesc’est encore des projets qui sont en cours plutôt en projet en tout cas en belgique selon mesconnaissances qui ne sont pas forcément complètes sur le sujet ok donc à rechercher à prendre avecdes pincettes et à faire des recherches là dessus mais en tout cas voilà restauratriceet transformatrice je dirais transformative mais c’est transformatrice et du coup par rapport à tontravail j’ai une question c’est quels sont les échanges ou quel est l’échange qui t’as le plusmarqué où là tu t’es dit ouah ce que je fais ça a vraiment une utilité par rapport à ma mission à

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mes missions il y en a plusieurs mais il y en a un qui me marque tout particulièrement c’étaitl’été dernier on avait fait une séquence sur le consentement et les violences sexuelles notammentpour apprendre très concrètement ce que c’est le consentement dans toutes les situations de la viepas seulement lors de moments qu’on va appeler intimes ou sexuels mais aussi dans n’importe quelleactivité que ce soit je sais pas oui manger aller au cinéma mais aussi dans je sais pas dans lessoins à la médecine etc et on avait utilisé un jeu qui s’appelle ok pas ok qui est souvent utilisépar les plannings familiaux lors de leurs séquences d’animation et en gros pour un petit peu décrirece jeu il ya une carte situation que un bénéficiaire lit et puis il ya des cartes réponse avec desindications de comment donner sa réponse quel est le ton et quel est le type de messages véhiculéset je me souviens que alors que c’était un échange relativement anodin dans à la fin on a demandésur le processus comment est ce qu’ils avaient vécu et une personne a pu dire que ça avait été trèsdifficile pour elle de vivre le fait qu’un autre bénéficiaire avait assisté à plusieurs reprisesdonc c’était je pense pour aller au restaurant par exemple et l’échange c’était bah non j’ai pas envied’aller je non écoute c’est la fin du mois oh mais t’inquiète pas je vais payer oui mais en fait jesuis un petit peu fatigué oui mais alors on se verra on va prendre une table à 19h oui alors enfait je suis vraiment et finalement cet échange la personne se sentait acculée à force de devoir

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dire non et a vécu beaucoup de frustration beaucoup de colère la manière dont il a réussi à dire nonen fait je ne veux pas manger avec toi ça a été justement en haussant la voix en étant vraiment forten colère et lui a pu dire finalement mais je comprends mieux ce que ont pu vivre certaines demes partenaires lorsque je n’ai pas entendu leur consentement lorsque j’ai estimé qu’il étaitimportant pour moi d’avoir un rapport sexuel que finalement ça n’allait pas tant les contraindreque ça ça a vraiment été une révélation pour cette personne de pouvoir dire en fait alors queen face préalable alors que j’imaginais que j’étais une personne qui n’avait jamais fait vivre de laviolence sexuelle à une des me partenaire je découvre un moment de ma vie que si j’ai agi dela violence et je découvre aussi les émotions ou en tout cas certaines émotions qu’elles ont puvivre lorsque c’est moi qui ai agi de cette manière là et vraiment en plus c’était cettemanière très je sais pas c’était dans une manière très brute de le dire et ça m’avait ça m’avaitvraiment et encore maintenant c’est souvent l’exemple que j’ai ça m’avait vraiment marqué et je mesentais je me disais ah oui bah voilà ce finalement ce travail il est important parce quesous couvert d’un jeu de société que je suis en train de faire avec des adultes dans le casd’une peine et donc on pourrait très bien rétorquer que finalement on s’amuse quand mêmevachement bien en séance on est arrivé à des dévoilements des prises de conscience mais cette

