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#48 Virginie Querard-Clarenc : Instagram et son influence sur la sexualité des femmes + 45ans 3



Sur instagram, 52,2% sont des femmes. On parle souvent de l’impact négatif que peut avoir Instagram sur la santé mentale, le rapport à notre corps, l’ estime de soi chez les jeunes. Il faut savoir qu’une majorité de l’audience d’ Instagram touche les – de 34ans. Pourtant, Instagram ce n’est pas que pour les jeunes, puisque 17% de l’audience a 45ans +. Notre sujet du jour s’intéresse à ces femmes de plus de 45 ans qui utilisent ce réseau social, et de l’impact que cela peut avoir sur leur sexualité.

Que viennent-elles chercher sur instagram ? Quels sont leurs apprentissages ?

Mon invitée Virginie Quérard Clarenc, Sexologue et Thérapeute de couple. Elle a réalisé son mémoire universitaire en s’interrogeant sur l’impact d’Instagram sur la fonction sexuelle des femmes ménopausées.

Dans cet épisode, vous allez nous entendre parler de :

  • Que viennent-elles chercher sur instagram vis à vis de la sexualité ?
  • 4 grandes questions qui reviennent souvent
  • Les apprentissages trouvés sur instagram sur la ménopause et sexualité 
  • Les représentations de ces femmes dans les contes
  • La découverte du clitoris à 45 ans +

 

La phrase clé de l’épisode : 

“Le vieillissement n’est pas valorisé. Il est toujours associé à des problèmes et finalement c’est ce que les femmes vont vivre ». Or la ménopause peut être un super moment de mi-temps de vie”

 

Pour retrouver mon invité.e :

Ressources pour aller plus loin :

Mon compte instagram : @camilleparlesexe  -/- mon site internet : www.camillebataillon.com

Transcription :

00:00:00
Vous écoutez Camille Parle Sex, votre podcast bien être sexuel inspirant.

00:00:10
Je suis Camille Bataillon, sexologue clinicienne.

00:00:13
Dans ce podcast, vous l’aurez compris, je parle de sexe, de la sexualité au sens large.

00:00:18
Ce podcast, c’est un peu comme dans ma vie.

00:00:21
Je fais les choses au plus simple, sans prise de tête et selon mes propres règles.

00:00:25
Je vous parle en suivant mon humeur du moment, ma motivation, mais surtout mon instinct.

00:00:29
Pour vous donner votre dose d’inspiration.

00:00:31
Avec mes invités ou en solo, je souhaite vous donner la crème de la crème en sexologie,pour réfléchir ensemble à la sexualité et vous offrir le meilleur de l’éducation sexuelle.

00:00:42
J’espère ainsi vous inspirer dans votre intimité, que ce soit seul,à deux ou à plusieurs, et faire vibrer votre sexualité.

00:00:49
Alors, bienvenue !

00:00:51
Sur Instagram, 52,2% sont des femmes.

00:00:57
On parle souvent de l’impact négatif que peut avoir Instagram sur la santé mentale,le rapport à notre corps, l’estime de soi chez les jeunes.

00:01:04
Il faut savoir qu’une majorité de l’audience d’Instagram touche les moins de 34 ans.

00:01:07
Pourtant, Instagram ce n’est pas que pour les jeunes de moins de 34 ans,puisque 17% de l’audience touche les plus de 45 ans.

00:01:15
Notre sujet du jour s’intéresse à ces femmes de 45 ans et plus qui utilisent ce réseau socialet l’impact que cela peut avoir sur leur sexualité.

00:01:23
Que viennent-elles chercher sur ces comptes ?

00:01:25
Quels sont leurs apprentissages ?

00:01:26
Mon invitée, Virginie Kérard-Claronc, sexologue et thérapeute de couple,reçoit régulièrement des patientes concernées par ce sujet.

00:01:34
D’ailleurs, elle en a fait son mémoire universitaireen s’interrogeant sur la pacte d’Instagram sur la fonction sexuelle des femmes ménoposées.

00:01:42
Virginie, bienvenue sur Camille Parlesex.

00:01:44
Bonjour Camille, merci de m’inviter, de me donner l’opportunité de parler de ce sujet qui me tient à cœuret qui effectivement met en évidence que les femmes de plus de 45 ansviennent chercher de l’information sur Instagram plus particulièrement.

00:02:04
Donc merci beaucoup.

00:02:07
Je pense que ça va être intéressant parce que je te sens passionné par ce sujet.

00:02:12
Comme je le disais, tu as écrit ton mémoire universitaire qui avait pour objectifd’identifier si l’éducation sexuelle et les informations sur la ménopauseproposées sur Instagram pouvaient provoquer un effet positif sur la fonction sexuelle des femmes ménoposées,celles qui suivent ces comptes.

00:02:27
Donc tu as recueilli de nombreux témoignages de ces femmes-là.

00:02:31
Mais tout d’abord, pourquoi tu t’es intéressée aux femmes de plus de 45 ans ?

00:02:38
Alors, merci de me poser cette question.

00:02:41
Je me suis intéressée aux femmes de plus de 45 ans parce que j’ai moi-même plus de 45 anset que j’utilise Instagram et j’y anime un compte qui parle de sexologie.

00:02:55
Alors effectivement, je me suis rendu compte que les femmes de plus de 45 ans étaient présentes,m’interpellaient, me questionnaient, cherchaient des réponses.

00:03:07
Et je me suis demandé si ces femmes, elles étaient sur mon compte parce que moi-même,j’avais plus de 45 ans ou si en général, elles étaient aussi utilisatrices d’Instagram.

00:03:16
Et j’ai souhaité m’y intéresser plus précisément pendant ma recherche universitaire.

00:03:21
J’ai découvert que depuis la crise du Covid,eh bien il y avait eu une explosion de la fréquentation des plus de 45 ans sur les réseaux sociaux.

00:03:33
Pourquoi ? Parce que pendant cette crise sanitaire, on avait le temps d’investir les réseaux sociauxet que énormément de comptes…

00:03:42
Alors en France, je vais préciser que je parle de la France.

00:03:45
En France, les comptes qui traitent de la santé, du bien-être, de la sexualité et de la ménopauseont littéralement explosé pendant le Covid.

00:03:56
Et donc les usagers ont eu le temps de s’y intéresser.

00:04:00
Et les plus de 45 ans ont, je dirais, rattrapé un petit peu leur retard dans l’usage des réseaux sociaux.

00:04:09
Et d’Instagram en particulier, puisque c’est Instagram qui propose le plus de comptess’agissant de bien-être, de santé, de sexualité et de ménopause.

00:04:18
Donc c’est tout naturellement que les femmes de plus de 45 ans à la recherche d’informationsou d’éducation ou de partage d’expériences sont allées commenter, fréquenter, interroger ces comptes.

00:04:34
Du reste, des étudiants confirment ces chiffres.

