0
Prendre RDV
Désir & libido

#33 Coup de gueule: Vous demandez des changements sans efforts

Camille Parle Sexe
Solo · 12 min · Apple · Spotify

Dans cet épisode bonus "coup de gueule", Camille Bataillon exprime sa colère face à une situation récurrente en consultation: des femmes qui viennent seules consulter, culpabilisant pour leur baisse de libido, alors que leurs conjoints refusent de se remettre en question ou de venir en couple. Elle rappelle qu'une difficulté de couple ne peut se régler avec une seule personne et que demander du changement sans fournir d'effort soi-même est profondément injuste pour la partenaire. Elle interpelle ces hommes en leur disant que tant qu'ils ne sont pas prêts à faire le travail, ils ne devraient pas exiger de changement.

Chapitres

  • 00:00:51Introduction et appel au soutien
  • 00:01:40Pourquoi cet épisode coup de gueule
  • 00:02:05Not all men: à qui je m'adresse
  • 00:02:38Recevoir en séance les femmes de ces hommes
  • 00:03:29Tout le monde souffre dans l'équation
  • 00:04:53Apprendre les langages érotiques de l'autre
  • 00:05:21Pourquoi le couple doit venir à deux
  • 00:06:19La condition impossible: du sabotage
  • 00:09:18Pas d'effort, pas de changement
  • 00:09:18Le cas du post-partum et la violence de la demande

Points clés

  • Une difficulté sexuelle ou de couple ne peut pas se résoudre avec une seule personne: les deux partenaires doivent venir en séance.
  • Avoir moins de libido n'est pas un problème ou une anomalie, et avoir plus de libido n'en est pas un non plus.
  • Le désir peut être présent mais bridé par un mauvais contexte, lui-même alimenté par les comportements des deux partenaires.
  • Poser comme condition d'avoir d'abord plus de rapports avant de consulter est une demande impossible, une forme de sabotage.
  • Demander du changement sans faire d'effort soi-même est injuste pour la partenaire et pour la relation.
  • Il est essentiel d'apprendre les langages de l'amour mais aussi les langages érotiques de chacun.
  • On demande aux femmes de se mettre à la place des hommes qui souffrent, mais l'inverse est rarement exigé, notamment en post-partum où la demande devient violente.