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personne a nommé ça aussi dans un groupe de pères alors que il faut savoir quand même quedans nos groupes il y a assez peu de personnes qui dévoile des violences sexuelles je pense que c’estque 6% qui reconnaissent déjà en face préalable avoir agi des violences sexuelles et que ça resteune des difficultés c’est une violence qui est davantage marginalisée que les autres donc c’étaitassez impressionnant ce moment dans ce groupe ouais vraiment impactant comme tu dis comme unjeu de société et des jeux de rôle de ce que je comprends lui a joué ce rôle et s’est senti unpeu envahir a essayé de trouver des moyens de contourner pour dire non puis finalement a dûdire non quand c’était trop et donc avec de la colère et a pris une prise de conscience de cesactes et donc une responsabilisation de l’émotion comme tu dis avec une certaine empathie de peut-êtrece que leurs partenaires ce que ces partenaires ont pu peut-être ressentir de reconnaître de direah oui en fait j’ai fait ça et comme tu dis dans ces groupes là il ya peu de personnes quireconnaissent vraiment leurs actes donc une responsabilisation une reconnaissance des acteset en plus de le mentionner de le reconnaître devant le groupe de pères aussi ultra impactantje trouve que les moments les plus riches pour moi c’est finalement quand j’ai pas besoin desoutenir le groupe quand eux-mêmes peuvent amener des points de vue différents des pointsde vue nuancés peuvent eux-mêmes apporter des outils c’est ça les meilleurs moments pour moi

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de groupe ici on a apporté quelque chose et c’est vrai que cette révélation elle m’a marqué parceque voilà comme tu l’as dit c’est au niveau des violences sexuelles et compagnie et c’est cedévoilement et cette prise en question à un certain âge de ces comportements mais de manièregénérale en fait je chaque soir je suis impacté chaque soir je vis des émotions positives négativesje peux à certains moments vivre une certaine fierté pour les personnes avec qui je travaille jepeux vivre de la colère je peux vivre de la frustration de la tristesse du dégoût je peuxvivre énormément de choses et ce travail est un travail humain et un travail marquant et ouije crois que je je me profondément j’aime profondément ce que je fais je le trouvesincèrement utile c’est aussi pour ça que je viens aujourd’hui et n’importe lequel de ceséchanges me semble intéressant me semble pertinent il faut des gens comme toi donc merci pour tontravail aussi qui n’est pas toujours évident effectivement comment on peut continuer à luttercontre les violences oui donc on a donné une première piste mais je disais tout à l’heurequ’il y avait eu cette très grande enquête en belgique et le rapport de cette enquête a étépublié en 2022 fin 2022 aux éditions polythéas et fabienne glovax et je pense qu’athrine fallonfallon ont plusieurs propositions je vais te les lire là parce que comme ça je les ai sous lesyeux et un petit peu d’écrire et peut-être parler de moi celle qui me parle peut-être le plus donc

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ce qui est proposé en premier lieu c’est une prise en charge plus de plus pluridisciplinaire donc avecaussi bien le soin le social et les judiciaires c’est l’extension du concept et de la couvertureen fait des ipv donc des violences entre partenaires donc c’est à la fois la diversification etl’actualisation des cadres théoriques on n’a pas parlé des définitions maintenant mais bon voilàc’est ce qu’ils disent l’extension de l’approche pluridisciplinaire donc c’est la mise en réseaudes partenaires c’est renforcer les interventions de première ligne donc l’accueil de toute personnequi a des questions au niveau de les violences entre partenaires intimes c’est faire de laprévention primaire une priorité politique c’est développer et renforcer le suivi des auteurs c’estdévelopper et renforcer la protection des victimes sur moyen et long terme et puis c’est égalementmettre les enfants au coeur de cette problématique des violences conjugales ou intrafamiliales en toutcas des violences entre partenaires intimes forcément celle qui me parle le plus avecmon activité c’est renforcer et développer le suivi des auteurs on manque d’offre de service eton manque de visibilité il y a assez peu de campagne en fait qui peuvent dire mais tiensquand je suis auteur de violence où est ce que je pourrais me rediriger donc il y a eu certainesen pardon certaines campagnes avec la ligne d’écoute il peut y avoir de temps en temps au ruban blanccertaines campagnes mais a priori c’est pas suffisant ou en tout cas c’est pas assez