00:04:38
Donc j’ai trouvé ça passionnant et je me suis demandé si finalement le fait qu’elles puissent bénéficier d’informations préciseset répondant à leurs attentes et leurs besoins avait un effet positif ou négatifou pas d’effet sur leur sexualité notamment.

00:04:59
C’était vraiment une étude très passionnante qui a montré… Est-ce que je dois dire, Marc ?

00:05:05
J’allais dire justement parce que pour les personnes qui écoutent, même moi on va être là.

00:05:09
Bon bah dis-nous alors c’est quoi du coup ? Tu peux nous spoiler là ?

00:05:13
Bah oui en fait, c’est chouette parce que cette étude-là, elle a démontré qu’il y avait un effet positifsur les ressentis du vécu de la ménopause notamment parce que c’était le sujet.

00:05:28
Mais pas seulement, il y avait aussi un ressenti de changement de comportement positif dans la sexualité.

00:05:35
Et ça c’était vraiment une très jolie découverte.

00:05:39
Et puis aussi, ce qui a été démontré significativement, c’est que l’usage d’Instagram ne dégrade pas la fonction sexuellecontrairement à ce qu’on entend beaucoup.

00:05:53
Alors ?

00:05:55
Quand on parle fonction sexuelle, on parle désir, plaisir, dis-nous tout.

00:06:00
Exactement. On parle vraiment du désir sexuel, de la libido, on parle du plaisir, on parle des sensations,on parle de l’excitation, on parle de ce qu’on ressent dans son corps et dans ce qu’on peut mettre en placecomme comportement, comme action vraiment dans la sexualité.

00:06:23
Donc c’est tout à fait concret et c’est intéressant parce que jusqu’à présent,les études s’intéressaient aux jeunes populations, aux jeunes générationset avaient tendance à montrer un effet parfois négatif sur la sexualité des jeunes.

00:06:40
Il semble que ce ne soit pas tout à fait la même chose pour les personnes plus âgéesparce qu’elles ne font pas le même usage du réseau social tout simplement.

00:06:49
Donc c’est passionnant.

00:06:51
Et effectivement, comme les femmes sont très présentes sur Instagram, y compris à plus de 45 ans,ça en fait un outil très intéressant pour apprendre.

00:07:00
Et alors quels usages elles en font d’Instagram ?

00:07:02
Que viennent-elles vraiment chercher sur Instagram vis-à-vis de la sexualité et ou de la ménopause ?

00:07:08
Alors ce qu’elles viennent chercher clairement, ce sont des réponses à leurs questions,rester en suspens, je dirais, malheureusement, dans les consultations médicales et paramédicalesen ce qui concerne la ménopause et les problèmes de sexualité au moment de la ménopause.

00:07:27
La sexualité, c’est pas un sujet qui peut être abordé en consultation aussi facilement que cela devrait être.

00:07:36
Les soignants ont du mal parfois à aborder cet aspect du bien-être et du bien-être en santé notamment.

00:07:47
Et les soignants n’abordent pas la question de la sexualité, malheureusement.

00:07:54
Ce téléphone ne sonne jamais.

00:07:56
Il a décidé de sonner en plein enregistrement.

00:07:58
Alors attend, on va juste attendre que…

00:08:00
Ouais, je t’en prie, c’est rigolo, j’ai la même sonnette chez moi.

00:08:03
J’ai cru que c’était le mien, je me suis demandé si c’était pas le mien.

00:08:07
Ah oui, c’est ça, j’étais en train de dire que…

00:08:09
Pardon, alors ça y est, je reprends.

00:08:11
En fait, les femmes de plus de 45 ans qui sont à la recherche d’informations,d’éducation sur la sexualité ou la ménopause, elles vont chercher des réponses,par exemple dans leur entourage, auprès d’amis, dans leur lecture,ou bien auprès de médecins ou de personnel soignant,et naturellement sur Internet, parce qu’elles ne vont pas trouvertoutes les réponses auprès de leur entourage ou des professionnels de santé.

00:08:46
Ce qu’on peut voir aussi chez les jeunes aussi,qui viennent sur l’Instagram pour avoir des réponses à des questions.

00:08:51
Mais oui, bien sûr, en fait, elles font exactement la même chose que les jeunes.

00:08:55
Et donc elles vont y chercher des réponses pour, en ce qui concerne la ménopause,mieux gérer, appréhender leurs symptômes, parce qu’en fait, elles manquent de connaissances.

00:09:06
Elles manquent de connaissances, probablement comme les jeunes générations,des connaissances sur leur anatomie, sur leur fonctionnement physiologique,et puis surtout sur les symptômes de la ménopause et les conséquences sur la sexualité.

00:09:21
Et notamment la perte de désir à ce moment-là,et plus précisément aussi des problèmes de disparonies, c’est-à-dire de douleur.

00:09:30
Et de manque de lubrification, ce sont des sujets qui reviennent souvent,des problèmes d’image corporelle modifié, avec la transformation liée à ce bouleversement hormonal.

00:09:41
Donc les médecins, les professionnels de santé ne répondent pas toujours à la demande des patientes.

00:09:48
Donc le partage d’expériences sur des solutions pour retrouver du désir,pour investir la sexualité, continuer de l’investir ou la réinvestir.

00:09:59
Et bien Instagram propose ça.

00:10:02
C’est-à-dire que c’est très riche de pouvoir expliquer qu’on avait exactement les mêmes problèmes,et qu’on a trouvé des solutions et qu’on va les partager.

00:10:13
Ça, ça met vraiment en confiance.

00:10:15
Oui, puis ça aussi, du coup, le fait qu’il y ait des comptes Instagram dédiés à la ménopause,ça a rendu le sujet moins tabou aussi, moins effrayant, moins tabou.

00:10:24
On n’en parlait pas avant.

00:10:25
Complètement.

00:10:26
En fait, ces femmes de plus de 45 ans, si elles viennent chercher sur Instagram des réponses,c’est parce qu’elles sont invisibilisées dans la société.

00:10:36
Une femme de 45 ans, à partir du moment où elle n’est plus en âge de procréer, elle n’est plus valorisée.

00:10:42
Elle n’est plus présentée, ou alors elle est présentée comme une femme qui va avoir des problèmes d’incontinence.

00:10:50
Elle disparaît un petit peu des écrans de cinéma aussi.

00:10:54
C’est un peu compliqué.

00:10:55
C’est un petit peu comme si lorsqu’on n’est plus en capacité de procréer,on n’avait plus le droit non plus d’avoir une sexualité exclusivement de plaisir.

00:11:06
Donc, elles manquent de modèles d’identification sexy,où les femmes assument leur sexualité après 45 ans.

00:11:15
Et en fait, ça, ça existe sur Instagram.

00:11:18
Donc elles y vont, évidemment, et elles vont pouvoir s’identifier.

00:11:22
Il y a plein de comptes.