Transcription

Lire la transcription complète
00:00:00Vous écoutez Camille Parle Sex, votre podcast bien être sexuel inspirant.
00:00:10Je suis Camille Bataillon, sexologue clinicienne.
00:00:13Dans ce podcast, vous l'aurez compris, je parle de sexe, de la sexualité au sens large.
00:00:18Ce podcast, c'est un peu comme dans ma vie.
00:00:21Je fais les choses au plus simple, sans prise de tête et selon mes propres règles.
00:00:25Je vous parle en suivant mon humeur du moment, ma motivation, mais surtout mon instinct.
00:00:29Pour vous donner votre dose d'inspiration.
00:00:31Avec mes invités ou en solo, je souhaite vous donner la crème de la crème en sexologiepour réfléchir ensemble à la sexualité et vous offrir le meilleur de l'éducation sexuelle.
00:00:42J'espère ainsi vous inspirer dans votre intimité, que ce soit seul, à deux ou à plusieurset faire vibrer votre sexualité.
00:00:49Alors, bienvenue!
00:00:51Hello hello, avant de commencer avec cet épisode bonus, craquage, coup de gueule.
00:00:59Si vous aimez mon travail, si ce podcast qui existe maintenant depuis début septembre2023 vous plaît, vous suit dans votre quotidien ou même pas forcément, vous piochez commeça des épisodes, ceux qui vous parlent.
00:01:13Si ça vous plaît, ça serait génial que vous puissiez prendre le temps de mettre despetites étoiles, de mettre des cœurs.
00:01:19Si vous écoutez cet épisode sur Spotify ou sur Apple Podcast, je sais que sur d'autresplateformes ce n'est pas possible, mais alors envoyez moi de l'amour et du soutien surle compte Instagram camibarsex ou par mail à hello at camibataillon.com.
00:01:34En tout cas, je vous remercie de votre fidélité, de votre écoute et de tous vos partages.
00:01:39Bonne écoute!
00:01:40Je vous enregistre cet épisode coup de gueule parce que je viens de sortir d'une séanceet en fait ces dernières semaines j'ai beaucoup de séances comme ça et je me suis dit c'estpas possible et j'ai besoin de lancer ce message, j'ai besoin d'expliquer ça.
00:02:05Avant toute chose, non, not all men, il y a des hommes très bien, il y a des hommes quise remettent en question, il y a des hommes qui sont prêts à faire des thérapies.
00:02:15Non, là je parle à ces hommes qui ne sont pas prêts à aller en thérapie et ils ontleur raison, on n'est pas en force personne, mais qui ne sont pas prêts à aller en thérapie,pas prêts à demander de l'aide, pas prêts à se remettre en question et c'est pas forcémentque de leur faute parce qu'il y a toute cette éducation sur les hommes, ce poids, cettesociété patriarcale, on est d'accord.
00:02:38Mais là où je suis en tension, là où je bouillonne à l'intérieur de moi, c'estquand en séance je reçois les femmes de ces hommes qui ont moins de libido que ceshommes, qui culpabilisent plus que ces hommes, qui se disent qu'elles sont prêtes à fairen'importe quoi, à trouver des outils, elles veulent des réponses, elles cherchent desoutils pour avoir plus de libido, pour qu'il y ait moins de tension dans leur couple etque ça aille mieux, qu'ils soient moins frustrés, qu'ils soient moins désespérés,alors qu'elles sont tout autant désespérées, qu'elles sont tout autant en souffrance,qu'elles ont tout autant besoin qu'on écoute aussi leurs désirs et leurs plaisirs et quece n'est pas parce qu'on a moins de libido que ça veut dire qu'on a une difficultéou un problème sexuel et vice versa, ce n'est pas parce qu'on a plus de libido qu'on aun problème ou des difficultés et vice versa, vous m'avez compris, bref.
00:03:29Mais tout le monde souffre en fait dans l'équation, tout le monde souffre et ce qui me fait bouillonnerà l'intérieur de moi, c'est ces hommes-là.
00:03:37Encore je le répète parce que je n'ai pas envie que des commentaires d'hommes me disent« mais non pas moi, moi je suis prête à venir en séance, mais non pas moi je lis,je m'informe, je le sais, je le sais parce que vous venez en séance, je ne parle pasde vous, je parle de ces hommes ». Et là dans les généralités ont une libido plusfacile, on va dire ça comme ça, pour différentes raisons et qui se retrouvent frustrés ensouffrance et ils ont leurs raisons, mais qui demandent à leurs conjointes d'allerconsulter parce que ce sont elles qui ont un « problème » et ces femmes consultentparce qu'elles culpabilisent et se disent qu'elles ne sont pas normales, qu'ellesont un problème, qu'elles ne sont pas comme toutes ces femmes qui apparemment ont dudésir facilement, du plaisir facilement et que tout a l'air si simple dans les autrescouples, elles culpabilisent, elles viennent en séance et elles me disent « je suis motivé,je suis prête à faire n'importe quoi, donnez-moi les outils ». Et je vous assure,ça les tue sûrement de m'entendre dire ça mais je dois alors dire ça, c'est queil y a une grande limite, que vous n'êtes pas seul dans cette relation-là et que voussouffrez tous les deux et qu'en fait il y a besoin que le couple vienne en séance pourpouvoir se poser, pour pouvoir se remettre en question, pour pouvoir identifier, apprendre