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développé pour moi il est absolument nécessaire qu’il y ait des solutions d’hébergement par exempleon a des dispositifs qui permettent de retirer la personne violente du domicile mais il n’y a pasd’accompagnement dans des structures or le samus social est déjà débordé et donc c’est despersonnes qui vont finalement par exemple aller chez des amis dormir dans leur voiture être àla rue ou dormir au travail mais c’est pas des solutions pérennes ça veut dire que ça ça peutdurer je sais pas deux jours une semaine max mais forcément c’est des personnes parce qu’on leurdonne pas les conditions nécessaires qui vont revenir dans le domicile et qui vont revenir avecénormément de frustration qui vont revenir avec je sais pas une situation physique qui est empiréeet donc qui pourrait amener à augmenter le risque de violence mais manière générale en fait ilfaudrait qu’il y ait des services d’hébergement avec un encadrement spécifique qui est unaccompagnement comme je le disais à la réhabilitation des suivis en prison lamultiplication des possibilités des suivis lors des peines alternatives par exemple nous onpropose que des peines enfin on propose pardon que des dispositifs de groupe ça devrait pouvoirêtre intéressant de pouvoir aussi avoir des dispositifs de suivi individuel parce qu’il y ades personnes que l’on prend part en charge par exemple des personnes qui n’auraient pas enviede se dévoiler dans le groupe ou qui auraient de la phobie ou qui auraient beaucoup d’anxiété c’est

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des personnes que l’on peut pas suivre on suit pas aussi donc nous dans notre dans nos dispositifs degroupe c’est uniquement des échanges en langue française donc ça veut dire qu’il y a beaucoupde gens que l’on peut pas accompagner il faudrait des suivis absolument spécifiques il faudraitpouvoir s’adapter on est dans un bâtiment où il n’y a pas de rampes par exemple on peut pasprendre des personnes en situation de handicap donc c’est toutes ces situations excluantes ilfaudrait pouvoir finalement non pas en faire une force mais donner des possibilités et donner despossibilités égales et puis pour moi il faut un accompagnement social mais qu’il soit au centrede permettre déjà d’avoir à des personnes d’avoir des logements qui sont décents de pouvoir avoirdes revenus j’ai l’impression que la responsabilisation ça arrive de manièretardive alors qu’il ya des échecs pour moi qui sont collectifs comment on peut demander à unepersonne de venir s’asseoir deux heures par semaine sur une chaise à réfléchir sur euxmême si en fait ils savent pas où est ce qu’ils vont dormir s’ils ont des problèmes de consommationsi en fait ils ont et ça arrive si ils ont travaillé 12 heures la journée ils vont en plus revenirdeux heures c’est presque impossible et donc il ya des nécessités sociales en tout cas à réglersuper intéressant et tu vois quand tu parlais des centres d’hébergement au début je dis làpourquoi quoi et en fait je me disais mais oui en fait il y a des centres d’hébergement pour les

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victimes et il en faut mais du coup ça demande en fait que ce soit les victimes qui sortent du coupde leur logement alors des fois c’est un choix des fois c’est subi et peut-être aussi de se direbah s’il ya des centres d’hébergement pour les auteurs et autrices bah en fait c’est à eux debouger du domicile et pas de revenir bah les victimes voilà il ya déjà des traumatismeset en plus elles doivent recommencer toute leur vie reprendre des repères qui des fois sont vouluset puis bah des fois sont subis aussi oui on peut se dire aussi que ces centres d’hébergement c’estdes centres aussi où on peut avoir des points de crise c’est à dire que la plupart du temps on vaproposer aux gens de faire ce qu’on appelle un time out un temps d’arrêt donc c’est à dire depouvoir prendre conscience de leur sensation corporelle de leur émotion de leur penséelorsqu’ils sont dans des situations et de tension pardon et de repérer le point un peu de non-retouret souvent on leur demande de pouvoir préparer leur sortie donc c’est à dire de prendre un sacmettre des sous vêtements mettre je sais pas n’importe quoi un billet de 10 euros dedans untéléphone en fait un sac qui puisse identifier pour pouvoir partir et surtout un lieu dans lequelils peuvent partir mais c’est pas une possibilité qui est offert à tout le monde là encore çadépend beaucoup du réseau beaucoup des ressources et donc ça pourrait aussi être ces centresd’hébergement des lieux lorsqu’il ya des crises et de pouvoir gérer la crise avant qu’il y ait un