00:11:23
Je pense à Caroline Ida-Hourst, notamment, qu’on a vu beaucoup l’année dernière en févrierlà sur la campagne d’Arje-Lingue.

00:11:32
Mais il y en a plein d’autres.

00:11:34
Et en fait, ces femmes, elles trouvent des modèles positifs valorisés sur aussi autre chose que leur physique,c’est-à-dire sur leur carrière, sur leur talent,au même titre que les hommes qui eux sont traditionnellement valorisés dans la sociétécomme des personnes qui mûrissent, qui se bonifient.

00:11:55
Et puis, c’est ça, et ça commence très tôt si on observe les comptes pour enfants.

00:12:01
Les femmes de plus de 45 ans dans les comptes pour enfants, elles sont souvent très moches, très méchantes.

00:12:08
Elles n’ont jamais de partenaires.

00:12:10
Elles sont veuves ou célibataires.

00:12:13
Ce sont des sorcières.

00:12:15
Avec des chats.

00:12:16
Avec des chats, ouais, effectivement.

00:12:18
Et puis surtout, contrairement aux hommes, dans les comptes, les hommes, ils détiennent le savoir.

00:12:25
Ils sont druides comme Panoramix ou comme Dumbledore.

00:12:29
En fait, ce sont des sages.

00:12:31
Donc ça commence très tôt la difficulté de se sentir séduisante, sexy, désirée, désirante à plus de 45 ans,parce qu’en fait, on ne propose pas cette possibilité, on ne l’envisage pas.

00:12:50
Sur Instagram, on l’envisage.

00:12:53
Oui, les comptes, j’avais jamais fait le parallèle avec les comptes, mais tu as tout à fait raison.

00:12:58
Et en fait, on manque de modèles, on manque de représentations ou alors, quand il y en a, ça donne pas envie.

00:13:04
Et c’est pour ça que je pense que beaucoup de femmes ont peur de vieillir, ne veulent pas vieillir,parce que c’est la dégringolade.

00:13:10
C’est ce qu’on nous inculque, en fait.

00:13:12
Eh bien, c’est vrai que le vieillissement n’est pas valorisé.

00:13:16
Il y a des sociétés, d’ailleurs, c’est très intéressant.

00:13:18
Au Japon, par exemple, vieillir, c’est très valorisé.

00:13:23
C’est-à-dire que pour une femme, on peut…

00:13:27
En fait, elle continue d’avoir une forme de fertilité, même quand elles sont plus âgées et même ménoposées,parce qu’elles vont transcender ça et ça va être très valorisé dans le rôle de l’éducation des petits enfants, par exemple.

00:13:43
Donc c’est quelque chose, en Afrique aussi, les personnes âgées, elles sont très valorisées.

00:13:47
Et en fait, on s’est rendu compte que dans ces sociétés-là, il y avait beaucoup moins de symptômes de la ménopause,parce que c’était beaucoup mieux vécu par les femmes.

00:13:55
Et donc dans nos sociétés, en tout cas en France, ce n’est pas le cas.

00:13:59
Ce n’est pas le cas, c’est toujours associé à des problèmes.

00:14:02
Et finalement, c’est ce que les femmes vont vivre.

00:14:04
Donc quand on trouve un espace positif où on montre qu’en fait, la ménopause, ça peut être un super moment de mi-temps de vie,où on retrouve du temps pour soi parce que nos enfants sont enfin partis, même si on les adore,et qu’on peut réinvestir du temps pour soi et pour son couple si on en a un.

00:14:23
Et sa sexualité, eh ben, il suffit parfois de se rendre compte que c’est possible pour l’une, qu’elle en parle sur Instagramet on s’autorise tout simplement à le vivre.

00:14:34
Est-ce que tu sou-est-ce que tu sous-entends du coup qu’Instagram devrait être,que l’assurance maladie devrait valoriser justement Instagram,puisque du coup, comme tu disais, si je suis la logique, si sur Instagram on peut trouver ces modèles-là et des modèles très positifs,et que du coup, on se rend compte que plus on valorise le vieillissement, moins il y a de syndromes du coup de ménopause,de syndromes qui peuvent être désagréables, mieux on se sent.

00:15:00
Et du coup, mieux on se sent, mieux c’est pour l’assurance maladie.

00:15:04
Alors, je te rejoins complètement.

00:15:06
Je trouve que, en fait, du bon usage d’Instagram dépend un peu aussi notre santé à nous, les femmes en général,où on va trouver des modèles de corps inclusifs,voilà, où on peut s’identifier effectivement, et c’est bon pour la santé, c’est bon pour la santé mentale,c’est bon pour la santé physique, c’est bon pour la santé sexuelle.

00:15:28
En fait, c’est bon parce qu’on peut enfin s’aider et évoluer dans l’acceptation de ce qui est la vie,c’est-à-dire d’aller vers un vieillissement mais épanoui, épanouissant, joyeux, très beau aussi,c’est très beau de vieillir, et ça, c’est montré, voilà, sur Instagram.

00:15:50
Donc évidemment, il y a aussi des choses moins bien, moins plus négatives.

00:15:55
Il ne faut pas idéaliser Instagram non plus, il n’y a pas forcément du contenu de qualité,mais c’est pour ça que j’encourage en fait toutes les personnes compétentes qui sont formées à venir utiliser ce médiasans en avoir peur, parce que c’est une réalité en fait.

00:16:16
Je pense aux personnes, aux professionnels de santé en général qui ont beaucoup de réticence,alors de moins en moins, mais qui en ont quand même beaucoup de réticence à communiquer,ils ont peur de perdre un petit peu, enfin ils ont peur que leur image soit un peu ternie,qu’on les prenne moins au sérieux, qu’on les respecte moins,alors que je trouve que c’est un endroit très intéressant pour faire de l’éducation sexuelle de qualité,sans en donner…

00:16:45
Et à dire de la confiance.

00:16:46
Exactement, de la confiance, et puis même, j’irais jusqu’à dire que c’est même un endroitoù on peut poser les prémices d’un lien thérapeutique avec nos futurs patients et patientes,c’est-à-dire que pouvoir contacter un professionnel de santé ou pas de santé, mais en tout cas compétent,un spécialiste, ça permet d’avoir un lien immédiat, d’avoir une réponse et surtout de dédramatiserla consultation, la rencontre avec quelqu’un qui s’occupe de sexualité.

00:17:21
Le fait de pouvoir utiliser la messagerie, de poser une question, de même pouvoir répondre vocalement,moi ça m’arrive souvent, j’ai pas mal de questions sur Instagram,souvent je réponds en laissant un petit message vocal,ça permet vraiment de rentrer en lien avec la personne,d’avoir une réponse plus chaleureuse, plus humaine, plus simple,et souvent cette personne qui n’arrivait pas à franchir le pas d’une consultation et qui en ressentait le besoin,peut faire cette demande.

00:17:53
Donc je trouve ça très intéressant.