00:04:53le langage de l'autre, que ce soit le langage de l'amour, ça vous commencez à connaîtreun peu mieux, mais aussi les langages érotiques.
00:05:00Qu'est-ce qui fait, quels sont les éléments qui font que je suis excitée, quels sontles éléments qui font qu'en fait ça vient tuer mon désir.
00:05:06Et ces femmes-là qui justement ont moins de libido finalement quand on creuse, la libidoelle peut être là, c'est simplement pas le bon contexte pour qu'elle puisse êtrelà, et ce pas bon contexte est alimenté par les comportements de l'un et de l'autredans le couple.
00:05:21D'où la nécessité que les deux viennent en séance.
00:05:24Parce que je ne peux pas régler une difficulté de couple avec seulement une des personnesdu couple.
00:05:28Déjà un, ça serait pas juste et de deux, on ne peut pas faire 100% du job.
00:05:32Donc souvent ce que je leur dis c'est, ces éléments-là on peut les travailler en individuel,il y a toujours des choses à travailler en individuel, mais par contre ces éléments-làdu couple, ben, soyons honnêtes, je vais être honnête, je vais vous dire, ce que vousn'avez pas envie que je vous dise, mais vous ne pourrez pas faire seul.
00:05:47J'entends que vous avez envie de mettre des choses en place, mais pas toutes seules.
00:05:52Et là je m'adresse encore une fois particulièrement à ces hommes qui, du coup leur compagne,vont répondre, oui mais je sais, et en plus je prêche des convaincus, oui mais je saisqu'on aurait besoin d'une séance en couple et je lui ai orné parler, mais en fait c'estpas possible pour lui, il veut pas, il veut pas, il est pas prêt, il pense qu'il n'apas de problème, il veut pas se remettre en question, ou alors le cas où il veut bienconsulter à condition qu'on ait déjà une meilleure fréquence des rapports sexuels.
00:06:19Non mais là en fait ce qu'il vous propose, c'est impossible, c'est-à-dire qu'il vousdit que quand il y aura ça, alors oui je viendrai consulter, sauf que ce quand il y aura ça,ça ne peut pas être possible sans sa présence, ça ne peut pas être possible tant qu'iln'est pas motivé à changer lui aussi des choses.
00:06:34Donc en fait ce qu'il vous demande, cette condition-là, elle est impossible, et ille sait peut-être inconsciemment d'avance que c'est impossible, donc c'est du sabotage,il vous demande quelque chose d'impossible, donc en fait il vous demande qu'il y aitdes choses qui puissent changer sans que lui ne fasse rien et qu'en plus il mette desobstacles à ce changement.
00:06:51Bien sûr ce n'est pas que l'homme, mais là je parle de ceux qui ne sont pas prêtsà aller consulter et qui disent ce genre de choses et je le dis et je suis énervée,vous m'entendez, mais parce qu'il n'y a pas qu'un seul homme comme ça, il y en aplusieurs, pas tous, mais il y en a certains.
00:07:07Et donc moi en tant que thérapeute, je me retrouve avec cette difficulté parce queje pose les limites avec la personne que j'ai en face de moi qui est généralementla femme, j'explique tout ça en disant c'est la dernière chose que vous avez envie deentendre dire qui est qu'en fait je ne peux rien pour vous, pour votre couple si vousn'êtes pas tous les deux là, je sais que ça vous n'avez pas envie de l'entendre,mais je suis obligée de vous le dire.
00:07:31Et je sais aussi que je vous le dis à vous alors que je prêche une convaincue et doncc'est complètement mindfuck.
00:07:36Je devrais dire ça à votre partenaire, donc comment faire en fait pour atteindre ces hommes-làqui ne sont pas prêts à aller en séance, qui ne sont pas prêts à se remettre en question.
00:07:44Dites-moi, pour les hommes qui sont prêts à faire tout ce travail-là, qu'est-ce queje peux faire? Alors vous me direz qu'on ne peut rien faire, qu'on ne peut pas finalementchanger ces personnes-là et qu'on ne peut pas faire plus que ce que ces personnes sontprêtes à faire? Je conçois et je suis d'accord et que du coup la meilleure des solutionsc'est de se mettre avec quelqu'un qui est prêt à changer, à avoir des réflexions,à se remettre en question. Pareil, ça je suis d'accord. Et je me dis quand même, est-cequ'il y a une lueur d'espoir quand même? Point d'interrogation, aidez-moi.