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passage à l’acte merci c’est vraiment super intéressant et important et je pense que peut-êtreque les personnes qui étaient au début réfractaires en se disant mais pourquoi un épisode à ce sujetpourquoi on ferait ça en tout cas ça donne des pistes de compréhension en tout cas pour moi çafait encore plus sens dans tout ce que tu as dit et ma question finale généralement je demandes’il ya une chose que les gens doivent retenir de l’intimité qu’est ce que ce serait ici j’aimeraispeut-être mettre l’accent plus et tu disais un petit peu en amont que les personnes hauteursautrices de violences des fois ne savent pas par où commencer etc qu’est ce que tu aimerais diresi là il ya des personnes qui nous écoutent et qui se reconnaissent déjà dans peut-être des infractionsdes violences qu’elles ont pu commettre à une violence avec un grand v et un s qu’est ce quetu aurais envie de leur dire donc je pense que dans un premier lieu c’est important de leur direqu’il existe une ligne d’écoute qui est le 0 800 30 0 30 qui peut aussi avec des professionnelsqui sont formés qui peuvent les écouter et les orienter que ce soit par rapport pour leurdonner de l’information pour les réorienter vers du réseau et également que nous en tantque professionnels à praxis nous sommes disponibles s’ils veulent démarrer que ce soit une réflexionet donc qu’on se voit en phase préalable ou s’inscrire dans des groupes de responsabilisationet avoir un projet sur du plus long terme en tout cas sur du moyen terme de responsabilisation

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ils peuvent nous appeler donc l’antenne de bruxelles celle où je travaille notre numéroc’est le 02 217 98 70 peut-être quand même à savoir que c’est un suivi pour les personnesvolontaires qui est un suivi qui est payant mais qui a des possibilités de s’adapter parce que lesconditions financières doivent pas être un frein à ce travail au niveau de la récidive et donc ceque l’on aimerait amener c’est peut-être dépasser certaines fois le sentiment de honte le sentimentd’isolement pour pouvoir s’entourer d’un réseau ici en premier lieu de professionnels qui peuventaccompagner et assurer la sécurité de chacun super je mettrai tout ça dans les notes de l’épisodealors allez voir justement les ressources et si vous êtes en france et si vous êtes auteur deviolence conjugale il ya la ligne d’écoute que je viens de voir sur internet qui est le 08 019 01911 et en france il ya des dispositifs qui sont similaires à praxis alors tous ne fonctionnent passur des groupes de responsabilisation mais ces institutions pardon elles s’appellent les cpcales centres de prise en charge des auteurs de violence conjugale et donc normalement il y en aun par région ou par département peut-être par département je vous mettrai de façon tout çadans les dans les notes encore une fois tu m’as partagé aussi des ressources que je vais mettreaussi dans les notes podcast on parlait du podcast les couilles sur la table violence conjugalebanalité du mal que faire des hommes violents un podcast d’art et que tu m’as partagé quand

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les pères font la loi un podcast à soi reprendre sa liberté femmes et violences enquête sur lesviolences et rapport de genre ça c’est peut-être celui que tu m’avais partagé nos absentes pourquoiles féminicides de lauraine décarde nos pères nos frères nos amis qu’on a beaucoup entenduparler de matthieu palin je verrai toujours vos visages qui est actuellement quand on enregistre en avril 2023 est toujours au cinéma et donc je vous invite à aller le voir moi jesuis allé voir hier et julie va le voir ce soir et puis voilà de vraiment vraiment aller voir sesressources il ya des outils il ya des personnes pour vous accompagner dans tout ce processuset bien julie je te remercie beaucoup pour tout ce que tu nous as partagé merci beaucoupet voilà c’est la fin de cet épisode j’espère que cet épisode vous a plu qui vous a peut-êtreamené des réflexions nouvelles sur la vie intime relationnelle affective sexuelle si c’est le caspensez à laisser des étoiles sur votre plateforme des coups et la petite nouveauté par rapport aupodcast c’est que vous pouvez retrouver les transcriptions de tous les épisodes même ceuxen anglais et qui sont traduits en français automatiquement vous pouvez les retrouver surmon site internet kamibatayon.com dans l’onglet podcast comme ça c’est accessible pour toutesles personnes qui n’ont pas le temps d’écouter des audios ou souhaite avoir l’écriture en plusdes audios ou ne comprennent pas l’anglais et veulent suivre les épisodes en anglais avec

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la traduction française nous pouvons échanger sur mon compte instagram kamiparlesex ou ma pagelinding kamibatayon où je partage également des informations sexo alors venez me rejoindreet en attendant de revenir dans vos oreilles je vous souhaite de belles expériences intimes à bientôt

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