00:17:55
Et puis aussi les professionnels de la sexualité, quand ils diffusent du contenu de bonne qualité,c’est vraiment un bon moyen de lutter contre les informations de mauvaise qualité en fait.

00:18:11
Je sais pas ce que tu en penses Camille, mais je pense que c’est important.

00:18:14
Les informations erronées.

00:18:16
Voilà.

00:18:16
C’était, je pense, toi comme moi, l’objectif de créer un compte sexo,c’était, on sait que les informations sur la sexualité circulent, peu importe.

00:18:27
Il y en a du bon et il y en a du moins bon.

00:18:29
Et du coup, si on est des professionnels formés, assez pédagogues ou même pas forcément pédagogues,mais juste la passion d’informer les personnes,allez-y, allez sur les réseaux ou trouvez un moyen, un média, un canal pour venir diffuser cette information làparce que les personnes qui sont, comme tu disais, qui ont besoin de réponses à leurs questions,qui ont des doutes, qui ont envie de trouver de l’information,vont de toute façon chercher quelque part et vont de toute façon trouver quelque chose.

00:18:58
Donc autant que ce soit quelque chose de qualitatif.

00:19:01
C’est ça en fait.

00:19:02
Donc c’est pour ça que après, une fois qu’on a cette information là,c’est aussi intéressant de savoir que finalement, elle va être vraiment mise à profitpar les personnes qui vont aller la chercher sur Instagram.

00:19:15
Parce qu’on sait, c’est que lorsqu’on est acteur d’une recherche,quand on cherche une réponse à un problème,quand on va le chercher soi-même,eh bien il va entraîner des comportements de changement positif dans nos vies.

00:19:33
Donc c’est très intéressant de savoir ça aussi.

00:19:36
Donc c’est aussi un argument supplémentairepour encourager les personnes à chercher des solutions, y compris sur Instagram,et aussi les personnes qui peuvent apporter de l’information, de l’éducation,qui peuvent aussi lutter contre les idées reçuesau sujet de la sexualité ou de la ménopause.

00:19:59
En général, c’est vrai que c’est le bon endroitparce que ces informations, elles vont être bien utilisées.

00:20:04
Si on se pose des questions, alors ce que tu suggères, c’est d’aller chercher,peut-être pourquoi pas sur Instagram,parce que plus on va être à la recherche et activement de réponse,plus finalement ça va avoir un impact positif,même dans le changement, dans son comportement,peut-être même dans son état d’esprit vis-à-vis de ce qu’on vit,peut-être une acceptation.

00:20:25
C’est ça en tout cas.

00:20:26
En ce qui concerne par exemple la ménopause,là, lors de mon étude, je me suis rendue compte de façon significativeque les femmes qui étaient venues chercher des informations sur Instagramau sujet des symptômes, comment les soulager, etc.,après avoir consulté des sites,eh bien, elles disaient clairementqu’elles ne vivaient plus la ménopause de façon difficile,mais que ça avait vraiment amélioré leur ressenti et leur vécude ce moment de leur vie.

00:20:57
Et elles disaient la même chose dans les difficultés sexuelles.

00:21:01
Donc c’est vraiment quelque chose de très fortqui a retenu en fait mon attention.

00:21:07
Voilà.

00:21:07
Et justement aussi dans celle que tu interrogais,donc si je reprends les chiffres, 88,4% d’ellesestiment en plus que les informations qu’elles trouvent sur la ménopauseet la sexualité sont fiables.

00:21:18
Donc si on a aussi cette perception, cette croyance que c’est fiable,plus ça aussi un impact, je pense, sur la manière de recevoir,la manière de se sentir vis-à-vis de cette information.

00:21:27
Oui, probablement.

00:21:29
En tout cas, c’était intéressant de pouvoir constaterqu’effectivement, il y avait un indice de confiance très fort.

00:21:36
Alors on sait aussi qu’Instagram, de toute façon, ça suscite,c’est un réseau social qui suscite beaucoup d’engagement,contrairement aux autres.

00:21:43
C’est l’un de ceux qui suscitent le plus d’engagement,c’est-à-dire le plus d’actionet de réaction par rapport à ce qui est proposé.

00:21:52
Et donc les personnes qui…

00:21:54
Donc là, les femmes de plus de 45 ans qui vont sur Instagrampour rechercher vis-à-vis de la ménopause, vis-à-vis de la sexualité,elles ont enfin des modèles et en plus des partages d’expériencesqui sont du coup quand même dans l’ensemble positifsou qui les rassurent peut-être aussi sûrement.

00:22:11
Quels apprentissages elles en font ?

00:22:13
Est-ce qu’il y a d’autres apprentissages que tu vois ?

00:22:15
Parce que je pose cette question parce que peut-être que tu l’as mentionnétout à l’heure, tu disais le meilleur compréhension de leur corps.

00:22:21
Et je ne sais pas si tu vois ça toi en séance,mais j’ai des fois des femmes et là, je dis bien des femmesqui ont 60 ans et plus qui disent, en fait, avec Instagram,j’ai découvert ce qu’était le clitoris, j’ai découvert où était mon clitoriset j’ai découvert comment me servait mon clitoris.

00:22:38
Vous vous rendez compte à 60 ans ?

00:22:40
Et donc elles ont un peu cette élan de…

00:22:42
Ouah, je découvre quelque chose de nouveau dans ma vie et en même temps,zut, mince, j’ai honte, pourquoi je ne le savais pas avant ?

00:22:48
Oui, ça me fait vraiment penser…

00:22:50
Oui, oui, je te rejoins complètement, Camille, j’ai les mêmes témoignages.

00:22:53
C’est-à-dire qu’en fait, les femmes, en général,ignorent leur fonctionnement, ne connaissent pas leur anatomieet ne connaissent pas leur fonctionnement intime.

00:23:07
Elles ne savent pas, par exemple, qu’il faut du temps, par exemple,pour se connecter à l’excitation sexuelleet ensuite avoir physiologiquement une préparation intimequi permette, par exemple, une relation sexuelle confortable, de plaisir.

00:23:28
Je pense à toutes les questions autour de la douleur, de la pénétration, par exemple.

00:23:34
Mais là, ça ne concerne pas que les femmes aient nous posé,mais en fait, le fait de savoir que effectivement, le clitoris existe,qu’il est réservé au plaisir, qu’il doit être stimulé,enfin, c’est quand même…

00:23:51
Oui, ça fait plaisir.

00:23:52
Effectivement, les sondages ont quand même…

00:23:54
Voilà, le monde des sondages n’ont pas même que pour une majorité,ça peut être très plaisant de le coupler.

00:23:59
Voilà, et en tout cas, le vagin, avant d’être caressé,si on a envie qu’il soit caressé, il nécessite un peu de tempspour baloniser, pour s’allonger lui aussi.

00:24:14
Parce qu’il y a beaucoup de femmes qui pensent que, hop,elles doivent être prêtes en quelques minutes.