00:08:14Voilà, ça fait du bien de partager ça pour les personnes qui se retrouvent dans cettesituation-là et que si vous allez consulter avec moi, vous allez m'entendre dire çasi vous vous retrouvez dans cette situation-là. Pour les hommes que j'ai en consultation quisont à la recherche de ressources, qui se posent des questions, qui ont cette flexibilité-làvis-à-vis de la sexualité, est-ce que vous pouvez partager un petit peu toutes ces démarches-làsi vous vous êtes retrouvé à un moment de votre vie où justement vous étiez cettepersonne-là, pas prête à consulter, pas prête à faire des démarches, pas prêteà vous remettre en question? Bien sûr aussi, je sais qu'il y a des limites vis-à-vis deça, qu'on ne va pas changer ces personnes-là qui ne sont pas prêtes à changer. Et çaje le dis évidemment à la personne que j'ai en face de moi, mais ça n'empêche pas queil y a de la souffrance, qu'il y a de la frustration et que c'est ma limite en tantque thérapeute aussi vis-à-vis de cet accompagnement-là. Mais voilà, j'avais envie de le sortir,c'était sur le cœur parce que ce n'est pas seulement une fois par semaine que j'aice genre de discours et que des fois j'ai juste envie de secouer, d'aller voir l'hommedirectement et de lui dire « mais c'est bien beau de demander des changements dansla relation de couple, c'est bien beau de vouloir des choses, c'est bien beau de souffrir,
00:09:18etc. Mais si vous n'êtes pas prêts à faire le travail pour, vous demandez quelque choseen fait sans effort. C'est tellement injuste, tellement injuste pour votre partenaire, tellementinjuste pour la relation, et pas souhaitable en fait. » Donc mon message pour ces personnes-là,si elles écoutent ce genre de podcast, c'est de se dire que si vous voulez du changement,vous devez faire des efforts et que tant que vous n'êtes pas prêts de faire des efforts,alors ne venez pas demander des changements. Merci. Je ne sais pas si je dois terminerce podcast comme ça. Ça peut sembler peut-être brutal pour les personnes qui écoutent cetépisode, mais c'est la réalité aussi. Et là encore, quand j'ai reçu ce genre de demande aussi,pareil, une femme qui consulte et qui est en postpartum immédiat, c'est-à-dire qu'elle acouché il y a moins de deux mois, qui fait tout ce travail-là et qui veut sauver son couple et quiveut faire plaisir à son partenaire qui souffre de cette irrégularité des rapports sexuels, etc.
00:10:13Je lui ai dit à un moment, je lui ai dit « je suis désolée, je vais dire quelque chose peut-être dedur, mais ce qu'il vous demande c'est extrêmement violent. Pour moi, je ne peux pas comprendre,qu'on ne puisse pas comprendre, et d'autant plus en postpartum quand vous venez d'accoucher,qu'on ne peut pas comprendre que vous ayez besoin aussi de temps, que vous aussi vous avez besoinqu'on prenne soin de vous, qu'on prenne soin de vos désirs, qu'on prenne soin de votre plaisir.
00:10:38C'est extrêmement violent ce qu'il vous dit. » Évidemment, elle était d'accord. Elle disait« bah oui ». Et j'ai du ressentiment envers sa demande, parce que je ne comprends pas non plusqu'elle ne puisse pas comprendre. Donc on demande aux femmes de pouvoir se mettre à la place deshommes qui souffrent, et elles le font, mais les hommes ne se mettent pas à la place de ces femmesqui souffrent. Et c'est ça qui me rend complètement dingosse. Je sais que je prêche déjà desconvaincus si vous êtes des femmes qui se retrouvent dans ces situations-là, vous êtes déjà au courant,vous le savez. Des fois vous avez peut-être pas envie de le réaliser, d'en avoir conscience,mais voilà, c'est la réalité. C'est tout ce que je voulais dire par rapport à cet épisode. Voilà,ça reste comme ça. Si vous avez des partages à me faire, please faites-les sur mon compte Instagramcamiparlsex ou par email hello at camipatallion.com. Si vous êtes un homme qui est passé par là et quia pu évoluer et changer, pareil, please donnez-moi, il n'y a pas de recette miracle, mais partagez-moivotre cheminement, parce que je sais que c'est un cheminement, parce que je sais que ça doitpartir de soi, parce que je sais aussi que ça demande beaucoup d'efforts du développementpersonnel, de l'introspection, et parce que je sais que pas tout le monde n'est prêt au même moment.
00:11:54En tout cas, à travers cet épisode, ce que je souhaite vous dire, peu importe qui vous êtes,peu importe ce que vous vivez, please prenez soin de vous. Avant de raccrocher cette petitenote pour les professionnels de la santé, les professionnels de la relation d'aide,c'est à dire les thérapeutes de couple, les sexologues, toutes personnes qui travaillentavec les couples, par exemple aussi les sages femmes, les psychologues, les conseillèresconseillers conjugaux et familiaux, etc. J'organise mon premier webinar pour les professionnels lejeudi 16 mars. Je vous mets toutes les informations pour l'inscription et le descriptif de ce webinardans les notes de l'épisode, donc n'hésitez pas à aller sur votre plateforme pour regarder toutça et vous inscrire. On se retrouve le 16 mars et je vous dis à bientôt!