00:24:20
Le fait de savoir que ça prend plus de temps,ça permet de se dire qu’on est normal,qu’en fait, on va peut-être évoluer dans notre sexualitéet qu’on n’a pas de problème, en fait.

00:24:29
Qu’on a simplement une compréhension plus justede ce qui se passe dans notre corpset qu’on va pouvoir la partager avec un ou une partenairepour vivre une sexualité plus épanouie,parce que plus en accord avec ce dont nos corps ont besoinpour bien vivre ce moment de plaisir partagé.

00:24:51
Et en tant en tant, j’ai une nouvelle réflexion qui m’est venue,alors c’est tout frais, mais je vais la partager là.

00:24:57
Ou souvent, du coup, on va entendre dans les consultationsque ce soit les hommes ou les femmes,et là dans les couples hétéraux,oui, mais du coup, la sexualité des hommes,c’est tellement plus simple, parce que comme tu disais,les femmes s’attendent à ce que soudainement,ça y est, elles doivent être prêtes, etc.

00:25:11
Et se dire, et les hommes, elles me disent,mais enfin, la sexualité, c’est simple,pourquoi c’est si compliqué, pourquoi on doit prendre le temps ?

00:25:16
Et la réflexion qui me venait, c’était,oui, mais il y a une différence entre les hommes et les femmes,c’est qu’il y a une personne qui va être pénétrée.

00:25:23
Et je pense qu’il y aurait besoin d’autant de préparationsi c’était l’homme pénétré.

00:25:27
Donc ça n’a rien à voir en fait avec homme ou femme,je pense que ça a à voir aussi avec la pratique.

00:25:32
Je te rejoins complètement parce qu’on sait que le plaisir masculinne se concentre pas sur le pénis,et peut effectivement aussi être un plaisirpendant une pénétration éventuelle,et nécessite un temps d’adaptation,un temps de préparation, un temps de lâcher prise.

00:25:52
C’est un rapport à l’intime différent,et effectivement, ce n’est pas une histoire de différence de sexe,c’est une histoire d’aller chercher quelque chosequi n’est pas à l’extérieur du corps finalement,et qui serait plutôt vers l’intérieur du corps,quel qu’il soit finalement.

00:26:19
Oui, puis il suffit d’interroger justement les hommesqui se font pénétrer,qui le disent, j’ai besoin de temps, j’ai besoin d’être détendue,et donc voilà, peu importe en fait finalement,c’est toujours remettre en perspective et casser des croyances,comme tu disais un petit peu sur les réseaux,ou quoi que ce soit, on peut trouver des informationsqui dé fois véhiculent des fausses croyances,et des choses qui peuvent venir mettre des complexes,ou dire en fait, tu n’es pas normaleparce que tu me mets trop de temps comparé à moi,je suis rapide directement, j’ai tout le temps envie,tu vois, ce sont des choses qu’on entend en consultation.

00:26:54
Oui, alors moi ce que j’ai aussi pu observer en consultation,c’est que les informations que les femmes glanentet qu’elles ont sur Instagram,ça leur permet de les partager avec leurs partenaires,et quand ils sont masculins,en fait on se rend compte aussi que ces hommes de plus de 45 ansont eux aussi des dysfonctions,et ne tiennent pas vraiment compte de leurs dysfonctions,parce que je prends l’exemple d’un hommequi aurait des problèmes d’érection après 45 ans,ça peut arriver,cet homme-là il va se dépêcher de ne pas perdre son érection,d’en profiter et d’avoir envie d’une relation sexuelle avec pénétration,ce qui ne va pas permettre à la femme ménopauséequi a priori a quand même besoin d’un petit peu plus de tempspour être prête à recevoir cette caresse vaginale,donc en fait dans cette histoire-là on est deux,et sur Instagram je trouve qu’on l’explique bien,ça souvent, vous êtes deux dans la relation,et on l’oublie un petit peu parfois,donc les femmes, ce qu’elles me disent,elles me disent en fait Instagram ça m’a permis de me rendre comptequ’on est deux dans la relation et qu’il n’y a pas que moi,et que je dois aussi ouvrir mon partenaire,enfin je dois lui communiquer ce que j’apprends,je dois plus communiquer,il doit s’intéresser aussi à ce qui se passe dans mon corps,il doit apprendre,donc apprenons ensemble et adaptons-nous ensemble,et ça c’est quelque chose qui revient souvent,en fait on est deux, il n’y a pas que moi.

00:28:28
Et c’est super intéressant ce que tu dis,on voit où c’est essentiel,et j’adore quand des personnes viennent et là des hommes,qui viennent des hommes apprenants qui disentbah moi je suis plein de contre sexo-éducatifsparce qu’on voit déjà du coup il y a une ouverture,puisqu’il y a la curiosité d’aller chercher ces informations-là,mais on voit aussi tout le cheminement,les réflexions qu’ils ont,et c’est super intéressant, ils se repositionnent,et c’est totalement différent de recevoir un couple,et comme tu disais, la femme qui est déjà dans cette ouverture-là,qui est en recherche, qui passe des heures et des heures sur Instagramà avoir ces informations-là,versus là dans un couple hétérosexuel,son partenaire qui n’est pas du tout ouvert à ça,et qui dit bah non il n’y a pas de souci,enfin pourquoi, moi tout va bien dans la sexualité,c’est facile, je n’ai pas besoin de faire des recherches,je sais faire tout seul.

00:29:13
Tout à fait, tout à fait,et d’ailleurs les femmes elles sont plus en recherche que les hommes,elles sont plus présentes,sur les réseaux sociaux et sur Instagram,sur ces comptes qui traitent de sexualité,et sur les comptes qui traitent de ménopause,il y a beaucoup plus de femmes que d’hommes.

00:29:30
Ça c’est sûr, et me vient la question,et je ne sais pas si ça que ce soit dans ta recherche,ou dans ce que tu vois, ce que tu as lu,s’il y a des différences dans la sexualité,pour les femmes ménoposées qui sont en couple hétérosexuel,pour les femmes ménoposées qui sont en couple lesbien,pour les femmes ménoposées qui vivent leur sexualitésolo ou qui vivent avec des rencontres.

00:29:53
Alors en fait, c’est très intéressant comme question,je ne l’ai pas creusé dans ma recherche.

00:29:59
En revanche, alors là, il faudrait s’y intéresser plus précisément,mais j’ai des retours de consultation,et ce que j’observe, c’est que les difficultés pour les couples lesbiens,et pour les couples hétérosexuels,sont les mêmes au moment de la ménopause.

00:30:16
Ce sont, de mon observation,les mêmes problèmes.

00:30:22
Pour les femmes célibataires, c’est autre chose, il y a deux choses.

00:30:26
Il y a les femmes célibatairesqui avaient une bonne sexualité avant la ménopause,et qui sont restées un moment sans investir la sexualité,et qui vont reprendre la sexualité occasionnellement,ou plus régulièrement, mais après une périodesans investissement de sexualité, ça peut être difficile,mais en général, elles vont réinvestir la sexualité,et de nouveau avoir une sexualité épanouie,parce qu’elles vont s’intéresser,elles se connaissent, elles se connaissaient,et j’ai envie de dire que c’est un petit peu comme le vélo,elles vont se remettre en selle, et ça va aller.

00:31:04
Malgré même peut-être ce corps qui change,ces bouleversements hormonaux généralement…

00:31:10
Avec un travail sexologique, en principe,vraiment, on arrive à des résultats positifs.

00:31:19
Et puis, il y a les femmes qui avaient une sexualitéqui n’était pas épanouie, ou qu’elles n’avaient pas investi,et qui, après un changement de vie,après la ménopause, vont changer de partenaire,vont se séparer, vont retrouver quelqu’un,et vont découvrir la sexualité.

00:31:38
Alors là, ça peut être un petit peu plus compliqué,et en fait, on va avoir tendance à accuser la ménopausedes difficultés.

00:31:46
Or, ce ne sera pas du tout le cas.

00:31:48
Donc là, moi, c’est ce que j’observe vraiment,que ce soit des femmes hétérosexuelles,homosexuelles, bisexuelles.

00:31:55
L’orientation sexuelle,je n’ai pas l’impression que ça change grand-chose.

00:32:00
C’est vrai, c’est ce qui revient aussi en cabinet,que ce soit ménopause ou pas ménopause,quand on pose souvent cette question,je me dis, en tout cas, de ce que je vois,c’est les mêmes difficultés, c’est les mêmes interrogations aussi.

00:32:12
Et tu parlais justement de ce facteurde comment je vivais ma sexualité avant ménopause.

00:32:19
Ça aura peut-être le plus gros facteur, finalement,sur comment je vais vivre ma sexualité post-ménopause,et le parallèle, à chaque fois, en fait,je trouve qu’il est énorme entre la sexualité postpartumet la sexualité ménoposée.

00:32:31
C’est couversement avec plein de facteursqui peuvent influencer de manière positiveou négative la sexualité,mais souvent, le plus grand indicateur,c’est comment était votre sexualité avant cet événement.

00:32:42
C’est rigolo que tu dises ça, Camille,parce qu’en fait, à chaque fois que je parle de ménopause,je pense à la grossesse, et tout le temps, tout le temps,parce que c’est un bouleversement hormonal, comme tu le dis,c’est un bouleversement de l’image corporelle.

00:32:57
On doit remettre en question sa sexualité de couple,on doit évoluer, s’adapter,et c’est souvent ce que je dis aux femmes ménoposées,je leur dis, mais en fait, vous l’avez déjà fait,vous avez eu des enfants, vous avez déjà été confrontés à ça,et vous avez su surmonter ce qui vous semble des difficultésqui, en fait, sont plutôt l’opportunité d’évoluer dans votre sexualité,de vous ouvrir à des choses que vous n’avez pas encore expérimentées.

00:33:25
Quel voyage génial, non ?

00:33:28
C’est quand même génial.

00:33:29
Quel tranquillain.

00:33:30
C’est l’opportunité pour vivre quelque chose de nouveau,parce que la sexualité, elle évolue tout au long de la vie.

00:33:38
Tout au long de la vie, ça veut dire tout au long de la vie sexuelle,y compris après la ménopause.

00:33:45
Donc, c’est super intéressant de comparer ça,et souvent, ça permet de débloquer cet a priori,cette idée reçue selon laquelle c’est très compliquéd’avoir de la sexualité au moment de la ménopause,on va forcément avoir des difficultés, etc.

00:34:04
Et alors, je ne sais pas si tu entends, mais il y a de la grêle.

00:34:10
Oui, j’ai entendu, j’étais là, c’est la pluie.

00:34:12
Je suis désolée, je ne vais pas pouvoir faire grand-chose.

00:34:16
Donc, moi aussi, je fais beaucoup ce parallèleavec ce moment de la grossesse, bien sûr.

00:34:24
Oui, et là, pour les personnes qui nous écoutent,pas besoin d’être passées par une grossesse nécessairement,mais ça peut être tout événement de vie.

00:34:30
Je pense au cancer, je pense à des handicapsqui vont nécessiter de réadapter, mais comme tu disais,la sexualité évolue tout au cours de la vie,donc on a besoin d’avoir cette flexibilité-là.

00:34:42
Et la ménopause ou une grossesse, ça vient juste,peut-être brutalement, j’exagère,mais venir remettre ça en question, en fait.

00:34:52
Exactement.

00:34:53
Donc, de toute façon, la sexualité, elle est amenée à évoluer,d’ailleurs, sans parler de changement d’image corporelleou de difficulté de santé, etc.

00:35:05
Tout au long de la vie, la vie se charge de nous faire évoluer.

00:35:08
On n’a pas la même sexualité quand on rentre dans la sexualitéau moment de l’adolescence ou de la vie du jeune adulte.

00:35:15
Quand on rencontre des difficultés d’ordre social, professionnel,on doit aussi réinterroger la façon dont on se connecte à la sexualité.

00:35:23
Et donc, c’est quelque chose de vivant qui évolue.

00:35:27
Et c’est très joli, je trouve, de s’y intéresser,donc la Ménopause, c’est aussi un moment où on peut se poser cette question.

00:35:37
Et c’est donc un moment où on va aller chercher des réponseslà où elles se trouvent, et donc notamment sur Instagram.

00:35:45
C’est vraiment le réseau qui parle de sexualité sans tabou,de Ménopause sans tabou,et de sexualité pour les femmes plus âgées sans tabou.

00:35:58
Donc, on est au bon endroit, en fait.

00:36:02
Vous êtes au bon endroit, on est au bon endroit.

00:36:04
Et dans ces recherches-là, quels sont pour toi les deux, trois grandes questionsqui reviennent souvent justement dans cette recherche de réponses ?

00:36:13
Alors, les problématiques de désir, de perte de désir,vraiment, elles arrivent très fréquemment en tête de liste,suivies par les problèmes de douleur, de manque de lubrificationqui sont liés au syndrome génitohyrinaire de la Ménopause, souvent.

00:36:35
Et puis,le poids, le problème de la modification,de la répartition des graisses sur le corps,suivies d’une petite prise de poids d’au moins 2 à 4 kilos en moyenne.

00:36:50
Et les questions autour du traitement hormonal de la Ménopause.

00:36:54
Vraiment, c’est pour moi,les sujets qui reviennent le plus souvent, qui sont le plus souvent évoquésdans les partages d’expériences et dans les questionnements.

00:37:05
OK.

00:37:06
Et là, alors, bien sûr, c’est pas une consultation,mais vraiment dans les grandes lignes.

00:37:11
Si par exemple, voilà, je suis une femme Ménoposée et soudainement,j’ai une perte de désir alors qu’avant, ma sexualité se passait plutôt bien.

00:37:21
Je viens te voir.

00:37:22
Quelles peuvent être les solutions, les propositions ?

00:37:26
Alors, je te demanderais…

00:37:31
Enfin, tu vois, je ferais vraiment le tour de tout ce qui se passeau niveau de ton couple si tu es en couple.

00:37:36
Si tu n’es pas en couple, qu’est-ce qui se passe dans ta vie de femme ?

00:37:40
Je vérifierais quand même que oui, la sexualité, elle était épanouie,qu’il y a de bonnes connaissances sur l’anatomie et le fonctionnement.

00:37:49
Et ensuite, je proposerais un travail surcomment je me connecte à mon excitation sexuelle.

00:37:57
Qu’est-ce qui fait que avant, je savais ouvrir cette porte,je la visualisais, cette porte, et peut-être qu’aujourd’hui,je ne la visualise plus ou que je ne sais pas l’ouvrir.

00:38:07
Quand je l’ouvre, je ne sais pas trop ce qu’il y a dedansparce que je ne me reconnais plus trop.

00:38:12
Je ne connais plus cette pièce.

00:38:14
Et donc, je vais réapprendre la géographie de mon corpset peut-être, je vais trouver de nouvelles connexions,de nouvelles portes pour rentrer dans l’excitation sexuelle.

00:38:26
Donc, de toute façon, il y a toujours une possibilitéd’ouvrir ces portes-là.

00:38:33
Par rapport au désir, clairement,j’irais un petit peu gratter du côté du partenaire s’il y en a un,à savoir si ce partenaire, il est…

00:38:44
Parce qu’il a une grande part de responsabilité,de l’appliquer le partenaire ou la partenaire sur la valorisationde cette période de transition autour de la sexualité.

00:38:55
Est-ce que ce partenaire, il fait des compliments,il a un regard aimant, bienveillant, sexy.

00:39:03
Est-ce que lui-même, il est sexy ?

00:39:07
Je ne trouve plus mon désir, mais est-ce que je le désire,ce ou cet partenaire ?

00:39:12
Est-ce qu’on fait bien attention à soi, etc.

00:39:15
Donc, j’irais quand même un petit peu gratter de ce point de vue-là.

00:39:18
Où est-ce qu’on en est dans la séduction, là, dans ce couple-là ?

00:39:21
Qu’on soit en couple ou pas d’ailleurs,parce que seul, on peut aussi être dans la séduction.

00:39:26
Mais voilà, je m’interrogerais, j’interrogerais,je t’interrogerais sur la séduction.

00:39:32
Tu vois, par exemple.

00:39:33
Ouais, super, super passionnant.

00:39:36
Et du coup, quand tu parlais, encore,vous me venez en tête.

00:39:41
Parce que tu vois, là, si on parle,de couple, quand on arrive en ménopause,imaginons qu’on ait resté 10, 20, peut-être 30 ans, voire plus.

00:39:51
Bon, en fait, 30 ans, c’est peut-être un peu beaucoup.

00:39:53
Ça peut arriver.

00:39:55
Ça peut arriver, mais 10, 20 ans ensemble,c’est aussi pas la même chose que si je viens de rencontrer un partenaireil y a quelques années ou même là pendant que je suis en ménopause.

00:40:05
Mon désir est peut-être totalement différent.

00:40:07
Il peut être tout feu tout flamme aussi.

00:40:10
Tout à fait.

00:40:12
C’est pour ça que c’est important de pouvoir le dire,c’est que la ménopause, c’est l’occasion de vivre une sexualité amélioréeparce que les bouleversements hormonaux,ils fonctionnent dans un sens et dans un autre.

00:40:25
C’est-à-dire qu’on peut avoir une libido exacerbée,en plus facilité par le fait qu’on a plus de temps pour soi,qu’on est souvent quand même dans un moment professionneloù on sait à peu près ce qu’on fait.

00:40:43
Si on change, en tout cas, on est porté par de nouveaux projets.

00:40:47
Voilà, on a une maison qui est disponible, du temps qui est disponible.

00:40:50
On est de nouveau en couple à deux souvent,ou en tout cas les enfants, ils sont quand même bien autonomes.

00:40:55
Donc c’est un bon moment.

00:40:57
Et puis si on est dans un nouveau couple aussi, ça booste la libido.

00:41:01
Donc oui, tout à fait, la libido,le désir peut être tout à fait investi et amélioréparce qu’aussi on a moins peur de tomber enceinte.

00:41:10
On n’a probablement plus besoin de contraception si on est ménoposé.

00:41:15
En revanche, ce n’est pas le cas si on est prêt ménoposé.

00:41:17
Mais en tout cas, on est libéré de cette peur éventuellement de tomber enceinte.

00:41:22
Et puis on est aussi libéré de la charge mentale de la contraceptionsi on n’en a plus.

00:41:27
Donc en fait, il y a plein d’avantages avec ménoposé.

00:41:29
On n’a plus de cycle.

00:41:31
Ça peut être une libération, ça peut être vécu comme tel, en tout cas.

00:41:34
Donc il y a plein plein plein de choses positives qui se passentet qui peuvent se répercuter de façon positive et intéressantepour travailler, enfin pas travailler, mais vivre un désir exacerbé,du plaisir et de nouveaux plaisirs aussi.

00:41:52
J’aime bien cette presque note de fin terminée sur quelque chose.

00:41:57
Une touche de plaisir, de positif,parce que oui, la sexualité en ménopause peut être plus agréable,plus plaisante avec des découvertes autres, comme tu disais,parce qu’il y a moins de craintes de plein de choses qu’on se libère,qu’on n’a peut-être, oui, plus les enfants sous le toit.

00:42:17
Donc on se permet peut-être de faire d’écrire,on se permet peut-être de faire dans d’autres pièces, etc.

00:42:23
Encore une fois, voilà, tout dépend aussi de comment on vivaità la sexualité avant, comment on se sent dans son corps,comment on est dans sa relation, si on est en relation,en relation, tous ces facteurs-là.

00:42:34
Alors d’autant, Camille, qu’il faut quand même se rendre compteque la moitié du temps de vie sexuelle des femmesva se réaliser en étant ménoposée.

00:42:45
Mais oui, c’est quand même très intéressant.

00:42:50
Oui, sauf si il y a cette image toujours à 60 ans,où on n’a plus de vie sexuelle, mais effectivement,imaginons qu’on a toujours une vie intimeet qu’on souhaite avoir une vie intime jusqu’à la fin de sa vie.

00:42:59
Et vie intime, on met tout, on englobe tout.

00:43:01
Il n’y a pas que la pénétration.

00:43:03
En fait, tu as raison, du coup, de 45 ans à l’espérance de vie chez les femmes.

00:43:07
C’est 88, 89.

00:43:10
Donc tu as raison.

00:43:12
Il nous reste à peu près 30 ans tranquillementquand on est ménoposé, donc 30 ans sans investir la sexualité.

00:43:20
Alors si on souhaite l’investir, c’est tout à fait possible.

00:43:23
Ça fait quand même la moitié de la vie sexuelle,puisqu’on entre en vie sexuelle en moyenne 17 ans.

00:43:30
C’est 17 ans, voilà.

00:43:31
Donc on va vivre toute cette moitié-là de vie sexuelle en étant ménoposé.

00:43:36
Donc heureusement qu’on peut la vivre.

00:43:39
Heureusement.

00:43:40
C’est très positif.

00:43:41
Et donc tu parlais que toi, tu t’étais intéresséeparce que tu es dans cette catégorie plus de 45 ans.

00:43:48
Mais moi qui suis dans la catégorie moins de 45 ans,c’est très positif aussi de te voir,de voir des femmes comme toi qui utilisent déjà les réseaux sociaux,mais en s’y en font du bien, montrent, véhiculent leur corpstel qu’il est et de manière très positive.

00:44:04
On valorise les corps de manière,tous les corps de manière inclusive et de voir que de toute façon,la sexualité n’est pas foutue quand on est ménoposé.

00:44:13
Mais non, en plus,quand on a plus de 45 ans, on se dit bon,alors qu’est ce que je vais pouvoir faire pour rester jeune quand même, me plaire ?

00:44:22
Moi, j’ai envie de répondre, faites l’amour,parce que c’est quand même le meilleur anti-ride et anti-âge.

00:44:27
En plus, c’est gratuit, franchement.

00:44:30
Ça booste l’immunité, ça améliore le sommeil.

00:44:34
Non, mais il faut absolument qu’on s’en saisisse si on le souhaite.

00:44:39
C’est vraiment génial comme truc ça.

00:44:42
Et ça aussi, on le dit sur Instagram, faites l’amour,vous serez plus jeune, belle, quel que soit votre âge.

00:44:49
Parce qu’on est très jeune, à 85 ans,quand on fait l’amour, si on a envie,seul avec soi-même, en pratiquant l’auto-érotisme,c’est ça aussi, la sexualité quand on est ménoposé,ou de façon partagée.

00:45:02
Mais en tout cas, si on a envie de se faire plaisir,mais faisons-nous plaisir, enfin.

00:45:08
Et c’est ça, c’est ce que j’aime moi sur Instagram,c’est que la sexualité proposée sur Instagram,elle a de ça, de l’éducation sexuelle qu’on reçoit d’habitude,c’est qu’on parle de plaisir.

00:45:23
Du plaisir.

00:45:25
Et donc, c’est ça que les femmes,elles viennent chercher des réponses à leurs questions,comment soulager leurs symptômes, comment investir la sexualité,mais elles vont trouver que ce qui compte,c’est de prendre du plaisir dans les caresses,dans ce qu’on appelait avant les préliminaires, etc.

00:45:44
Dans la lenteur, dans la séduction,donc en fait, elles remettent du plaisir dans leur sexualité,elles remettent du plaisir dans leur vie,elles s’autorisent, elles s’assument,elles réinvestissent leur corps,ou l’investissent pour la première fois,parce qu’en fait, c’est ça qu’elles viennent chercheret qu’elles découvrent, c’est qu’en fait,quel que soit nos corps, on a le droit d’être bien dedans,d’être confortable dedans, d’être sexy dedans,et qu’en fait, tous les corps sont érotiques.

00:46:20
Voilà.

00:46:21
Et alors, si les femmes ne plus de 45 ansne devaient retenir qu’une seule chose de la sexualitéou de l’éducation sexuelle, quelle est la chose qui te vient en tête ?

00:46:30
Dans ce cadre-là, de plus de 45 ans, c’est s’adapter,je dirais s’adapter, évoluer,s’adapter aux changements et évoluerpour vivre ce qu’il nous reste à vivre de la plus jolie des façonset de la façon la plus plaisante qui soitpour déguster la vie en fait, la vie sexuelle, la vie.

00:46:55
Merci, Eugénie, pour ton enthousiasme et ta passion, on le sent.

00:47:00
Donc merci pour tout ce que tu as partagé.

00:47:02
Je suis sûre que ça fait énormément de bien aux auditriceset même pourquoi pas aux auditeurs.

00:47:08
Où est-ce qu’on peut te retrouver ?

00:47:10
Alors, merci Camille de m’avoir permis de parler de ce sujet passionnant,effectivement, qui m’intéresse beaucoup.

00:47:18
Alors, on peut me retrouver en Bretagne, où j’exerce dans mes cabinetsde plestins, les grèves dans les côtes d’armor,de morlais dans le Finistère.

00:47:28
Pour ceux et celles qui ne savent pas trop, c’est entre Brest et Saint-Brieu, tout ça.

00:47:32
Et puis, on peut me retrouver absolument partout,puisque je travaille en visio depuis toujours,avec les Français qui sont expatriés et les Français qui veulent pas se déplacer, etc.

00:47:43
Et sur mon compte Instagram aussi, bien sûr.

00:47:47
Super, je mettrai tout ça.

00:47:49
Et n’hésitez pas à aller faire un coucou à Virginieou à lui dire ce que vous avez pensé de l’épisode.

00:47:54
Je suis sûre que tu seras ravie d’entendre les retours des personnes.

00:47:58
Encore un grand merci Virginie et à bientôt.

00:48:01
Merci à toi Camille, merci infiniment.

00:48:09
Voilà, c’est tout pour cet épisode.

00:48:12
Et si vous écoutez ça, c’est que vous êtes allés jusqu’au bout de l’épisode.

00:48:15
Donc merci pour votre intérêt.

00:48:18
Merci pour votre enthousiasme.

00:48:20
Et donc j’imagine que cet épisode vous a plu, à susciter des choses pour vous.

00:48:25
D’ailleurs, dites-le moi, dites-le moi, qu’est-ce que cet épisode vous a suscité?

00:48:28
Qu’est-ce qu’il vous a appris aussi de l’intimité, de votre sexualité?

00:48:33
Laissez des appraisons, des étoiles, des petits coeurs sur votre plateformed’écoute, que ce soit Apple Podcast ou Spotify, voire même un avis.

00:48:41
Ça fait toujours plaisir.

00:48:42
Et si ce que vous avez entendu vous a fait penser à une amie, à vos voisins,à des patientes, à des clients ou même à votre partenaire,partagez cet épisode avec un message tout doux.

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Nous pouvons bien sûr échanger sur moncompte Instagram CamilleParleSex ou sur ma page LinkedIn CamilleBataillon,où je partage également des informations sexo.

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Alors n’hésitez pas à me suivre.

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En attendant de revenir dans vos oreilles,je vous souhaite de belles expériences intimes.

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À bientôt.

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